COUP D'ŒIL GÉNÉRAL SUR LE DIRECTOIRE
C'est le 5 brumaire an IV (27 octobre 1795) que devait entrer en vigueur la Constitution de l'an III, qui remplaçait la Convention par le Directoire. Ce jour-là, les députés anciens et les députés nouveaux se réunirent en une seule assemblée, puis se partagèrent en deux groupes : l'un qui forma le Conseil des Anciens; l'autre qui fut le Conseil des Cinq-Cents.
Le Corps législatif une fois constitué, on procéda à la nomination des magistrats, au nombre de cinq, auxquels serait confié le pouvoir exécutif. Pour cette élection, les Cinq-Cents devaient, conformément à la Constitution, dresser une liste de cinquante candidats, parmi lesquels les Anciens auraient à prendre les cinq directeurs. Leur choix se porta sur Larevellière-Lépeaux, Rewbell, Letourneur, Barras et Sieyès. Les quatre premiers acceptèrent. Sieyès ayant refusé « en assurant qu'il était impropre au gouvernement », fut remplacé par Carnot.
Les cinq membres du Directoire exécutif s'installèrent au Luxembourg et se mirent à l'œuvre avec toute l'ardeur et tout le dévouement qu'exigeaient les circonstances pénibles dans
lesquelles ils prenaient le pouvoir : u La situation, écrit M. Thiers, était déplorable; et il fallait aux uns beaucoup de courage et de vertu, aux autres beaucoup d'ambition pour accepter une semblable tâche. On était au lendemain d'un combat dans lequel il avait fallu appeler une faction pour en combattre une autre. Les patriotes, qui venaient de verser leur sang, se montraient exigeants; les sectionnaires n'avaient pas cessé d'être hardis. La journée du 13 vendémiaire, en un mot, n'avait pas été une de ces victoires suivies de terreur qui, tout en soumettant le gouvernement au joug de la faction victorieuse, le délivrent au moins de la faction vaincue. Les patriotes s'étaient relevés, les sectionnaires n'étaient pas soumis. Paris était rempli des intrigants de tous les partis, agité par toutes les ambitions et livré à une affreuse misère ».
Le Directoire, qui constitue pour Aulard la « Période de la république bourgeoise » parce qu'il représente le régime d'une classe politiquement privilégiée, fut une époque profondément troublée, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur.
A l'intérieur, le gouvernement directorial eut à lutter, tout d'abord, contre les anciens Jacobins, qui s'étaient reconstitués sous le nom de Société des Egaux ou Cluh du Pmtthéon. L'un des Egaux, Gracchus Babeuf, avait formé une association secrète, qui s'était donné pour but la suppression de la propriété individuelle, l'égalité des biens et, en conséquence, le partage des terres : c'était l'apparition, sous sa forme la plus dangereuse, du communisme ou collectivisme. Les Babouvistes (c'est ainsi qu'on appelait les adeptes de Babeuf) avaient même rêvé, pour assurer le succès de leur doctiine, de se débarrasser des cinq directeurs, de leurs ministres, du commandant de Paris et des membres des deux Conseils. Fort heureusement, le complot fut découvert et Babeuf arrêté avec la plupart de ses complices. Trois conventionnels et trente-cinq autres conjurés furent fusillés. Babeuf lui-même, condamné à mort, eut la tête tranchée.
L'affaire Babeuf provoqua dans le pays une réaction qui fut utile aux royalistes. Les théories babouvistes, en effet, ne manquèrent pas d'effrayer les propriétaires fonciers et, comme ils
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constituaient alors la grosse majorité du corps électoral, ils votèrent en masse, aux élections de germinal an V (mai 1797), pour des ultra-modérés et des monarchistes. Ces derniers, à la suite de l'élection, eurent la majorité dans les deux Conseils et ils s'empressèrent d'en profiter. Tout d'abord, ils mirent à leur tête des hommes modérés : tandis que le Conseil des Anciens nommait à la présidence de l'assemblée Barbé-Marbois, dont les idées royalistes étaient bien connues, le Conseil des Cinq- Cents faisait choix du général Pichegru, que le Directoire, à la suite de manœuvres parues suspectes, avait destitué. D'un autre côté, les Anciens, pour remplacer Letourneur, directeur sortant, nommaient Barthélémy, que l'on soupçonnait de pencher vers une restauration monarchique. Enfin, la majorité modérée des deux Conseils rapportait les lois précédemment votées contre les prêtres déportés ou reclus, ainsi que celles visant les émigrés rentrés en France.
C'était une véritable réaction royaliste !
Le Directoire s'alarma et, sous l'inspiration de Barras, songea à résister. Il prit même l'offensive et, menacé d'un coup d'État, il demanda à un coup d'Etat son salut et celui de la République.
Sans perdre de temps, il rappela de l'armée d'Italie le général Augereau, avec une division. Augereau arriva à Paris le 17 fructidor. Le lendemain, 18 fructidor, sous prétexte qu'une conspiration en faveur de Louis XVIII venait d'être découverte, il envahit les salles des Conseils et procéda à de nombreuses arrestations, notamment à celle de Barthélémy et de Pichegru. Sous la pression des événements, la minorité républicaine des deux assemblées annula les élections de quarante-neuf départements, déporta en masse des députés et des journalistes, supprima la liberté de la presse et remit en vigueur toutes les mesures inscrites dans les anciennes lois contre les prêtres, les nobles et les émigrés. C'était un retour à la terreur — à une demi-terreur si l'on veut — sauf bien entendu la peine de mort qu'on avait remplacée par la déportation.
A l'extérieur, le Directoire eut à soutenir la guerre contre l'Autriche et son alliée, l'Angleterre. Ne pouvant, faute d'une
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flotte suffisamment forte, atteindre l'Angleterre dans son île, il songea à frapper sur l'Autriche. Carnot, à cet effet, organisa trois armées qui devaient, par une marche convergente, se porter sur Vienne : la première, commandée par Jourdan, en suivant la vallée du Main; la seconde, commandée par Moreau, en longeant le Danube; la troisième, sous les ordres de Bonaparte, par la vallée du Pô et les Alpes autrichiennes.
En Allemagne, nos armées ne furent pas heureuses. Après quelques succès au début, Jourdan, battu à Bamberg, fut obligé de ramener ses troupes sur la rive gauche du Rhin. Moreau, de son côté, se voyant découvert sur sa gauche par la retraite de Jourdan et menacé de front par une armée importante, dut, lui aussi, songer à battre en retraite. Il ramena son armée à Huningue.
Du côté de l'Italie, fort heureusement, la campagne fut autrement brillante et féconde en résultats. Quatre-vingt mille Autrichiens occupaient les plaines lombardes. L'armée française ne comptait que quarante mille hommes, soit la moitié : mais elle était commandée par Bonaparte avec, sous ses ordres, Masséna, Augereau, Serrurier, Joubert. Le jeune général en chef (il n'avait alors que vingt-sept ans), en prenant possession de son commandement (29 mars 1796), avait dit à ses soldats : « Vous n'avez ni souliers, ni habits, ni chemises, presque pas de pain et nos magasins sont vides. Ceux de l'ennemi regorgent de tout : c'est à vous de les conquérir. Vous le voulez, vous le pouvez, partons. » Et il envahit l'Italie du nord.
En Piémont d'abord, puis en Lombardie, Bonaparte marcha de victoire en victoire : Montenotte (12 avril), Lodi (9 mai), Arcole (17 novembre), Rivoli (14 janvier 1797), Mantoue (2 février). Maître de l'Italie septentrionale, Bonaparte se porta résolument sur Vienne. Il força successivement le passage de la Piave, le passage du Tagliamento, le col de Tarvis, le col de Neumark et arriva à trente lieues de la capitale autrichienne. Il entama alors, avec son adversaire, des négociations qui aboutirent au traité de Campo-Formio.
Le traité de Campo-Formio, confirmant et complétant celui
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de Bâle, accordait à la France toutes les possessions impériales situées sur la rive gauche du Rhin. Il reconnaissait, en outre, les deux républiques organisées par Bonaparte dans le nord de l'Italie : la République ligurienne, qui remplaçait l'ancienne république de Gênes, et la République cisalpine, qui comprenait la Lombardie, Milan, la Romagne et l'ancien duché de Modane. En échange et à titre de compensation, Bonaparte cédait à l'empereur d'Autriche Venise et ses « États de terre ferme », c'est-à-dire la Dalmatie sur les côtes de l'Adriatique et, en Italie, tout le territoire compris entre la mer, les Alpes et l'Adige.
Une fois débarrassé de l'Autriche, Bonaparte se retourna du côté de l'Angleterre, son seul adversaire maintenant. Dans l'impossibilité où l'on était d'opérer un débarquement en Angleterre, le vainqueur d'Arcole et de Rivoli rêva la conquête de l'Egypte, qui serait tout d'abord pour la France une colonie importante et, d'autre part, pourrait servir de base, base précieuse, pour une expédition ultérieure dans les Indes anglaises. Frapper l'Angleterre dans ses possessions asiatiques, c'était l'atteindre tout aussi sûrement qu'en battant ses armées sur le continent européen.
Sept mois après la paix de Campo-Formio, Bonaparte quittait Toulon avec 300 navires, 10.000 matelots et 35.000 hommes de troupes. Quarante jours plus tard, après avoir pris Malte au passage, il débarquait en Egypte et s'emparait d'Alexandrie. C'était le 30 juin 1798. Le 21 juillet suivant, il battait les Mameluks à la bataille des Pyramides et faisait son entrée au Caire : il était tnaître de l'Egypte. Malheureusement, le i*''" août, la flotte française, qui se trouvait au mouillage à Aboukir, était attaquée et détruite par l'amiral Nelson. Ce fut un vrai désastre qui, en coupant de la France l'armée expéditionnaire, la rendait prisonnière sur les bords du Nil.
La situation était critique. Elle s'aggrava encore du fait que le sultan, à l'instigation de l'Angleterre, déclara la guerre à la France et envoya une armée en Syrie pour, de là, marcher sur l'Egypte. Bonaparte, sentant tout le danger de cette intervention, courut en Syrie, s'empara de Gaza et de Jaffa, battit
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l'armée turque au mont Thabor; mais il fut arrêté à Saint-Jean d'Acre, dont il ne put s'emparer et, pressé par les Turcs, non moins que par la peste qui faisait dans l'armée de cruels ravages, il reprit en hâte le chemin du Caire. De retour en Egypte, Bonaparte détruisit, sur la côte d'Aboukir, une armée turque qui venait de débarquer. Puis, ayant appris la situation périlleuse où se trouvait la République par le fait d'une nouvelle coalition anglo-autrichienne, il s'embarqua secrètement, avec 500 hommes, sur deux frégates qui firent route vers la France.
En quittant l'Egypte, Bonaparte laissa le commandement du corps expéditionnaire au général Kléber. On sait que ce dernier fut assassiné par un fanatique musulman le 14 juin 1800, le jour même où Bonaparte, alors premier consul, battait les Autrichiens à Marengo. Le commandement de l'armée expéditionnaire passa par ancienneté au général Menou qui, battu le 21 mars 1801 près d'Alexandrie par Abercromby, dut évacuer l'Egypte.
Revenons en France où des événements de première importance vont se produire.
Pendant que Bonaparte guerroyait en Egypte et en Syrie, le Directoire, tiraillé en tous sens par les partis extrêmes, ne sachant résister ni aux royalistes ni aux Jacobins, achevait de perdre le peu qui lui restait de sa considération et de son autorité. Profitant de sa faiblesse, les Jacobins, après le coup d'État du 18 fructidor, prirent de plus en plus d'influence et, aux élections de germinal an VI, obtinrent la majorité, tout autant comme anti-directoriaux que comme démocrates. Le Directoire, qui redoutait une majorité jacobine non moins qu'une majorité royaliste, cria de nouveau au péril républicain. Il agita cette fois le spectre du socialisme, du communisme, de l'anarchie et, contre les nouveaux a terroristes », il vota la fameuse loi du 22 floréal, aux termes de laquelle les pouvoirs des élus de germinal seraient sérieusement vérifiés. Or, cette « sérieuse vérification » se fit avec la plus grande partialité, « sans autre règle, comme le dit Aulard, que la sympathie inspirée aux auteurs de la loi par les opinions ou les personnes des élus ». On validait
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les élus qui plaisaient et on excluait systématiquement ceux qui déplaisaient. On arriva ainsi à changer « révolutionnairement » (Aulard) les élections de l'an VI. Ce fut un nouveau fructidor, mais un 18 fructidor à rebours, dirigé cette fois contre les républicains démocrates, qui eux-mêmes s'appelaient patriotes et que leurs adversaires qualifiaient des épithètes, assez malsonnantes à cette époque, de montagnards, d'anarchistes, de terroristes.
La situation à l'extérieur n'était pas plus brillante. A la suite de l'assassinat, à Rastadt, de trois plénipotentiaires français par des hussards autrichiens, la guerre se ralluma avec l'Autriche et la République eut à lutter contre une nouvelle coalition austro-anglaise, à laquelle vint se joindre la Russie, avec le fameux général Souwarow. Malgré l'héroïsme de nos troupes et la valeur des généraux qui les commandaient, nous éprouvâmes de sérieux revers, en Italie surtout. Fort heureusement Masséna battit Souwarow à la bataille de Zurich, tandis que Brune dispersait, à Bergen, une armée anglo-russe débarquée en Hollande. La France, une fois encore, était sauvée de l'invasion étrangère, mais au prix de quels sacrifices : l'Italie, presque tout entière, avait dû être évacuée par nos troupes et nous avions perdu deux de nos meilleurs généraux, Hoche et Joubert, ce dernier tué à la bataille de Novi.
Dans cette situation précaire, qu'aggravaient encore la faiblesse du Directoire et, dans le peuple, une lassitude générale de la politique et des politiciens, tous les regards se portèrent sur Bonaparte, dans lequel on voyait à la fois et un grand chef militaire et un homme de gouvernement. Nous avons dit plus haut que lui-même, ambitieux et conscient de sa valeur, n'était pas sans se préoccuper des difficultés que traversait le pays et, sans attendre son rappel, avait quitté l'Egypte pour rentrer en France. Le 8 octobre 179g (16 vendémiaire an VIII), il débarquait à Fréjus et, quelques jours après, il faisait son entrée à Paris au milieu d'un enthousiasme général: «Tous les partis, comme l'écrivait le général Dumas, étaient disposés à lui donner un pouvoir directorial. »
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Sans perdre de temps, Bonaparte et Sieyès, avec la complicité de Barras et de Roger-Ducos, directeurs, de Talleyrand, ministre des affaires étrangères, et de Fouché, ministre de police, préparèrent en trois semaines un changement de la Constitution, tel que le voulait l'opinion publique. Ils avaient pour eux le peuple, la majorité des Anciens et, dans le Conseil des Cinq-Cents, le président de l'assemblée, Lucien Bonaparte, frère du général.
Sous le prétexte d'une conspiration contre les pouvoirs publics (il y a toujours des conspirations à la veille des coups d'État), le Conseil des Anciens, à la date du i8 brumaire an VIII, décréta le transfert des deux Conseils à Saint-Cloud et, en même temps, il plaça Bonaparte à la tête des troupes stationnées à Paris, avec mission d'assurer la sécurité du pouvoir législatif.
Le lendemain, 19 brumaire, Bonaparte est à Saint-Cloud avec ses troupes. La séance des deux Conseils s'ouvre à 2 heures. Le général se présente, tout d'abord, au Conseil des Anciens et, dans un discours calme et froid, mais prononcé avec beaucoup d'énergie et une rondeur toute militaire, il expose aux députés les dangers que courait la République, la nécessité de prendre au plus tôt les mesures graves que comportaient les circonstances et sa volonté d'en assurer l'exécution. Et il termine par ces paroles menaçantes à l'adresse des Cinq-Cfents : « Si quelque orateur, payé par l'étranger, parlait de me mettre hors la loi, alors j'en appellerais à mes compagnons d'armes. Songez que je marche, accompagné du dieu de la fortune et du dieu de la guerre. » Bonaparte avait conquis l'assemblée.
Au sortir du Conseil des Anciens, Bonaparte se rend au Conseil des Cinq-Cents. A sa vue, les cris éclatent de : « A bas le dictateur, le dictateur hors la loi. » Il doit se retirer, protégé par les quelques grenadiers qui lui faisaient escorte. Mais, quelques instants après, Murât avec ses hommes envahit la salle et n'a pas de peine à disperser les députés qui, cédant à la force, s'enfuient dans le plus grand désordre, les uns à travers les portes, les autres à travers les fenêtres, jetant çà et là dans les
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couloirs et dans les jardins les costumes et insignes qui auraient pu les trahir.
Tel fut le coup d'Etat des i8 et 19 brumaire. Le soir même, à 9 heures, le Conseil des Anciens et ce qui restait du Conseil des Cinq-Cents se réunirent en séance dans l'orangerie du château. Ils votèrent la suppression du Directoire et son remplacement, à titre provisoire, par une commission composée de trois consuls : Bonaparte, Sieyès et Roger-Ducos, lesquels furent revêtus de toute la puissance executive.
Les trois consuls se rendirent à la barre du Conseil des Anciens et, suivant la formule arrêtée par Lucien, prêtèrent le serment « de fidélité à la République, une et indivisible, à la liberté, à l'égalité et au système représentatif ».
Quelques jours plus tard, la Constitution nouvelle, dite de l'an VIII, étant terminée, on la proposa à l'acceptation du peuple : elle fut acceptée à une immense majorité par 3. on. 107 suffrages contre 1.567. C'était la fin de la Révolution, dont le Consulat d'abord, l'Empire ensuite, allaient consolider les résultats.
En résumé, pendant les quatre années qu'a duré le Directoire, trois partis s'agitent en France, se disputant les influences dans le Gouvernement et dans les Conseils: 1° les républicains modérés, représentés par le Directoire exécutif et appelés pour cette raison républicains directoriaux; 2° les républicains avancés (Jacobins, Montagnards, Socialistes, Terroristes, etc.), trouvant les conquêtes de la Révolution insuffisantes et voulant la continuer; 30 les contre-révolutionnaires ou royalistes qui, estimant au contraire que la Révolution a été trop loin, voudraient revenir en arrière et restaurer la monarchie au profit de Louis XVHI. Les luttes ardentes et passionnées que de pareilles divergences politiques suscitèrent entre les partis, furent marquées par trois coups d'État : le coup d'État du 18 fructidor (an V), fait par le Directoire contre les royalistes; le coup d'État du 22 floréal (an \T^, fait encore par le Directoire, mais cette fois contre les Jacobins; le coup d'État du 18 brumaire (an VHI), dirigé contre ceux qui avaient fait les deux autres par le général
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Bonaparte, qui renversa le Directoire pour le remplacer par le Consulat.
Nous pouvons maintenant retourner à notre petite ville de Beaumont et, sur un théâtre infiniment plus modeste, suivre jour par jour les événements qui s'y déroulèrent sous les diverses administrations de l'an V, de l'an VI et de l'an VIL Mais il nous faut auparavant rappeler en quelques mots ce qu'étaient les administrations départementales et municipales sous le régime directorial.