PREFACE
Ciïiq quarts de siècle, à peine, nous séparent du jour où éclata en France le mouvement révolutionnaire de 1789 et, cependant, Personne aujourd'hui, dans notre petite ville de Beaumont, n'a gardé le souvenir des événements qui se sont Passés alors dans la commune ou dans le canton.
Si, à ce sujet, vous interrogez les habitants, même les plus âgés ou les plus instruits, sur les changements profonds que le nouveau gouvernement apporta dans notre division administrative, ils vous répondront invariablement qu'ils n'en savent rien, qu'ils ne s'en sont pas préoccupés et que jamais, à l'école ou ailleurs, on ne les a entretenus d'une pareille question. Si vous leur demandez maintenant, qui était maire à Beaumont à la fin de l'ancien régime et quel est le « citoyen » que les habitants mirent à sa place aux élections de 1790, ils vous diront encore qu'ils l'ignorent entièrement : ils ignorent jusqu'au mode de constitution des divers corps municipaux qui se sont succédé dans la commune au cours de la période révolutionnaire, depuis la Constituante jusqu'au Consulat. Si vous leur demandez alors où se trouvaient à Beaumont la Place de la Liberté, la Place de la Souveraineté du peuple, le Champ de la Fédération, ils vous répondront, profondément surpris, qu'ils n'ont jamais connu à Beaumont que les quelques places qui s'y trouvent encore de nos jours : la Place Publique ou Grand'Place, la Place des Mesures, la Place Vieille, la Place du Pisadis. Et si, enfin, vous leur parlez de Louis Ters, de Jacques Poussai, de Benoît Loiseau, de Pierre Melon, de Jean Baptiste