FORM.ATIOX DES NOUVELLES MUNICIPALITÉS
Au moment où éclata la Révolution, la ville de Beaumont, au point de vue politique, vivait .sous le régime établi par l'édit royal du 9 novembre 1771 sur les municipalités L Sous la haute direction de son seigneur, M. Léonard de Paty 2, habitant Lusiés, Fig. 16.
elle était admini.strée par un Léonard de Pau- du Ravei.
maire et un consul : un maire, qui seigneur de Ho.mraom, .n itm»
1. Vov., à ce sujet, L. Tkstut, La Bastide de Beaumont en Péri gord. t. Il, p. 112, Bordeaux, 1920, et La Vie eoniininiale à Beaumont à ta fin de t'anneu régime, linrdeaux, 1921.
2. Léonard de Patv, conseiller au Parlement de Bordeau.x, seigneur de Lusiés et de Beaumont, avait succédé à son père, dans ces deux seigneuries, en Tannée 1769. Il résidait alternativement à Bordeaux et au château de Lusiés, près Beaumont.
LES DEBl^TS DE T.A REVOLUTION
était M. Jacques Poussai de Belerd ^ ; un consul, qui était M. Louis Ters -. Au maire et au consul étaient adjoints : M. Arnaud Tinct, sieur de Laconibe, procureur syndic; M. Bernard Redon,
lieutenant de police,
FiG. 17.
Jacques Poussai de Belerd,
mnire do He.nuiiionl. i-n 1789.
" et M. Tinet aîné, secrétaire greffier •^
Jacques Poussai de Belerd, qu'on appelait encore Poussai Laroque, Laroque de Belerd, était entré en charge au mois de juin 1782, en remplacement de M. Charles de Montsec, tombé en disgrâce. Il était encore en fonctions, avec ses auxiliaires, à la fin de 1789 et c'est lui qui, le 12 décembre, fut appelé, en raison même de sa qualité de maire, à « coter, parapher et numéroter » le registre destiné à c l'enregistrement des délibérations et autres actes intéressant la communauté ».
FiG. 18.
Louis Ters, consul, dp Bcaiiinonl en I7hli.
1. Jac'i]ues Poussai de Belerd, bachelier en droit, juge de la ville el comte de Beaumont, l'ut nommé maire en i~S->., en remplacement de M. Charles de Montsec. tombé en disgrâce. Il liabitait à la l'ois Laroque, ilans la paroisse de Bannes, et Beaumont, dans la grande et belle maison t|u"il venait de faire construire, à Fencoignure de la rue Dcytier et du grand chemin de Molièrcs à Issigcac, en face de Lancien hôpital.
2. Louis Ters, officier de santé, était né à Beaumont, le 19 décembre 1738, de Jacques Ters, médecin, et de dem"e Marguerite Fressangcs. Il habitait, sur la rue Kamond, une maison modeste, qu'il fit reconstruire plus tard, mais qui resta inachevée (ancienne maison Marche, maison de Lanauze aujourd'hui). Louis Ters mourut, à Beaumont, le 18 juillet 1807, à l'Age de soixante-neuf ans.
3. 11 m'eût été agréable de donner ici les portraits des principaux personnages du canton, dont les noms ont été mêlés aux événements de la Révolution. Je n'en ai trouvé aucun. La photographie, en 89, n'était pas encore connue, et les portraits à l'huile, c|ue l'on ne voyait alors que dans les grandes familles seigneuriales, n'étaient pas communs dans nos paroisses rurales. A défaut de portraits, j'ai cru donner des signatures qui, à cette épo(]ue-là, étaient très étudiées, presque toujours agrémentées de paraphes plusf)u moins savants, très lisiiilcs malgré leur complexité, très fixes surtout et, de ce fait, représentant liien mieux (]u"aujnurd'luii 1' « individu » qui les avait écrites : au poiiil de vue de l'idcnlite, elles avaient toute la v.ileur d'un portrait.
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Deux jours après, le 14 décembre 1789, l'Assemblée nationale pronnilgua son décret sur la constitution des municipalités et c'est le () janvier suivant qre le roi, par lettres patentes, appela les populations aux urnes pour remplacer les anciennes muni cipalités par des municipalités nouvelles.
Avant de reproduire ce décret et de faire l'histoire des premières élections municipales dans le canton de Beaumont, il est nécessaire de rappeler en quelques mots la place qui avait été assignée à notre petite ville dans la nouvelle division territoriale du royaum.e.
§ I. - Place occupée par Beaumont