CAMPAGNE
TOTAL
„ ^ , ( Garçons. . I" De 11 a 25 ans . /
' Filles ....
Totaux
2° De 25 ans et au-( Hommes, dessus ' Femmes. .
Totaux
Ces divers tableaux nous apprennent :
10 Que, dans l'un et l'autre groupe, le nombre des hommes est toujours supérieur, mais de quelques unités seulement, à celui des femmes. On comptait, en l'an IV, dans la population de Beaumont, au-dessus de douze ans : 284 sujets masculins contre 273 sujets féminins, soit un écart de 11 unités au profit des hommes;
2» Que cette proportion est à peu près la même dans la ville et dans la campagne : dans la ville, nous comptons 242 hommes contre 231 femmes; dans la campagne, 42 hommes contre 42 femmes, les chiffres, ici, sont exactement égaux.
11 convient d'ajouter que, à répo([Ui: où a été fait le recensement (]K>ndant l'été de l'an I\', juin ou juilU'l \'/<p), toutes les filles et fenuucs st' trouxaienl dans la conunune, tandis ([u'un grand nombre d'hommes étaient aux armées et laissaient ainsi un grand vide dans la population masculine. La différence en faveur des garçons serait donc plus forte encore si on pouvait
faire entrer en ligne de compte ceux que la conscription avait arrachés à leurs foyers.
§ j. - Les habitants répartis par professions.
Nous trouvons, à Beaumont, comme dans toutes les communes (surtout dans les communes chefs-lieux de canton), les professions les plus diverses. Ici encore nous les envisagerons : 1° dans la ville; 2° dans la campagne.
a) Ville.
Cultivateurs 70
Aubergistes et cabaretiers 7
Boulangers 3
Fourniers 3
Couteliers 2
Presseur d'huile i
Charpentiers 8
Menuisiers 6
Timneliers 2
Tisserands 5
Sergeur i
Tailleurs 8
Cordonniers 28
Maréchaux ferrants 2
Selliers 2
Marchands 20
Épingliers 2
Charrons 4
Maçons 4
Voituriers 4
Perruquiers 2
Mouleurs 10
Meunier i
Étudiants 19
Offtciers de santé ^ 4
Notaire i
Huissiers 2
Juge de paix i
Empl. de l'administration. 2
Retraités de l'armée 4
b) Campagne.
Cultivateurs 22
Marrliand i
Tonnelier i
Tisserand i
Meuniers 7
Voiturier i
I. Louis Ters, Georges Bertrand, Jérôme Gaulhiat et Jean Delpech.
8o • J-A XILLE ET COMTÉ DE BEAUMONT
Cette énumération est intéressante à plus d'un titre : tout en nous fixant sur les occupations des travailleurs de Beaumont à la fin du xviii<^ siècle, elle nous apprend que ces occupations sont bien différentes de celles d'aujourd'hui.
Nous sommes frappés, tout d'abord, du nombre considérable de cultivateurs : 70 cultivateurs rien que dans la ville, alors que nous n'en trouvons aujourd'hui que 3 ou 4. Mais il faut bien se rappeler qu'il y avait, à ce moment-là, deux espèces de cultivateurs : ceux qui cultivaient eux-mêmes, soit leur propre terre, soit la terre des autres; ceux qui faisaient cultiver, je veux dire qui, ayant des terres, en confiaient la culture à des métayers ou à des domestiques et se contentaient d'en recueillir la récolte. Or, ces cultivateurs de la deuxième catégorie, que nous appellerions aujourd'hui des propriétaires ou des propriétaires-rentiers (ces deux mots n'existaient pas encore dans le langage usuel), portaient, au même titre que les cultivateurs vrais, le nom de cultivateurs. C'est ainsi que les principaux habitants de Beaumont, les citoyens Constantin, Moritsec, Laborde, etc. (on avait à ce moment-là supprimé les particules), qui pourtant n'avaient jamais mis la main à la charrue, sont portés, dans le recensement de l'an IV, comme cultivateurs. Bien plus, les « citoyennes » Laborde, Foussal, Constantin, Tinet, Darchier et autres femmes de propriétaires, y figurent, elles aussi, avec la mention de « cultivatrices ».
Nous remarquons ensuite le* petit nombre des aubergistes : 7 ou 8 seulement. C'est bien peu si l'on songe que Beaumont aujourd'hui, avec une population qui n'est pas supérieure, compte 15 ou 16 débits de boissons, soit un chiffre double. Est-ce un progrès? Je ne le crois pas.
Notons, par contre, que les cordonniers sont légion : il y en avait 28 en l'an IV. Il n'y en a plus "ïjue 2 ou 3 aujourd'hui et ils suffisent amplement aux besoins de la population. C'est que, à l'époque actuelle, les grandes fabriques, qui étaient inconnues alors, déversent sur le marché des chaussures de toutes sortes qui, livrées à meilleur compte, ont détruit peu à peu l'industrie locale. On va se chausser maintenant, non plus u chez le cordon-
LKS HABITANTS Si
nior , mais cho/ a lo inarchand de chaussures » ou niêuu' chez le mercier ou l'épicier.
Et ce que je viens de dire des cordonniers, on peut le dire des mouleurs ou potiers. Il y en avait lo à Beaumont, au recensement de l'an I\', qui fabriquaient des pots et des vases en terre ou en étain. Il y a déjà bien longtemps qu'il n'y en a plus. L'industrie de la poterie a entièrement disparu, non seulement dans la commune, mais dans le canton.
Il en est de même de l'industrie du tissage. A la Révolution, on comptait dans la ville de Beaumont 5 tisserands ou sergiers et tous les cinq étaient très occupés. Il n'y avait pas alors sur le marché ces importations, par les grandes fabriques, de draps français ou étrangers et chacun s'habillait alors avec les laines du pavs qu'on faisait successivement laver, filer et tisser. Beaumont ne compte plus, actuellement, qu'un seul tisserand pour tout le canton : il ne consacre à son tissage qu'une toute petite partie de son temps et, à coup sûr, il ne sera pas remplacé. Encore quelques années et le métier de tisserand, comme celui de potier, n'existera plus, chez nous, que dans le souvenir.
§ 4. - Les habitants" de la ville réi'Aktis par places
ET par rues.
Nous venons, dans les pages qui précèdent, d'étudier les habitants de Beaumont : nous connaissons leur nombre, leur âge, leur profession. Pouvons-nous maintenant savoir, pour chacun d'eux, la rue et la maison qu'il habitait? Comme bien on pense, le problème présente des difficultés nombreuses et parfois même insurmontables. La tradition sur ce point étant absolument muette, ce n'est que par les actes de notaires, actes de vente, actes de location, actes de partage, que l'on peut avoir des renseignements à ce sujet. Mais, de toutes les maisons que compte Beaumont, il y en a un grand nombre qui n'ont été ni vendues ni louées. D'autre part, une maison qui a été vendue à X... en 1780, qui était par conséquent habitée par X... à cette époque, I. 6
Hz LA VILLE ET COMTE DE BEAUMONT
a bien pu, quelques années après et pour des causes diverses, changer de propriétaire et être alors habitée par un autre. Je sais une quinzaine de maisons au moins qui, avant 1789, étaient habitées par des personnes qui me sont bien connues et que je ne retrouve plus dans le recensement de l'an I\', soit parce qu'elles étaient mortes, soit tout simplement parce qu'elles avaient quitté la ville. Le classement des habitants par rues et par maisons à une date déterminée devient, de ce fait, extrêmement difficile. Je vais l'essayer, cependant, en utilisant de mon mieux les nombreux documents que j'ai pu compulser, mais en m'excusant d'avance, auprès du lecteur, s'il m'arrive de laisser quelques lacunes ou même de commettre quelques erreurs.
1° Les HABITANTS DE LA PLACE PUBLIQUE.
a) Côté nord. — Le côté nord de la Place Publique nous présentait quatre maisons, chacune avec son porche ou cornière. En allant de l'est à l'ouest ou, ce qui revient au même, de la Place de l'Eglise à la Rue Deytier :
i» La première maison (actuellement maison Boisserie) et la seconde maison (actuellement maison Roussely), portant les numéros 170 et 171 du cadastre, étaient, à la Révolution, la propriété de Jean Tinet, marchand drapier et « cultivateur ». Les deux maisons n'en faisaient qu'une seule : c'était la maison Tinet. Vingt ans auparavant, la maison Roussely appartenait seule à Jean Tinet et c'est là qu'il avait sa boutique. L'autre maison, la maison Boisserie, était la propriété d'une certaine Antoinette Coste, femme de Jean Ballande. Jean Tinet l'acquit d'Antoinette Coste à rente viagère et, après le décès de celle-ci, la réunit à la sienne. La maison Tinet devint ainsi l'une des plus belles maisons de la place. Elle était habitée, en 1796, par Jean Tinet et sa femme, née Darchier, par Bessot Pierre et sa femme Marie Tinet, plus deux anciennes religieuses des Dames de la Foy, Jeanne Roustans et Marie Laly Doursal, (|ui s'y étaient réfugiées après l'expulsion de leur congrégation : nous les retrouverons plus loin.
LES HAUITAXIS 83
2^ La troisième maison est celle qui a été en grande partie détruite par un incendie en igi2. A la Révolution, elle appartenait, comme aujourd'hui du reste, à trois propriétaires. Il y avait pour ainsi dire trois maisons sous un même toit, sans compter celle qui leur faisait suite du côté du nord et qui allait jusqu'à la ruelle. Dans ces petites maisons, se trouvaient loges: Antignac, marchand; la veuve Peyrat, « banquière », c'est-à-dire ayant la location des u bancs » de la place ; la famille Pénical et la famille Beyssade. En tout, dix personnes. On n'était pas au large assurément; mais, à cette époque-là, on ne craignait pas de se serrer dans les maisons.
30 La quatrième maison (numéro 164 du plan cadastral) était l'ancienne maison Laphite ou Laffite. Elle était occupée, alors, par Pierre Fontauzard, cordonnier, avec sa femme Anne Magrin et ses cinq enfants, tous âgés de moins de vingt-cinq ans.
b) Côté sud. — Ici encore, nous avons quatre maisons, dont deux seulement ont des cornières :
i» La première: en allant de l'est à l'ouest, c'est l'ancienne maison Gibert-Lanceplène, appartenant aujourd'hui à M. Mouliérac, qui habite Libourne. A la Révolution, elle était occupée par Antoine Delpit de Belerd, marchand, qui l'avait acquise, en 1754, de M. Georges de Vivien, curé de Mescoules, pour 2.700 livres {Minutes Castaing). Antoine Delpit, dont le père habitait Magal, y avait installé ses magasins : il faisait à la fois le commerce des draps, des toiles, des épices et des grains. Au recensement de l'an IV, Antoine Delpit de Belerd étant mort, son fils aîné, Pierre Delpit, étant mort également, et le fils aîné de ce dernier, Antoine Delpit, étant aux armées, la maison était habitée par André Delpit (fils cadet d'Antoine Delpit de Belerd), avec sa femme Marie Révauger et cinq enfants : Auguste, Armand, Julien, Félix et Genty, tous figurant comme étudiants. Vers 1831, Antoine Delpit qui, en rentrant dans ses foyers, avait remplacé son père à la tête de la maison de commerce, céda cette maison à M. Félix Léal, un ancien officier de l'Empire, que les hommes de ma génération ont bien connu, et vint habi-
ter Magal. Lcal, après avoir occupe pendant quelque temps les locaux de la maison Delpit, transfera son magasin en face, sur la rue Vidal, dans la maison occupée aujourd'hui par M. Gautier,
2" La deuxième maison, maison basse, rebâtie depuis, était habitée jadis par un serrurier du nom de Laporte. dibert prit sa suite en 1831.
30 La troisième maison (numéro 298 du cadastre, actuellement maison Queyrouze) est l'ancienne maison Guilhaume Rey, qui y exerçait, au début du xviii^ siècle, un commerce d' « apothicaire ^ ». Elle passa ensuite au curé Geneste, qui la vendit, en 1847, à Pierre Colin, maître-sellier. A la Révolution, elle appartenait au fils de ce dernier, autre Pierre Colin, aubergiste, que nous retrouverons un peu plus loin, à l'angle sud-ouest de la place.
40 La quatrième maison, avec son porche ou cornière (aujourd'hui maison Auriel), était habitée, à la Révolution, par Pierre Loiseau, maître-plâtrier et aubergiste, Ce Pierre Loiseau était originaire de Saint-Pi erre-de-Chignac. Homme jeune, intelhgent, actif, il se mit, dès 1789, à la tête à\\ parti révolutioni»aire. Il fut successivement officier municipal, maire et juge de paix.
c) Côté est. — Le côté est de la Place Publique nous présente, comme les deux autres côtés, quatre maisons. En allant du midi au nord :
lo La première maison (numéro 177 du plan cadastral, aujourd'hui café Fourlanty), avec sa belle cornière du xiii^ siècle, était habitée, à la Révolution, par Charlotte Robert, qui y exploitait un commerce de poterie.
20 La deuxième maison (numéro 176 du plan cadastral, ancienne maison Magot, aujourd'hui maison Mouret, est une maison dont 'aiaçade a été refaite à une époque relativement récente. Au xviiic siècle, c'était une constructicm d'assez maigre apparence, avec deux chambres en bas, deux chambres en haut et
I. Vo\., ;i i-u sujet, L, Tf.stl't. La B.trliiir rie ne.uiiiionl . IJoiJiMiix, Icjio, t. Il, p. 307.
un » evrial de cornière », k- tout « oii très niauviiis état ». Elle était liabitée vers 1760, par un certain Arnaud (iravière. En 1797, elle appartenait, en partie à Jean Tmet, en partie à Jean Froumental. qui l'avaient acquise, je ne sais trop comment, des héritiers de la famille (iravière. Par acte public, retenu par le notaire Darchier (14 messidor an V), Jean Tinot et J(\in Frou-
FlG. 15.
Le coté est de la Place Publique, en i/Hc), avec ses quatre maisons.
mental la vendirent à la <( citoyenne Marie Grenier, épouse du cito\'en Jean Durant, officier ministériel», habitant Beaumont. L'huissier Durant, comme nous le verrons plus tard, fut longtemps maire de Glottes et, plus tard, sous le Directoire, le représentant de cette commune à l'administration municipale du canton.
30 La troisième maison (ancienne maison Peyrony, actuellement maison Colombet) a été, elle aussi, entièrement refaite dans sa façade tout au moins. Elle était, primitivement, séparée de la précédente par une étroite ruelle (simple androne 5 ans doute) qui a disparu depuis. Au recenr:ement de l'an IV, elle
86 LA VILLE ET COMTH DK IIKAUMOXÏ
et ait habitée par Annet Trapary, tailleur, et sa femme Marie Robert. Dans un document de l'époque, j'ai vu mentionné le dit ïrapary avec la profession de n tailleur pour dames y). J'avoue que je ne m'attendais guère à trouver un tailleur pour dames à Beaumont au xyiii^ siècle. Il est très probable que la femme Trapary était couturière et que, tandis que son mari habillait les « citoyens »,• elle confectionnait, elle, les costumes des «citoyennes». Ajoutons que, quelque soixante ans plus tard, l'ancienne maison des Trapary, après sa reconstruction, était habitée par les frères Peyrony, marchands-tailleurs, qui, eux aussi, comme les anciens occupants, habillaient, à la fois, les hommes et les dames. La maison commerciale avait changé de nom, elle n'avait pas changé de caractère.
4" La quatrième maison (ancienne maison Bousquet, puis maison Vernet, aujourd'hui maison de la poste) était occupée, à la Révolution, par Jean Dubut, dit V Espérance, maître-maçon, avec sa femme Suzanne (irimard et deux enfants. Ce Jean Dubuc, homme intelligent et profondément patriote, fit souvent partie du corps municipal de la commune.
Rappelons ici que Marc Bousquet, percepteur, devint propriétaire de cette maison par son mariage avec une demoiselle Dubut, et la passa plus tard à son fils, Alfred Bousquet, également percepteur, que nous avons tous connu : il fut maire de Beaumont du i8 mai 1884 au 15 mai 1892. La maison Dubut avait un porche sur la voie publique. Il fut démoli en 1868 par M. Vernet qui rebâtit entièrement la maison.
Sur la feuille de recensement de l'an IV, je vois figurer, après la famille Dubut, Etienne Robert, marchand, avec sa femme Gabrielle Tinet et ses deux fils Pierre Robert et Arnaud Robert, tous deux encore étudiants. J'incline à croire, la maison Dubut étant la dernière de la place, que ces Robert habitaient dans la même maison c]ue Dubut, ou plutôt dans la précédente, la maison du tailleur Trapary, lequel avait épousé une demoiselle Robert.
d) Côté ouest. — Nous trouvons encore ici quatre maisons d'égales dimensions. En les suivant du sud au nord :
i"-' La f^remière (numéro 300 du plan cadastial) fait \c coin de la Place Publique et de la Place des Mesures. Comme nous l'avons déjà vu, à propos de la rue Féliciane (p. 40), elle appartenait, en 1777, à Jeanne Lestang, \'euve de Pierre Colin. Jeanne Lestang la laissa en mourant à son fils Pierre Colin et c'est ce dernier qui l'habitait, à la Révolution, avec sa femme Sabine Melon et ses trois filles, qui furent bien connues, sous la Restauration, sous le nom des « trois Colinéttes ». Pierre Colin était aubergiste. Il fut maire de Beaumont en 1792. Sa maison, après lui. a appartenu successivement à Dignac, aubergiste (c^ui avait épousé l'une de ses filles), et à Boinel, teinturier. Elle appartient aujourd'hui (janvier 1921) à M. Perraudin, maire.
20 La deuxième maison (autrefois café Delord, aujourd'hui café Coste), possède, comme la précédente, ime superbe cornière du Xiii^ siècle. Elle était occupée, au recensement de l'an IV, par deux femmes Marty, par Falcou, charron (probablement gendre), avec sa femme Marie Mart}^ et ses trois enfants.
30 La troisième maison a été refaite, dans sa façade tout au moins, par Louis Delpech vers 1880. Elle appartient actuellement à M^^^ Boisserie, mercière. C'était, en 1789, une maison à pignon, dépourvue de porche, avec un rez-de-chaussée ou embas, un premier étage ou en-haut, une grande cave et un vaste grenier. Sous l'ancien régime, elle était occupée par Bernard Redon, qui fut longtemps consul. Sous le Directoire, elle devint l'habitation d'un homme qui joua un rôle important à Beaumont pendant la Révolution, le citoyen Audy Laval Dubousquet. Nous le retrouverons plus loin sous la Convention et le Directoire.
40 La quatrième maison, qui fait le coin de la Place Publique et de la Rue de la porte de Lusiés, appartenait, avant la Révolution, à Joseph Redon, sieur de Lajeante, qui était curé et prieur de Va rennes, près Lanquais ^. C'était une grande et belle maison, à toit mansardé, avec une superbe cornière voûtée, ayant balcon sur la place et s'étcndant, comme aujourd'hui du reste.
I. Au sujet Je ce curé Lajeante, très connu par son humeur tracassière et ses instincts procéduriers, vov. L. Testi;t, Lj Vie cotiiinunalt' à Bcauiuntit à la fin de l'ancien ré frime, Bordeaux 1921, p. 22s et 247.
88 LA \II.IJ-: liT CO.MTI' DK BEAT MONT
jus^qii'à la rue Félicianc. A la mort du curé Lajeante, elle passa à l'une de ses sœurs, Marie Redon, qui avait épousé un certain Léonard Oueyrouze ^, d'abord marchand, puis aubergiste. C'est lui qui l'occupait au recensement de l'an IV. La famille Oueyrouze conserva l'ancienne maison Lajeante jusqu'en 1863. Elle fut vendue, à cette époque, à M. Bouny, pharmacien, qui, après avoir démoli la cornière et refait la façade, y installa son officine.
2» Les habitants de la place du pisadis.
La petite Place du Pisadis avait une seule maison sur son côté nord, quatre maisons sur son côté sud et une maison au fond, c'est-à-dire sur son côté ouest.
a) Côté nord. — En 1761, la maison qui, à elle seule, forme le côté nord du Pisadis, appartenait à M*^ Jean Poussai de Belerd, juge de la ville et comté de Beaumont. Cette annéelà, devant M^ Castaing, notaire royal, il en vendit une première moitié (celle qui donne sur la Rue Ramond) à (ieorges Capulin ou Capulum, menuisier; puis, la seconde moitié (celle donnant sur la rue Féliciane) à Jean Rougier, tisserand. Onze ans plus tard, le 3 février 1772, Capulin acheta la part de Rougier et devint ainsi le seul propriétaire de l'immeuble. 11 mourut peu de temps après, et la dite maison, une fois encore, changea de maîtres. Sa moitié antérieure (côté levant) passa aux mains d'Arnaud Grenier, cordonnier, et le reste fut occupé par Combe ((Guillaume), charpentier, sa femme Thérèse Martigne, et un certain Pierre (lipouloux, tailleur. Ce sont là les habitants de Beaumont qui figurent, pour cette maison, sur \v recensement de l'an IV.
b) Câié sud. — Les quatre maisons, du côté sud, étaient occupées, à la Révolution :
I. (-C lA'onard Qu^xtouno, i|iii coiiipU' l'iicnic Jo Jcsi (.■lul.iiils ;i Biauiiiniil, était ori^iiuiire ilii Dinrit.
I i:s iiAinr.WTS Sf)
i*^ La prcmicre. on allant du couchant au levant, par ("aniporgue (Jean), culti\atciu-, l't sa femme Toinette Laporte.
jo La deuxième (actuellement maison Coudeic-(iuénée) par (iuilhaume Bessou et Matliurine Bessou. Couderc l'acquit de ^LithiveBessou. le ii avril 1834 {Minutes Fuelhe), pour la somme de Qoo francs.
jo La troisième, i[\n appartient aujourd'hui à M. j. Combe, était habitée par un certain Pierre Barjou, tisserand, avec sa femme et une nommée Jeanne Dazinière, une parente sans doute.
40 La quatrième, celle cjui fait l'angle du Pi adis et de la Rue Ramond (numéro 329 du plan cadastral), était occupée par Jean Jayle, cordonnier, et sa femme Jeanne Toutut. Jayle l'avait acquise, le 4 pluviôse an IV, du citoyen Pierre Blanchard, maître -tailleur {Minutes Boisserie), qui l'avait achetée luimême, le 9 mars 1791 {Minutes Darchier), de Jean Veyrière, dit Cruineau, habitant au village du Mayne.
c) Maison du fond. — Le côté ouest du Pisadis était occupé, en 1789, par une jolie maison, précédée d'un jardin, ([ui appartenait aux Dames de la Foy. C'est là qu'elles logeaient leur vieil aumônier, M. Lagaûsère. Nous la retrouverons plus loin à propos des démêlés des officiers municipaux avec le couvent. Au recensement de l'an IV, Lagaiisère étant mort et les religieuses expulsées, la maison en question est habitée par Catherine Bouthier, marchande de fruits, Michel Grand et Jeanne Grand, également marchands de fruits, et enfin par Jeanne Saint Germain, ancienne religieuse. C'est sur l'emplacement de l'ancienne maison Lagaiisère cjue s'élève aujourd'hui la maison de M^^^ Davoust.
3° Les habitants de la rue vidal.
Partons de la Place Publique au niveau de la cornière Delpit et remontons la Rue \'idal, en longeant son côté ouest, jusqu'à la Place Vieille. Puis, rebroussant chemin, nous la redescen-
QO LA VILLE ET COMTÉ DE TîEALtmoxt
(irons, en suivant cette fois le côté est. Cette rue, sur son côte oncst surtout, est une de celles qui me sont le moins bien connues.
a) Côté ouest. — Après la maison Delpit, dont la cornière donne sur la place, nous trouvons une maison qui va jusqu'à la ruelle : c'est la maison Latour. En 1754, elle figure sur un acte de vente comme appartenant « aux héritiers du nommé Latour ». Dans le recensement de l'an IV, nous la voyons habitée par Roze, veuve Latour, et sa hlle Félicité Latour. Antoine Latour (qui était vraisemblablement son parent, et qui, sous le Directoire, remplissait les fonctions de secrétaire adjoint de l'administration cantonale), avec sa femme Jeanne Coustaud* <( instituteuse » {sic), habitait aussi la rue de Vidal, mais plus haut. Dans la maison de Roze Latour j'ai vu, dans mon enfance, habiter Raymond Latour de Lapeyrade, un ancien sous-offtcier d'artillerie du premier Empire, qui exerça successivement à Beaumont les fonctions d'instituteur et de secrétaire de mairie. C'était le grand-père de M. Edouard Fullia, qui habitait encore la maison l'année dernière \
Au delà de la ruelle, et dans les maisons qui se suivent depuis cette ruelle jusqu'à la Troisième Traversière, le recensement de l'an IV mentionne : Pierre Rivière, marchand, avec sa femme Marie-Anne Carrière et cinq enfants, dont trois étudiants et deux cultivateurs; Jean Pasquet, cultivateur, et sa femme; Pierre Carrière, tailleur, avec sa femme Victoire Labat et ses trois enfants. J'ai tout lieu de croire que, des six maisons qui existent actuellement entre la Troisième Traversière et la Quatrième, il y en avait trois au moins qui n'étaient pas construites ou, si elles étaient construites, n'étaient pas habitées.
Dans la Troisième Traversière, nous trouvons comme habitants, en allant de la Rue Ramond à la Rue Vidal : i» Charles Rivière, marchand, et sa femme Françoise (irenier; 2" Jean Audissou, charpentier, dit " Va de bon cceur ■>, et sa femme Fran-
I. lùinu;ir(.i lMilli:i. l'inseilliT d'arroiulisseiiK-iit, rMiritTe-pctil-lils du Socrctairiadjoint ilc raihiiiiiistialidii municipale du Ciinloii, est mort en juin i()2ti.
»;oise Cnrrièro: 30 Léonard Delayre, cordonnier; 4" Carrière, dit «le Sept ", avec sa femme et ses deux enfants; 50 enfin, à l'encoignure de la Troisième Traversière et de la Rue Vidal, les époux Cioursat, marchands, avec leurs deux fils, Pierre Goursat et Julien Cioursat. La maison Goursat, qui appartient aujourd'hui à M. Magal, aubergiste, est une jolie maison à pignon du xu'' siècle qui. il y a quelques années encore, avait gardé son aspect primitif. Je l'ai longuement décrite dans mon Histoire de la Vnïstide (t. Il, p. 331). Je n'y reviendrai pas ici.
-Vu delà de la maison (ioursat, et jusqu'à la Place Vieille, nous trouvons; i» Jeanne Carrière et Marie Carrière, cultivatrices; 2° Antoine Latour, secrétaire adjoint de l'administration cantonale, avec sa femme Jeanne Coustaud, institutrice, et ses deux fils, Pierre Latour et Martin Latour, tous les deux étudiants; 30 Antoine Rivière, menuisier, et sa femme Charlotte Reynal; 4° les familles Guilhaume Blancher et Bertrand Blancher, cordonniers; 50 Pierre Grenier, dit Lagrave, charpentier, habitant la maison occupée aujourd'hui par M. Boisserie (ancien syndicat) ; 6° Nicolas Auzely, boulanger, et sa femme Elisabeth Labatut, occupant la maison, récemment reconstruite, qui appartient aujourd'hui au facteur Guiraud; 70 Pierre Monsec, cultivateur, et Antoine Mouret, mouleur, qui habitaient, le premier, la maison Pomery, le second, la maison Fage.
Et nous voilà arrivés à la Place Vieille. Descendons maintenant notre Rue Vidal, en suivant le côté du levant.
Nous trouvons, tout d'abord, l'ancienne maison Chambard occupée, à l'époque, par Jean-Baptiste de Constantin. Sur la feuille de recensement de l'an l\ nous n'avons pour cette maison que deux de ses enfants, « Jean Constantin » et « Joséphine Anne Constantin », tous les deux' compris dans la première classe de douze à vingt-cinq ans. Constantin père n'v figure pas : il est très probable qu'il était à ce moment-là dans la maison de réclusion, comme père d'émigré. Nous le retrouverons plus tard.
Au delà de la maison Constantin, entre la Rue Borgne et la Rue de la fontaine de Carrière, nous trouvons : i^ un Delpif
92 LA VIM.E KT COMTl'. DE BEAUMOX 1
Pierre, marchand, c'est le tils aîné d'Antoine Delpit de Belerd; 2^ Francisquat Antoine, Jean Boutouly, Ëlie Ventazol, Sabine Taulou, Antoine Brousse charpentier ; 30 Guilhaume Mercier, charron, et sa famille, dans la maison appartenant aujourd'hui à M^^^ Boisserie; 4" Pierre Blanchard, tailleur, avec sa femme Marie Gibert, dans l'ancienne maison Secondât; 5° enfin, dans la maisoTi du coin, Arnaud Tinet, cultivatciir, avec sa femme Marie Bessot et deux anciennes religieuses, Jeanne Tinet et Marthe Moreau. Un grand nombre de religieuses des Dames de la Foy étaient dispersées, à ce moment-là, dans différentes maisons de Beaumont.
Nous voilà à la ruelle qui descend vers les fossés de la ville et conduit à la fontaine de Carrière. Dans cette ruelle, et sur la partie avoisinante de la rue Renarde, se trouvaient, comme aujourd'hui du reste, cinq ou six petites maisons, d'apparence modeste, habitées par des ménages peu fortunés. Il est inutile de donner leurs noms.
Au delà de la Rue de la fontaine de Carrière, nous rencontrons deux maisons : la maison occupée aujourd'hui par le facteur Verdier, et l'ancienne maison des Dames de la Foy ou couvent. La maison Verdier, comme nous l'avoiis déjà vu, avait été achetée à Louis Domergues, en 1776, par les leligieuses : elle était inoccupée. Quant au couvent lui-même, il était vide lui aussi au recensement de l'an IV, les religieuses ayant été expulsées en 1792.
Plus loin, au delà du couvent et de la luelle qui le délimite au nord, la Rue de Vidal nous présentait sept ou huit maisons, dont Us habitants, à la Révolution, nous sont assez exactement connus. Dans la première, habitait Antoine Reynal, sellier, avec sa f(;mme Marie Colin. Reynal avait acquis cette maison, le 19 mars 1771, de Pierre Geoffre de Terrefort, habitant Varennes, pour la somme de i.ooo francs. C'est aujourd'hui la maison Mérignac, l'ancienne maison de Taulou, sellier, qui, \raisemblablcinent, avait pris la suite d'Antoine Reynal. La seconde fut achetée à ce même Terrefort, le 23 mars 1779, par Antoine Carrière, épinglier, qui l'habitait depuis avec sa femme Marie
\'ilatte. Elle appartient aiijoiird'luii à M"^*" \(>u\e Dncliard. La troisihuc, aujourd'hui maison l""radet, appartenait, à la Révolution, à Jean Audibert, du village de Blanc. Cet Audibert, qui était feudiste, ne tigure pas sur la feuille de recensement de l'an TV. Il était mort sans doute. La maison était occupée alors par uni> certaine veuve Roque, boulangère. La quatrième, maison Gautier aujourd'hui, était habitée par Gilles Costes, tailleur. La cinquième, maison Fauchier actuellement, appartenait à la famille Delpit. Antoine Delpit de Belerd, marchand, l'avait acquise en 1754, en même temps que celle qu'il avait sur la place, de M. Georges de Vivien, curé de Mescoules. Son nom ne figure pas sur le recensement de l'an I\' : il était mort depuis déjà trois ou quatre ans et la maison était inhabitée. La sixième maison (maison A. FuUia aujourd'hui) appartenait, à la Révolution, à Anne Carrière, épouse de Pierre Rivière, qui l'avait acquise, en 1783, de Bernard Reynal, menuisier. Elle n'était pas habitée au recensement de l'an IV. La septième maison (maison Gautier aujourd'hui) était occupée par un certain Lafaurie, cordonnier, qui la vendit, le 7 ventôse an IV, à son voisin, François Rivière. Ce François Rivière, boucher, habitait la huitième et dernière maison, qui fait l'encoignure de la Rue Vidal et de la Rue du Pourtanel.
40 Les habitants de la rue ramond.
Comme pour la Rue Vidal, nous examinerons successivement les deux côtés, en commençant par le côté ouest.
a) Côté ouest. — En montant la Rue Ramond depuis la Place Publique, la première maison qui s'offre à nous, sur la droite, en quittant les Mesures, est une grande maison, de construction ancienne, appartenant à M. Avezou, ferblantier. Elle était habitée, en l'an IV, et bien avant la Révolution, par un certain Tinet aîné, marchand. L'étroite maison qui lui fait suite et où habite aujourd'hui L. Sarrut, boucher, lui appartenait.
Après la maison Tinet, se trouvait une grande et belle maison, avec une vaste cour du côté du midi et un très grand jardin
du côté du couchant : c'était ]a maison Bessot. Cette maison avait pour propriétaire, avant la Révolution, M. Feyt, prêtre, docteur en théologie, curé de la paroisse de Beaumont. M. Feyt mourut en 1784, laissant par testament {Minutes Castaing, 1781) une grande partie de ses biens, notamment sa maison, à sa nièce, demoiselle Anne Canone, veuve de Marc Antoine Bessot, sieur de Lataillade, qui habitait la Borie Basse. Au décès du curé Feyt, Anne Canone quitta la Borie Basse pour venir habiter Beaumont, et voilà pourquoi la maison en question iigure, dans le recensement de l'an IV, comme ayant pour habitants « Anne Canone, cultivatrice >, avec ses trois enfants, Josepli Bessot, Marc Bessot et Jeanne Bessot. L'ancienne maison Feyt est restée dans la famille Bessot jusqu'en 1891, où elle a passé aux mains de M. Justin Combe, le propriétaire actuel.
Au delà de la maison et du jardin Bessot, nous trouvons deux maisons, l'une antérieurement rebâtie, l'autre à peine restaurée. La première était habitée, à la Révolution, par Pierre Lamothe, maçon, avec sa femme Marie Auzely; la seconde (aujourd'hui maison Garrigue) était occupée par Magdeleine Robert, veuve Chaval, avec ses deux enfants, Jean Chaval et Pierre ChavaJ.
Plus loin, après la maison Chaval, se trouvait la maison Ters, habitée en l'an IV par Louis Ters, chirurgien, et M'"*^ veuve Jacques Ters, i^a mère. Louis Ters joua un rôle important dans l'administration de Beaumont avant, pendant et après la Révolution. C'est lui qui ht construire l'hospice. Il fut le premier maire de la Révolution à Beaumont et il n'abandonna ces fonctions que pour aller au chef -lieu du département comme membre de l'administration centrale. L'habitation de Louis Ters était plutôt modeste. Après la Révolution, il la démolit en grande partie pour édifier, sur le même emplacement, une construction plus importante, d'aspect imposant, que la mort ne lui permit pas d'achever. Cette construction, (pie l'"s héritiers de Louis Ters n'ont pu terminer, a été pendant (|uatre-vingts ans, comme une grande ruine, abandonnée et déserte. Elle a ét('' acquise, en 1890, par la famille Marche, qui l'a revendue tout récemment (1919) à la famille de Lanauze.
LES HABITANTS " q5
Après hi maison Ters et la large androne qui la délimite du côté du midi, nous trouvons, sur la Place du Pisadis, les deux maisons en encoignure, l'une habitée par Arnaud Grenier, cordonnier, l'autre occupée par Jean Jayle, également cordonnier. Nous les avons déjà mentionnées à propos du Pisadis.
Plus loin, entre la maison Jayle et la Place Vieille, nous rencontrons successivement : i'^ la maison de Jacques Auriel, ancien officier municipal, habitée par lui et sa femme Antoinette Bouyssi, qu'il avait épousée en secondes noces, le 8 octobre 1787, deux ans avant la Révolution > ; 2» une petite maison ou partie de ma son, occupée par Antoine Ramond, cultivateur; 30 la maiso)i Melon, avec son grand jardin, où habitait, au recensement de l'an IV, Pierre Melon, président de radm'ni-tration municipale du canton, avec sa femme Math urine Révauger, et ses trois enfants, Pierre Melon, Jean Melon et Marie Melon; cette maison, entièrement refaite aujourd'hui, a passé successivement aux mains de M. Boinel de Naussannes et à celles de M^ Vernet, huissier. Elle appartient aujourd'hui à M'^^^^ Méallé; -;o au delà de la maison Pierre Melon, se trouvaient six ou sept petite? maisons, habitées par des ouvriers ou des cultivateurs, à peu près inconnus; 50 enfin, tout en haut de la rue, la grande et belle maison de Mont sec, dont la façade venait d'être reconstruite. Cette maison, placée sous séquestre, comme appartenant à des parents d'émigrés, était fermée.
Nous voici à la Place Vieille. Descendons maintenant la Rue Ramond, en longeant son côté est.
Après la petite maison du coin, qui appartient à M. de Montsec, et qui est vide comme la maison d'habitation principale, nous trouvons une maison à pignon, avec un embas et un
I. Cette maison, les Auriel l'avaient acquise en deux l'ois: une première moitié le 19 décembre 1770 du sieur Léonard Tinct, bourgeois et marchand : une deuxième moitié le 27 septembre 1776 de demoiselle Louise David, v>e du dit Léonard Tinct. File resta aux mains de Jacques Auriel jusqu'à son décès, survenu vers 1808. Llle devint alors la propriété de ses deu.\ fils, Jacques et Pierre, qui se la partagèrent en rhéme temps que le jardin, le 13 octobre 1808, par acte passé devant M* Baysselance, notaire à Monsac. Voilà pourquoi la dite maison Auriel est représentée sur le plan cadastral par deux numéros adossés: les n»'' 330 et 331 et les n"'' 532 et 333. Les deu\ moitiés appartiennent actuellement à M. Justin Combe, ancien maire de Heauiiiont.
gb LA VII I.K KT COMTE DE BEAUMOXT
étage : elle est habitée par un certain Cribert, perriu^nier, avec sa femme «la (iilbcrte », institutrice, et ses deux filles, Pauline et Eléonore (libert, toutes les deux «étudiantes)'. Au delà, nous rencontrons les deux femmes Luy tonne, cultivatrices; puis, Jean faille, tisserand; puis, au delà de la cour de Pierre (irenier dit Lagrave, aubergiste, dont la maison dcmne sur la Rue Vidal, une vieille maison bourgeoise, où habite Joseph Dufaure de Montmirail, avec sa femme Françoise Franc et son fils Pierre de Montmirail.
Plus bas, jusqu'à la Troisième Traversière, nous avons une série de petites maisons, habitées par des ouvriers ou des cultivateurs, dont les noms ne paraissent même pas dans les documents écrits qui se rapportent à la Révolution.
Au-dessous de la Troisième Traversière, nous rencontrons, tout d'abord, la vieille maison du marchand Archer, occupée, en l'an IV, par Jean Poujade, également marchand : c'est la maison habitée actuellement par le facteur en retraite Farfal. Un peu plus bas, se voit la maison du citoyen Mianne, maréchal ferrant et vétérinaire : son nom ne figure pas sur le recensement de l'an IV; il est très probable que, à l'époque où a été fait ce recensement, Mianne, qui était un ancien élève de l'école vétérinaire de Lyon, se trouvait aux armées comme vétérinaire militaire. Après la maison Mianne, nous trouvons successivement : 10 la grande maison des obits, qui avait longtemps servi de presbytère et qui, en 1789, appartenait encore à la cure de Beaumont ; 20 Jeanne Grenier, cultivatrice; 3° Jean l<"age et sa femme Thérèze Jacquet, cultivateurs; 4° enfin, la maison Loiseau, avec sa cornière, qui fait le coin de la place et (]U(^ nous avons déjà mentionnée à propos de cette dernière.
5" Les habitants de la rue fkoment
a) Côté est. — En parlant de la place de l'FgUse et en se dirigeant vers l'ancienne porte Froment, nous trouvons, sur le côté droit de la rue, ( iiuj maisons :
I" La première (aujourd'hui maison Fage, entièrement refaite
t.ES HABITANTS 97
à une époque récente) était habitée, à la Révolution, par Michel Dameau, dit Ouercy. cordonnier. Ce Michel Dumeau l'avait achetée, en 177J. par acte passé par-devant M»^ Darchier. notaire à Beaumont. à Marie Maran, veuve de Pierre Blanc, boulanger à Beaumont. pour la somme de 450 francs : ce n'était alors c^u'une pauvre masure. Au levant de la maison Dumeau, et lui faisant suite sur le côté nord de la place de l'Église, se trouvaient et se trouvent encore deux autres maisons : elles étaient occupées, au recensement de l'an 1\\ l'une par Pierre Grimard, cultivateur, l'autre par Jean Grimard, également cultivateur.
20 La deuxième est une grande et belle maison de la Renaissance, qui appartient aujourd'hui à M™*" veuve Delrieu. Elle était habitée, à la Révolution, par Girot (Zirol en patois), marchand, que nous retrouverons plus loin comme sergent de la garde nationale. Cette maison, que j'ai longuement décrite dans mon Histoire de la Bastide de Beaumont (t. I, p. 516), s'ouvrait, du côté du nord, sur ime grande cour, bâtie aujourd'hui : c'était la cour de Girot. La maison Girot n'avait pas de porte sur la rue Froment et les cUents étaient obligés de passer par la cour pour entrer dans la boutique. J'ajouterai que le grand jardin qui se trouve au levant de la maison Girot, entre la Rue Renarde et le mur d'enceinte, était, comme aujourd'hui du reste, une dépendance de la maison : c'était le jardin Girot. La maison Girot, avec sa cour et son jardin, fut acquise plus tard par Combète Delpit, bourgeois et marchand, qui y continua quelque temps le commerce de son prédécesseur.
30 La troisième maison, figurant sur le plan cadastral sous le numéro 138, appartenait à Jean Castagne, dit le Claou, menuisier, qui l'habitait avec sa femme, Jeanne Reynal. Castagne, qui était originaire d'Urval, l'avait acquise, le 20 septembre 1791, d'Etienne Robert, marchand, pour la somme de 1.200 francs. Le fils Castagne installa plus tard dans la dite maison, un magasin d'épicerie, qui existait encore vers 1865 ^
I . Rappelons que Tune des filles de Castagne, Marie Castagne, épousa a Beaumout, le i*"" janvier 1860, M. .\ugustc Pasquet, pliarinacicn, <iui habite aiijourd'liui Cadouin.
98 LA \-lI.I.K KT COMTÉ Dli BKAUMOXT
4" La quatrième maison, qui fait partie aujourd'liui de l'Hôtel des Voyageurs, appartenait, comme la précédente, à Etienne Robert, qui habitait la rue longeant l'église. Il l'avait louée à Jean Gipoulou, cordonnier, qui l'occupait avec sa femme Magdeleine Tréneule.
50 La cinquième maison n'était autre que l'hospice, bâti sur l'emplacement de l'ancienne maison de M. de Saint- Hilaire. Il n'avait, au recensement de l'an IV, que trois ou quatre pauvres, qui étaient soignés par deux sœurs, dont Elisabeth Champs (voy. da,ns le t. II, Hôpital).
b) Côté couchant. — En remontant la rue du côté du couchant, nous trouvons, tout d'abord, dans la maison du coin, André Blanc, cordonnier, avec sa femme Toinette.
Plus loin, dans les maisons qui suivent jusqu'à la ruelle située en face de l'église, nous rencontrons successivement comme habitants : Malgat Antoine, menuisier; Jean Dumeau, cordonnier, le frère de celui qui habitait sur la place de l'Église; Pierre Audissou, charpentier, le frère de celui qui avait sa maison dans la Troisième Traversière; enfin Hilaire Reynal, menuisier.
Au delà la ruelle se trouvait la maison de Jean Tinet, marchand, que nous avons déjà mentionnée (p. 85) à propos de la Place Publique.
Le lecteur s'étonnera assurément du petit nombre d'habitants que nous présentait ce côté de la Rue Froment. Cela s'explique par ce double fait qu'il y avait, sur ce côté-là de la rue, deux emplacements au moins, peut-être trois, qui n'étaient pas encore bâtis; puis, qu'il s'y trouvait deux granges, celle de Bertrand Grimard et celle de Jean Tinet, qui, naturellement, n'étaient habitées que par des animaux.
(y Les habitants de la rue deytier.
Les habitants, dans la Rue Deytier, étaient tout aussi rares que sur le côté ouest de la Rue Froment et pour les mêmes rai-
ïon^ ; lapréseuLt, mu lette rue, de nombreux emplacements qui, n'étant pas bâtis, se trou\'aient à l'état de cour ou de jardin.
a) Côté est. — En partant de la Place Publique et en suivant le côté dti levant, nous avons, entre la maison du coin et la ruelle de la Cinquième Traversière, une maison dont la façade est relativement étroite, mais qui s'étend très loin le long de la ruelle. C'est aujourd'hui la maison Philipparie. Elle était habitée, à la Révolution, par le citoyen Antoine Randonnier, maréchal ferrant qui, à plusieurs reprises, fit partie de l'administration municipale.
Après la ruelle, se trouvait une maison ancienne avec, sur la rue intermédiaire, une jolie croisée géminée du xiii^ siècle. Elle était habitée, au recensement de l'an IV, par Jean Baptiste Lacoste, huissier national, et ses quatre enfants : Pierre Lacoste, secrétaire de l'administration; Michel Lacoste, alors étudiant, plus tard pharmacien; Jeanne Lacoste et autre Jeanne Lacoste. Jean Baptiste Lacoste fut, pendant quelque temps, procureur de la commune et nous le retrouvons plus loin à propos d'un certain nombre de faits importants, notamment à propos de l'expulsion des religieuses.
Au delà de la maison Lacoste, dans la maison qui lui fait suite (maison Desnoyers aujourd'hui), habitait Jacques Coste, cordonnier, avec sa femme et ses quatre enfants, Pierre Coste, Jean Coste, Catherine Coste et Éhsabeth Coste ^ Jacques Coste remplit pendant longtemps à Beaumont les fonctions d'ofhcier municipal et de maire.
Plus loin, dans la maison figurant sur le plan cadastral sous le numéro 149, habitait Guillaume Bartal, tisserand. J'ai vu, dans mon enfance, cette maison occupée par un certain Bartalet (le petit Bartal), fournier.
Après la maison Bartal, se trouvait un emplacement de jardin qui existait encore en 1840 (il a été bâti depuis), qui appartenait à M. de Labordc : c'était le jardin Lahorde. Au delà,
I. Cette dernière épousa plus tard M. V^alcttc, instituteur a Beaumont, le père de M. Frédéric Valette, ancien juge de paix au Bugue.
dans ]a maison qui fait le coin de la Rue Deytier et de la Septième Traversière, habitait Jean Combe, charpentier, avec une demoiselle Catherine Combe et trois garçons : Pierre Combe, Jacques Combe, Antoine Combe, tous les trois charpentiers comme leur père.
Enfin, au delà de la Septième Traversière, se trouvaient deux maisons appartenant à Jacques Poussai, sieur de Bélerd, juge de paix de Beaumont. De ces deux maisons, celle qui faisait le coin était entièrement neuve, n'ayant été terminée que vers 1791. C'est là que, après avoir quitté Laroque, habitait le juge Jacques Poussai, avec sa femme Marie Queirel, et ses deux enfants.
Après la maison Jacques Poussai, nous sommes au bout de la Rue Deytier. Remont ons-1?., maintenant , en suivant cette fois le côté du couchant.
b) Côté ouest. — Du côté ouest, la Rue Deytier ne nous présentait, à la Révolution, que quatre maisons :
1° La première, celle qui fait le coin, est l'ancien hôpital, celle c^ue Pouzargue, curé de Beaumont, avait achetée en 178g à la commission de l'hospice. C'était une vieille maison à pignon, avec grande cour sur la Rue Deytier, flanquée sur sa façade nord d'une tour circulaire, à la fois vaste et confortable. Mais, en l'an I\', le curé ayant été déporté, elle était fermée, se trouvant sous séquestre comme bien national.
2" La seconde, beaucoup plus vaste encore, était la maison Laborde (ancienne maison Chamillac) c^ue j'ai longuement décrite dans mon Histoire de la Bastide de Beaumont, t. I, p. 493). Elle devait certainement, en 178g, servir de résidence à une nombreuse famille. Au recensement de l'an IV, je n'y vois mentionnées (jue deux personnes : » Joseph Laborde, culti\'ateur » et « Marie Chamillac » ancienne religieuse.
jo La troisième maison est celle qui est occupée aujourd'hui par l'ancien facteur Roussely et sa famille. Elle était séparée de la maison Laborde par une cour, au fond de la(iuelle se trouvait une petite construction basse, avec escalier tTi pierre.
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Dans cette troisième maison et, probablement aussi, clans la petite maison de la cour, habitaient les Jardel, marchands, et les Trapary, cultivateurs. Les deux familles étaient apparentées et n'en formaient pour ainsi dire qu'une seule.
4*^ La quatrième maison était encore séparée àv. la précédente par une cour qui, libre du côté de la Rue Deytier, était occupée, du côté opposé, par une sorte d'appentis ou de maison basse, qui donnait s\n" la Rue Féliciane. Cette maison, qui est aujourd'hui la maison Mali\ert, (>st, comme la maison du curé Pouzargue et comme la maison Chamillac, une grande et belle maison à pignon, longeant le côté nord de la Rue de la porte de Lusiés, et s'étendant depuis la Rue Deytier jusqu'à la Rue Féliciane Elle appartenait, à la Révolution, à (Villes Darchier, notaire, qui l'habitait avec sa femme et quatre enfants : Jacques Darchier, qui partit aux armées comme volontaire, Jeanne Darchier, Marie Darchier et Antoine Darchier.
Au total, nous ne trouvons, sur le côté ouest de la Rue Deytier, que trois familles dont l'une, la famille Laborde, se trouve réduite à deux personnes.
j'' Les habitants de la rue du pourtanel.
La Rue du Pourtanel était une rue très passante, mais peu habitée. En descendant la rue, sur le côté sud, nous trouvons successivement, au-dessous de la rue Renarde : 1° l'écurie de François Rivière, qui n'était pas habitée; 2» un jardin, appartenant aux héritiers d'Antoine Delpit, sieur de Belerd; 30 une première maison, occupée par Boutouly, cultivateur; 4» une deuxième maison, faisant l'encoignure de la rue avec les fossés, appartenant aujourd'hui à M. Lagarde, cantonnier-chef; elle appartenait, à la Révolution, à un certain Antoine Fage dit Lauriel ou VAuriel, cultivateur.
Du côté opposé, et en remontant, nous trouvons, jusqu'à la rue Renarde, quatre maisons : i» une première maison, avec cour et jardin (maison Tonnadre aujourd'hui), qui appartenait à Pierre Bessot, assesseur du juge de paix, et qui fut achetée, le
24 messidor an IV, par Jean (iipoujou ti)s aîné, cordonnier, pour la somme de 1.600 francs; 2» trois autres petites maisons qui étaient habitées respectivement par Jacques Violen, perruquier, par Jean Carrière, fournior, et par François Auclié, coutelier.
Au-dessus de la rue Renarde, la Rue du Pourtanel était délimitée par la maison de Charlotte Robert, marchande, que nous avons déjà mentionnée à propos de la Place Pubhque.
8* Les HABITANTS DE LA RUE DE L'ÉGLISE.
En descendant la Rue de l'Éghse, à droite, nous trouvons immédiatement au-dessous de la maison Dubut. qui fait l'encoignure de la place, quatre maisons :
lo La première, qui longe la Rue Renarde (aujourd'hui maison des demoiselles Combe) appartenait, à la Révolution, à Jean Barjou, cordonnier. Elle est encore occupée, aujourd'hui, par des descendants de la famille Barjou.
2° La deuxième, irmnéàxdXemeni au-dessous de la Rue Renarde (maison Magal aujourd'hui), appartenait à Antoine Grimard, marchand, et, avant Grimard, à Etienne Robert, également marchand.
3° La troisième (aujourd'hui maison Durand) appartenait, en 1794, à Delpech Jean, cultivateur, qui l'habitait avec Marie Lagarrigue, sa femme, Marie Delpech, sa fille, et Léonard Bach, ancien gendarme (probablement son gendre).
4° La quatrième (aujourd'hui maison Lanceplène) était occupée, à la Révolution, par Antoine Telhaud Barradis, bourgeois et marchand, avec sa femme Marie Darchier. Elle passa ensuite, par voie d'héritage, à son beau-frère Jean Tinet qui, en 1808, la vendit à deux anciennes religieuses du couvent de Beaumont, dames Marie Roustans et Elisabeth Laly Doursal. Au décès de ces deux religieuses, elle fut achetée (en 1835) par M. Fcytout, curé de Beaumont, i\\\\ y établit sa résidence. Le curé Feytout la céda, quelques années plus tard (en 1840) à Didier Marche, huis-
sier. Après Marche, cllo a ou succossi\'emcnt pour propriétaires, M. (harles Foussal. M. l'"onbeney et, enlîn. M. r.anceplène. '
g^ Les habitants du bakry.
I.e Barry de Beaumont, a\ec la Rue de Paris qui le traversait dans toute sa longueur, n'était pas précisément le quartier aristocratique de la cité. Il était occupé par de modestes travailleurs, plutôt pauvres, très pauvres, la plupart journaliers, quelques-uns mendiants, vivant avec leurs animaux, les hommes en haut, les bêtes en bas, dans des conditions hygiéniques lamentables. Les ordures s'accumulaient dans la rue et, dans les maisons, la vennine pullulait. On raconte que, vers 1830, un pauvre diable qui sortait de l'hospice et se trouvait sans domicile, répondit au maire qui lui conseillait d'aller chercher une chambre au Barry ; ( Mais, au Barry, Monsieur le Maire, il n'y a plus de chambres libres; les poux et les punaises ont tout pris. » Ce brave homme exagérait assurément; mais nul doute qu'il n'y eût dans sa réponse au maire un fond de vérité.
Le recensement de l'an IV nous donne, pour le quartier du Barr}', douze ménages.
Tout d'abord, sur les fossés, en dehors de la Porte de Paris : Jean Pinquet, sergeur; Pierre Bouyssi dit Maltaillat, voiturier; Pierre Hugon dit Brizambourg, cultivateur.
Puis, dans la Rue de Paris elle-même : Pierre Bouy, voiturier; Jean Rey, cultivateur; Bertrand Bourges, mouleur; Armand Dagout, également mouleur et sonneur de cloches; Bernard Beyssade, tisserand; Pierre Bouchier, voiturier; Pierre Ramounet, cultivateur; Broudiscou, maçon; enfin Jeanne Hazergue, ex-religieuse, Le maçon Broudiscou habitait la jolie petite maison, avec escalier extérieur et auvent, qui fait l'encoignure de la Rue de Paris et de la Rue Renarde (voy. mon Histoire de la Bastide de Beaumont, t. I, p. 598); elle appartient aujourd'hui à M. Boisserie. Quant à l'ancienne religieuse Jeanne Hazergues, elle occupait la petite maison qui se trouvait au
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nord de Ja maison Broudiscou et qui est incorporée, aujourd'lnii, aux bâtiments de l'hôtel des Voyageurs.
En résumé, le Barry, en 1796, avait 27 habitants de vingtcinq ans et au-dessus et 4 habitants de douze à vingt-cinc] ans. En supposant (ju'il y ait eu en même temps une dizaine d'enfants plus jeinics, au-d'i^'ssous de douze ans, nous arrivons à un total approxiiuatif de 41 habitants. Le Barr\- ne compte aujourd'hui, avec le même nombre de maisons (ju'autrefois, que trois ménages, comprenant en tout S personnes. 11 n'a pas gagné. La dépopulation s'y fait sentir comme partout ailleurs et, on peut le dire, plus qu'ailleurs, a\ec une intensité toute particulière. Encore ciuelques années et ce petit coin de Beaumont, jadis si peuplé, si vivant, d'une physionomie si spéciale, n'aura plus que des maisons vides !