Magasin, l.'i. Terrasse
valent deux petites pièces carrées, éclairées chacune par une grande croisée donnant sur la cour : la première de ces deux pièces devint le bureau du président de l'administration; la seconde fut donnée au commissaire du Directoire exécutif, qui y installa son bureau. La dernière pièce, enfin, très grande et très bien éclairée, occupait le pavillon sud du couvent : on en fit la salle des délibérations de l'assemblée.
Cette organisation, dans le local réservé à l'administration, me paraît des plus heureuses. Le secrétariat, qui devait toute la
FORMATION DE L'ADMINISTRATION MUNICIPALE 823
journée être ouvert aux citoyens, se trouvait juste en face de la porte qui donnait accès dans le couloir. Le bureau du président était contigu au bureau de son secrétaire : il communiquait même avec lui par une petite porte ménagée dans la cloison qui séparait les deux bureaux. Ce même bureau du président était encore, du côté opposé, contigu à celui du commissaire du Directoire exécutif, de telle sorte que les deux principaux fonctionnaires de l'administration pouvaient, sans se déplacer, se voir et se concerter sur toutes les affaires en cours. Enfin, la salle des délibérations était à quelques pas seulement du secrétariat et des deux bureaux du président et du commissaire.
Mais ces pièces, abandonnées depuis déjà trois ans et, par suite, plus ou moins délabrées, avaient besoin de grandes réparations. D'autre part, elles étaient entièrement vides et il fallait au plus tôt se procurer tout le matériel, tables, armoires, étagères, sièges, etc., nécessaire au fonctionnement d'une administration aussi importante que celle qui avait pour mission de gérer les affaires de tout un canton.
Privés de tout, n'ayant reçu de l'ancienne municipalité qu'ils remplacent qu'une caisse vide, nos administrateurs n'ont d'autre ressource que de s'adresser à l'administration départementale. Le 5 frimaire de l'an IV, quelques jours seulement après l'instauration du Directoire, Louis Ters écrit aux administrateurs du département la lettre que voici :
Beaumont, le 5 frimaire, 4^ année républicaine. Citoyens,
Je suis chargé par l'administration municipale du canton de Beaumont de vous exposer ses besoins. Elle n'a trouvé aucune ressource dans la municipalité. Obligée de choisir im local dans la cy-devant communauté des filles de la foy pour y tenir ses séances et y établir ses bureaux, elle est forcée d'y faire quelques dépenses. Il faut aussi qu'elle se procure une infinité d'objets nécessaires à ses bureaux. Elle vous prie donc, citoyens administrateurs, deluy assigner des fonds pour toutes les avances qu'elle est obligée de faire.
Salut et fraternité.