‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 233 sur 269 · FÊTES DES 14 JUILLET, 10 AOUT ET 9 THERMIDOR 9II · texte numérisé non relu

FÊTES DES 14 JUILLET, 10 AOUT ET 9 THERMIDOR 9II

leurs concitoyens pour protester contre les allégations contenues dans l'article précité et chercher à réduire à néant tous ces bruits de conspiration.

L'administration municipale du canton, dans sa séance du 30 messidor, reçut sept exemplaires de cette adresse. Lecture en fut faite aussitôt par le président.

Les membres de l'administration, qui, pour la plupart, partageaient les idées politiques de leurs nouveaux députés, se laissèrent facilement persuader « de la fausseté du plan de conspiration » et ils s'empressèrent de déclarer que les « députés du nouveau tiers au corps législatif n'avaient jamais cessé de mériter leur confiance ». Puis, à la demande du commissaire du Directoire exécutif, ils arrêtèrent qu'un exemplaire de l'adresse serait affiché au lieu accoutumé le 4 du mois de thermidor, jour de foire à Beaumont.

Si je rappelle ici ce fait en apparence peu important, c'est qu'il établit que notre administration municipale, tout en se disant hostile au royalisme, donnait toute sa confiance à des députés qui, sans être eux-mêmes royalistes, ne feraient rien pour empêcher le rétablissement de la monarchie.

§ 3. - Les fêtes réunies

DU 14 juillet, du 10 AOUT ET DU 9 THERMIDOR,

Grenier ne les fait pas célébrer.

Au nombre de ses fêtes politiques, le gouvernement de la république avait institué la fête du 14 juillet, la fête du 10 août et la fête du 9 thermidor, qui lui rappelaient des journées mémorables : celle du 14 juillet, la prise de la Bastille en 1789; celle du 10 août, l'attaque des Tuileries par le peuple de Paris; celle du 9 thermidor, la chute de Robespierre en l'an II, amenant la fin de la Terreur. Cette dernière était encore appelée la fêle de la liberté.

Le Directoire attachait une grande importance à la célébration de ces fêtes commémoratives, ayant pour objet « de

nourrir le feu sacré du patriotisme et de l'enthousiasme, d'affermir les pas des citoyens dans la carrière de la Révolution, et d'exciter ainsi les Français, par le spectacle et le souvenir de ce qu'ils ont fait, à faire des choses plus grandes et plus glorieuses encore » :

u Dans les temps ordinaires, ajoutait la circulaire du ministre François (de Neuchâteau), cette influence des fêtes commémoratives est moins directe. Le citoyen jouit, avec un orgueil calme, du spectacle de sa gloire et se plaît à en élever les monuments par reconnaissance et pour l'instruction de l'avenir.

» Dans les temps moins heureux, ces fêtes sont un ressort puissant et revivifient l'esprit public. Et qui ne se sent alors enflammé d'une nouvelle ardeur pour conserver une conquête achetée par tant de sacrifices ! Qui peut se rappeler ces grands élans de l'enthousiasme national sans les éprouver encore ! En rapprochant par la pensée tout ce que la liberté enfante de grand et de sublime, tout ce qu'elle éprouve d'outrages, le cœur palpite, les larmes coulent... Il semble alors que ces monuments l'animent, que du sein des débris des bastilles et du trône sorte une voix forte et puissante qui crie à tous les républicains : Les dangers qui peuvent vous menacer ne seront jamais aussi grands que ceux dont votre entourage a triomphé. »

Et, plus loin, il recommande expressément aux républicains de bannir la violence et la haine de leurs manifestations patriotiques :

« Que tout, dans la commémoration de ces grands événements, dit-il, ne présente que la République et la Liberté. Oui, dût-on nous reprocher ici une honorable modération, évitons avec une attention minutieuse tout ce qui pourrait rallumer les flammes mal éteintes des haines et des divisions.

I) Montrez donc le génie de la liberté, planant sur les ruines embrasées de la Bastille, la République debout sur les éclats d'un trône brisé : que d'une main elle ferme un vaste tombeau ouvert à ses pieds et que, de l'autre, elle arrête le poignard du royalisme levé sur elle.

Page 1