‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 63 sur 269 · I.EGI MESJ NOIX CIIATUliMKR CHANVRH · texte numérisé non relu

I.EGI MESJ NOIX CIIATUliMKR CHANVRH

30 quartons

15 sacs 60 '^

50 Scies 150'^

4 (luintaux

ioo#

l'OIN'S et

ForUUAGlS

600 quintaux

TOTAL

ilfs ri'ïi'iiiis rfsljnl

aux parliriilirrs

Sur ces divers articles, il y en a, comme dans le tableau précédent, une certaine quantité qui vient de fonds situés sur !es taillables de Molières et de Pontours Haut. On n'a pas jugé à propos d'estimer les foins, parce que la quantité de foin récolté dans la commune est notoirement insuffisante pour la nourriture des bestiaux, au point que la plus grande partie des cultivateurs sont obligés d'en acheter ailleurs des quantités considérables.

Au total, les bénéfices nets réalisés par les habitants de Bourniquel sur la culture des céréales, vin, légumes, noix, châtaignes, chanvre et fourrages, s'élèvent à la somme de 5.120 livres, année commune.

10^ Besoins cl réclamations. — La municipalité de Bourni- (juel, comme celle de Saint Avit Sénieur, se plaint de ne pas toucher les impôts de tous ses habitants. Un certain nombre de contribuables, pour la raison qu'ils ont des terres dans la paroisse de Bannes, sont inscrits sur le rôle de cette dernière commune. D'autres paient leurs impositions dans la commune de Molières et de Pontours Haut. Ces usages, qui .se perpétuent, malgré toutes les réclamations des habitants de Bourniquel, sont I. 14

essentiellemsnt préjudiciables aux intérêts de la commune et il est à souhaiter que les administrateurs du district et du département y mettent un terme.

La commune de Bourniquel est comme toutes les autres communes : elle a besoin de chemins. Elle a besoin surtout d'avoir un chemin qui la relie au port de Lalinde. Déjà, en 1787, M. de Saint Exupcry Rouffignac avait demandé à M. de Neuville, alors intendant de Guyenne, la construction par atelier de charité d'une voie de 16 pieds de largeur, dont 10 d'encaissement qui, prolongeant le chemin de Belvès à Molières, descendrait dans la plaine de la Dordogne et aboutirait à Lalinde. Il offrait même, à l'appui de sa demande, « d'y contribuer pour i.ooo écus (3.000 livres), dont 100 pistoles (i.ooo livres) chaque année ». L'intendant, à ce sujet, demanda des renseignements à M. de Brémontier ingénieur en chef et Henry sousingénieur qui, après études, rédigèrent un rapport concluant à « l'indispensable utilité de ce chemin pour le transport de denrées de toute espèce d'un très vaste canton, qu'un pareil débouché vivifierait ».

A la suite de ce rapport, la construction du dit chemin fut approuvée en haut lieu et M. l'Intendant, en portant la bonne nouvelle à la connaissance de M. de Saint Exupéry, ajoutait que le gouvernement allouait, pour ce travail, la somme de 2.000 écus (6.000 livres), dont 2.000 livres chaque année. Les travaux commencèrent aussitôt et, au cours de l'année 1789, on construisit 478 toises. Les fonds, soit 3.000 livres, ont été versés pour la continuation des travaux, en l'année 1790. Mais, malgré cela, les ouvriers n'ont pas reparu sur le chantier. La municipalité de Bourniquel s'en étonne à juste titre et elle prie instamment les administrateurs du district et ceux du département de vouloir bien prendre les mesures nécessaires pour la continuation d'une voie de communication qui est précieuse à la fois, et pour les pauvres qui la construisent et pour les propriétaires qui sont appelés à en bénéficier.

Le chemin, demandé par M. de Ronflignac, s'acheva plus tard. Faisant suite au grand chemin qui allait de Belvès à

MUNICIPALITE UK SAINTK SAHIME 211

Molièros. en passant par Cadouin, il reliait trois cantons au port do Lalindc d'abord, puis, par Laliiidc, à la route de Bordeaux et à la grande route de Toulouse à Paris. Il avait donc, pou'- le commerce local, une importance considérable.

§ 4. - Municipalité de Sainte Sabine.

La municipalité de Sainte Sabine, à laquelle s'était réunie la paroisse de Saint (iermain de Boisse, occupait le côté sud du canton. Elle confinait à l'Agenais et elle avait même une partie de son territoire située dans cette province. Elle était souvent désignée, dans les actes publics, sous le nom de Sainte Sabine en Agenais.

1° Population. — La population de Sainte Sabine s'élevait à 700 habitants de tout âge et de tout sexe. On y comptait :

a) Citoyens actifs, payant au moins trois journées de travail évaluées à 20 sols chaque ^ (soit 3 livres) 80

b) Citoyen-; éligibles aux municipalités, district et département, payant au moins dix journées de travail (soit

10 livres) 60

c) Citoyens éligibles à l'Assemblée nationale, propriétaires et payant une contribution de 53 livres 9 sols 2 deniers 10

Total. . ^ 150

2° Garde nationale. — La garde nationale de Sainte Sabine était répartie en deux compagnies de soixante hommes chacune, dont la moitié environ étaient mariés. Les deux compagnies étaient commandées : l'une par le capitaine Blanche ; l'autre par le capitaine Xoua'lle. Son organisation étai des plus rudimentaires. Elle paraissait au maire « bien intentionnée ", mais elle était, comme un peu partout, sans uniformes et sans armes.

I. .\ noter que le prix de la journée est ici de 20 sols, tandis qu"il était de lî sols seulement à Beaumont et à Saint Avit Sénicur. 11 en résulte qu'un paysan qui était citoyen actif dans ces deux dernières communes, aurait pu ne pas l'être dans celle de Sainte Sabine.

j" Contributions. — Il existait, dans la commune de Sainte Sabine, trois rôles différents : l'un pour la paroisse de Sainte Sabine proprement dite {taillablc de Sainte Sabine); le second pour certains villages de la paroisse du Bel {taillablc du Bel); le troisième pour les villages séparés de Glottes {taillable de Clôt tes). Voici quelles étaient, en 1789, les contributions pour ces trois rôles :

Taille ou imposition principale i .577"' 7 " »

Impositions accessoires 389"^ 1 1 ' »

Capitation 650" 9 « 7>v

Vingtièmes i .ooo" 14 ' t*^

Total 3.618'^ 2' 2^

A cette somme, il convient d'ajouter, pour les six derniers mois de 1789, les impôts à payer par les ci-devant privilégiés, soit 268 livres, ce qui nous donne un total général de 3.886 livres 2 sols 2 deniers.

40 Administration municipale. — L'administration municipale de la commune de Sainte Sabine, élue conformément aux décrets de l'Assemblée nationale des 31 janvier et 4 février 1790, était composée comme suit :

Maire : Lantourne, curé de la paroisse.

Procureur de la commune : Bergougnat (Pierre).

Officiers municipaux : Veyssy (Antoine), Bouscaillou (Jean^, Blanche (Michel), Marnier (Jean), Jacquet ^Jean).

Notables : Bigot (Pierre), Rhodes (Jean), Armand (Michel), NouAiLLE Jean), Couleau (Jean), ("iROUFEier ((iuillaume), Brousse (Guiral), Pralong (Jean), Bigot (Pierre), Cau- NiÈRE (Jean), Claveille (Jean), Nouaille (Pierre).

Secrétaire greffier : Rivière (Pierre).

Le curé maire fait les plus grands éloges de ses différents collaborateurs: «Tous ceux qui composent la pré>ente municipalité, écrivait-il aux administrateurs du district, sont rempli de zèle pour leur devoir, tous gens de probité; si plusieurs de .ses membres étaient mieux instruits, il ne resterait rien à dé.sirei d'eux. »

>rrNiriPAi iTE de saixte sabixe 213

50 Hôpitaux e' bureau de bienfaisance. — Point d'hôpital, point de bureau de bienfaisance cà Sainte Sabine. Point de fonds pour le soulagement des malheureux. Quand quelque habitant pauvre tombe malade, il est secouru par les particuliers.

6° Besoins et reclanuitions. La commune de Sainte Sabine pos-édait de nombreu.x chemins ; mais ces chemins, construits sur de-; terrains dt^pourvus de pierre, mal pavés ou même non pavés, étaient » très difficiles », surtout l'hiver. Le curé maire

FiCx. 42.

Joseph Lantourne, curé,

mniro de Sjiinle Snbine. "

Lantourne accuse sur ce point « l'inaction ou l'indifférence des propriétaires » et il ajoute : <( Il ne faudrait que la main de l'ouvrier pour les rendre praticables. >

Située en pays plat et à une altitude peu élevée, la commune de Sainte Sabine, comme celle de Saint (iermain du reste, était très sujette aux brouillards qui « ravagent les bleds ju.squ'à leur maturité ». Le sol était assez fertile en général; mais il y avait, çà et là, quelques terrains plus ingrats qui ne produisaient qu'à force de travail.

La principale récolte de la commune de Sainte Sabine et de celle de Saint Germain, son annexe, était le blé. Aussi, quand le blé manquait « tout était perdu » : c'était la disette, la pauvreté, quelquefois la misère. Il n'était pas alors question des pruniers, qui enrichissent aujourd'hui la commune.

§ 5. - Mu.xiciPALiTÉ DU Bel.

Le Bel, aujourd'hui simple village de la commune de Sainte Sabine, était, au moment de la Révolution, le chef-lieu d'une paroisse indépendante, la parois.se du Bel de Roquepine ou, tout .simplement, paroisse du Bel. Elle était située au nordouest de Sainte Sabine, au sud-ouest de Xojals et de (lottes.

lo Population. — Le Bel était une paroisse de peu d'étendue : elle ne possédait que 242 habitants. Sur ce nombre, il y avait : a) 60 citoyens actifs, payant un impôt au moins égal à trois journées de travail; h) 12 citoyens éligibles aux municipalités, district et département, payant au moins dix journées de travail; c) 4 citoyens éligibles à l'Assemblée nationale, payant une contribution d'au moins 53 livres 9 sols

2 deniers.

2° Mendiants et bâtards. — La municipalité du Bel comptait

3 pauvres, mendiant leur pain. Il y avait, en outre, 49 autres

Cludy- c::^CXVCfA ^t^ouoe^

FiG. 43.

Audv Laval Dubnusquet, maii-e île Bel.

pauvres qui ne mendiaient pas, mais qui étaient dénués de toutes ressources autres que celles que leur procuraient leurs bras. Dans le rapport des officiers municipaux, il n'est pas question de bâtards : il est probable que, comme dans la commune de Born, il n'y en avait pas.

30 Situation des familles. — Il existait dans la paroisse du Bel 68 familles, dont 23 dans le village du Bel proprement dit et 45 dans les trois villages de Larocal, Lespinasse et le Suquet, qui se sont séparés du Bel. Sur ce nombre, il y en avait 26 qui n'étaient pas propriétaires : 6 dans \v Bel jMopnMiient dit et 20 dans les trois villages séparatistes.

40 Administration municipale. — L'administration municipale de la commune du Bel, élue le 9 mai 1790, était ainsi constituée :

Maire : Laval Uubousquet.

Procureur de la commune : Monnikk (Armand).

Officiers municipaux : Boucher (Pierre), Hkiam) (Bertrand).

MUNICIPAIITl': Dl' BEL 215

Notables : AuROux (Jean). Pknical (Pierre) père, Bous- CAiLi.oi' (Jean), Moxxier (Henry) père. Secrciiiire greffier : Pknical.

50 Garde nationale. — La garde nationale du Bel n'était que de quinze hommes. Elle formait une compagnie, que commandait sous le titre de colonel (un colonel pour quinze hommes !) Antoine Boucher. Avec les villages de Larocal, de Lespinasse et de Suquet. qui se sont séparés du Bel, il eût été facile de faire une deuxième compagnie. Mais les hommes de ces trois villages étaient incoi-porés dans la garde nationale de Sainte Sabine.

6° Impositions. — Les impositions de 1789 différaient très peu. les impositions principales tout au moins, de celles de 1788. Les \'oici en détail :

Taille 506 ^ » )

6 ' p"" L 12 tf 1 3 ^" > 520 " 13'-" »

Quittances 2^1- » )

Impositions accessoires 306 * »

4' p"" L sfr 2 ' /

Capitation 279"^ » ik ~^ ^

Total 1.115^ 8 ■; »

Vingtièmes de la taille 565"^ 13 •< 6*

Total général.... i.68i«^ i •' 6»>

A ce chiffre, il convient d'ajouter les impositions supplémentaires payées par les anciens privilégiés. Elles provenaient de deux cotes : la cote de M. Brassât, ci-devant seigneur, s'élevant à 116 livres 19 sols; la cote de M. le Curé du Bel, montant à 6 livres 9 sols. En tout : 123 livres 8 sols qui, ajoutés aux contributions ci-dessus, donnent, pour les impositions recueilHes dans la paroisse du Bel, un total général de 1.804 livres 9 sols 6 deniers.

70 Œuvres de bienfaisance. — La commune du Bel ne possédait ni hôpital, ni bureau de bienfaisance, ni dépôt de mendicité.

8° Biens ecclésiastiques, revenus de la cure. — Les biens ecclésiastiques du Bel consistaient en : a) une maison presbytérale et deux granges, le tout bâti en bois et tombant en ruines;

216 I,F.S DKnrTS DF I.A RKVOI.rTIOX

6^ environ douze poignerces de fonds en terre et en prés et, en plus, le jardin qui est de la contenance d'environ une poignerée et dont les curés du Bel ont toujours joui, mais sans aucun titre.

Les revenus de 1789 se chiffrent comme suit :

Bled froment loi quartons (à 3»^ 16 •<)

Avoine i quarton (à » 30 '>)

Orge I quarton (à » 40 <)

Le tout, mesure de Beaumont qui, suivant le prix de chaque espèce de grains, forme une somme de 387 livres 6 sols.

A ces revenus, il faut ajouter le vin et le blé d'Espagne. Mais cette récolte, à l'époque où l'état précité avait été fourni, était encore sur pied et, de ce fait, n'avait pu être évaluée.

Il convient d'y ajouter encore les revenus de la paroisse du Pic qui était, à cette époque, une annexe du Bel. Ils devaient être très médiocres, la paroisse du Pic étant très peu importante.

Comme on le voit, la paroisse du Bel, en raison même de son peu d'étendue, était pauvre et ses revenus très limités. Son maire, M. Laval Dubousquet, avec son ambition personnelle, servie du reste par une belle intelligence et une sérieuse instruction, s'y trouvait à l'étroit. Il rêvait, pour ses faits et gestes, d'un théâtre plus vaste et voilà pourquoi il avait conçu, pour remplacer le Bel, la construction d'une « église aux environs de Larocal », autour de laquelle se seraient groupés en une grande paroisse, la paroisse du Bel tout entière, les trois gros villages séparatistes de Larocal, du Suquet et de Lespinas.se, le bourg de Nojals, Saint Ciermain, Faurille, Saint Léon et au.ssi le bourg de Sainte Sabine, dans le cas où cette dernière paroisse .serait restée en Périgord. Dans cette parois.se nouvelle, disait Laval Dubousquet. les endroits les plus éloignés .seraient aussi près de Larocal que Larocal l'est de Sainte Sabine, .soit environ une demi-heure de chemin. Il ajoutait que la con.struction de l'église à J-arocal ne coûterait rien à la nation, les matériaux de démolition des autres églises et des presbytères devant être plus que suffisants pour cela. Et enfin, faisait-il observer, l'Etat réaliserait nue économie considérable en supprimant, on même temps (|ue

MIMCIPAI ITK Dr nKI. 217

t]iKitre ou cinq paroisses, les pensions ciu'il devrait faire plus tard à leurs desservants.

Hélas ! le rêve de Laval Dubousquet devait rester à l'état de rêve. La commune de Sainte Sabine, rattachée au département de la Dordogne. \ it accourir à elle les trois villages séparatistes de la paroisse du Hol. et la paroisse du Bel elle-même, supprimée par arrêté de l'administration centrale, fut incorporée à la paroisse qu'elle prétendait englober.

9° Besoins et réclamations. — La commune du Bel est desservie, en général, par des chemins assez bien entretenus. Mais il en est un qui fait exception : c'est le grand chemin qui conduit au port de Couze, en passant par Naussannes. Il ne faut pas songer à s'y engager en temps de pluie : il est absolument impraticable. Les habitants demandent instamment qu'il soit pavé jusqu'au bourg de Naussannes, ce qui leur permettrait d'aller de temps en temps à Couze, le seul « port de rivière » qu'ils aient pour l'écouement de leurs denrées et pour leur approvi.sionnement dans les années de disette.

A propos des réclamations de la commune, M. Laval Dubousquet revient sur la demande de la municipalité du Bel tendant au rattachement à leur paroisse des trois villages qui s'en sont séparés aux élections dernières : Larocal, le Suquet et Lespinasse.

Il raconte, d'abord, ce qui s'est passé à l'élection des municipalités :

<( La paroi.s.se du Bel, dit-il, voulant former sa municipalité, s'assembla devant un olificier de justice du lieu, le 7 mars dernier, et fit, devant cet ofïicier, qui dressa procès-verbal..., un acte d'invitation aux habitants desdits villages de Larocal, Suquet et Lespinas.se pour se rendre, le 15 dudit mois, dans l'église du Bel, aux fins de procéder, avec les habitants de la j)aroisse, à la nomination des officiers municipaux, lequel acte leur fut signifié le 8 par Daugié, .sergent ordinaire, lesquels ne voulurent pas se rendre à cette invitation.

» Ladite administration du Bel réitéra son invitation aux habitants des dits villages, le 11 juillet dernier, pour prêter le

2I(S LES DÉBUTS DE I.A RltvOLUTIOK

serment civique devant la municipalité du Bel, ce qu'ils ont encore refusé.

» La paroisse du Bel a cru être fondée à réclamer Icsdits villages pour être unie à la municipalité pour plusieurs raisons : jo en vertu des articles 2 et 4 du décret de l'Assemblée nationale (lu 4 mars 1790; 2» parce que les villages sont, en réalité, de tout temps taillables du Bel et que les impositions sont confondues ensemble sans distinction; 3» parce que la paroisse de Sainte Sabine est divisée dans trois juridictions différentes, dont toute la partie taillable du Bel est de la juridiction de Cugnac, l'autre partie taillable de la paroisse de Glottes, de la juridiction de Puybeton, et l'autre partie taillable de la juridiction de Villeréal en Agenais; 40 que l'église de Sainte Sabine est située dans r Agenais, de la juridiction de Villeréal, mais sur la limite du Périgord, puisque le chemin qui fait la division des deux provinces longe les murs de l'église, etc.

» Pour toutes ces raisons et les convenances locales et pour les rapports d'intérêt, la municipalité du Bel se croit fondée à réclamer les villages de Lespinasse, Larocal et le Suquet, comme le tout de son taillable, pour être unie à leur communauté. »

Et il ajoute :

» Cette réclamation est d'autant plus juste que le curé maire de Sainte Sabine cherche à se séparer du canton de Beaumont pour unir sa paroisse à celui de Villeréal, malgré que cette paroisse ait voté à Beaumont dans toutes les assemblées, tant primaires que autres, qui se sont faites. Cette union à l'Agenais serait un préjudice, soit au.\ habitants, soit au département du Périgord, en amoindrissant l'étendue de son territoire pour agrandir à ses dépens celui de l'Agenais, dont l'étendue est déjà assez vaste. Et, en unissant lesdits villages au Bel, ce serait le moyen de conserver cette partie du Périgord, et si l'autre partie était unie à Clottes, l'Agenais ne pourrait alors proliter, sur Sainte Sabine, que de la partie qui se trouve sur son territoire;

» C'est avec toute confiance que les exposants (le maire et les officiers municipaux du Bel) espèrent de la jiistice de MM. les

MrNiriPAi.iTK DP r.oKN \w Roori'PixK 219

OtTiciers du département du Périgord, l'adjudieation de leiu-s réclamations, etc. »

On sait, pour l'avoir vu plus haut (p. 216), ce qu'il en advint. La commune du Bel qui voulait absorber la commune de Sainte Sabine fut ab.sorbce par elle. Le Bel n'existe plus aujourd'hui qu'à l'état de village. De son ancienne parois.se, de son ancienne municipalité, qui ne dura que quelques semaines, il ne reste rien, pas même le souvenir !

Quant à Laval Dubousquet, la commune du Bel étant supprimée, il fut du même coup supprimé comme maire. Mais son ambition survécut, tout aussi ardente et tout aussi active. Elle changea seulement de théâtre. Le ci-devant maire du Bel s'adressa aux électeurs de la commune du chef-lieu de canton qui, successivement, relevèrent aux plus hautes dignités. Nous le retrouverons donc plus tard à Beaumont, sous la Convention et sous le Directoire.

^6. — Municipalité de Born de Roque fine.

La commune de Born de Roquepine, qui est devenue plus tard la commune de Born de Champs ou, tout simplement, la commune de Born, se trouve située au sud-est de celle de Sainte Sabine, tout à côté de la limite du département. Quoique appartenant pour la plus grande partie de .son étendue à l'ancienne province du Périgord, elle avait une partie de son territoire dans le département du Lot-et-Garonne, d'où l'exprcs-sion qu'on rencontre fréquemment dans les documents de l'époque : la municipalité de Born, mi-partie en A gênais.

jo Population. — La population de Born de Roquepine, à la date du 12 septembre 1790, se composait d'environ 300 âmes '( tant d'hommes que femmes et enfants, y compris les domestiques ", comme écrivait le citoyen Lespinasse fils, qui exerçait à cette époque les fonctions de secrétaire greffier.

2^ Mendiants et bâtards. — La municipalité de Born comptait 12 pauvres, allant mendier leur pain. Il n'y avait aucun enfant naturel en 1790 : « Les bonnes mœurs régnent à Born,

écrivait à l'administration le maire, M. de Choisy, il n'y a point de bâtard ».

30 Situation des familles. — On comptait à Bofn 54 familles : 46 étaient propriétaires, 8 seulement non propriétaires.

40 Impositions. — I.a paroisse de Born, en 1789, payait les impositions suivantes :

Taille ou imposition principale 928^ » »

Impositions accessoires 3^1*^ » »

Capitation .512^ » »

Vingtièmes 509''' 2 •^' 4'^

Total 2.510* 2 > 4

auquel il faut ajouter, pour les six derniers mois, le rôle supplémentaire des anciens privilégiés, condamnés maintenant à payer l'impôt comme tous les autres citoyens. Cet impôt supplémentaire s'élevait à la somme de 322 livres i j sols, ce qui représente, pour les impositions de la commune, un total général de 2.832 livres 15 sols 4 deniers.

Remarquons, en passant, que la parois.se de Born n'avait (]u'un tout petit nombre de privilégiés :

(i) Le seigneur de la paroisse n'y possédait que des rentes, pour lesquelles il fut imposé à la somme de 61 livres 13 sols.

h) Le citoyen Delespinasse {sic), procureur du roi à l'élection de Sarlat, ne jouissait de privilèges qu'en rai.son de sa charge; il lut coté à la somme de 38 livres.

c) Le curé de la paroisse fut inscrit sur le rôle des privilégiés jKiur la somme de 50 livres.

d) Enfin un certain nombre d'autres, dont le nom n'est même pas indiqué, payaient ensemble 17 ; li\res.

Ces fjuatre cotes supplémentaires, additionnées ensemble, donnent une somme globale de ^]2.i li\ies 13 sols, chiffre indi(iu('' ])lus haut.

40 Administration municipale. ■ — \'oici (lucllc ('tait, (^i 17Q0, l'administration de la commune (\c Hoiii : .Maire : M. de Ciioisv.

Procureur de 1(1 commune : {'wsiiiiv. (Jean).

MiNU U'Ai I 11': i>i; HOKN ni; koquepink 221

Officiers municipaux : EscoDi'xA (i)i: Lamkkk.li:). Souffli:ïeau (Henry).

Xotdbles : Lantoikni-: (Arnaud), ("osTic (Bartlu'lcin\) DiBrc curé de la paroisse, Lacazk (.Jean), Brousse (Jean), CiARRiGiE (Alexis).

Secrétaire greffier: Lespinasse.

Les charges municipales de la commune de Born étaient peu élevées. Appelés par le district, le ii mars 1792, à établir l'état de leurs dépenses communales, les officiers municipaux se réunirent en séance et, après délibération, proposèrent les chiffres suivants : i» pour l'entretien et les réparations du presbytère, 20 livres; 2° pour le loyer du lieu ordinaire des séances, ils ne demandent rien: ils se réunissaient le plus souvent, toujours peut-être, dans l'église qui était un bâtiment communal ; 3" appointements du secrétaire greffier, 36 livres, soit 3 livres par mois, 2 sols par jour; 4° pour fourniture de papier, bois de chauffage et lumière, 6 livres; 50 pour traitement du receveur de la communauté pour la perception de la contribution foncière, 38 livres, 2 livres de plus que pour le secrétaire greffier. Au total, 100 livres par an : c'était, comme on le voit, une somme bien modeste !

5" Garde nalioiiale. — La garde nationale de Born ne forme qu'une compagnie forte de 55 hommes. Elle est commandée par un capitaine, le citoyen Rhodes.

La garde nationale fut organisée, à Born, le 6 juin 1790. M. de Choisy, maire, avait rassemblé ce jour-là tous les hommes de bonne volonté qui consentaient à entrer dans la compagnie de Born de Champs. ^'^^' 44- Cinquante-cinq citoyens, venus de tous ^'^ citoyen ciioisy,

iiijiire Mo B'irii de Hocincpinc.

les points de la commune, avaient répondu à son appel. Il fut d'abord procédé à l'élection d'un capitaine par la voie du scrutin individuel : tous les suffrages se portèrent sur M. Rhodes lils, du village de Fonqueyrade, qui fut immédiatement proclamé par le maire. Les Officiers mu-

nicipaux et toute l'assemblée, « voyant la grande unanimité avec laquelle la première élection avait été faite », on décida que les autres nominations auraient lieu par acclamation « afin d'accélérer l'ouvrage ». Furent élus, et toujours à l'unanimité : comme lieutenant, le sieur Lespinasse, de Champs; comme sergents, les sieurs Lespinasse cadet, de Champs, et le sieur Moliérac, du village de Fonqueyrade ; comme tambour, le nommé Pierre Vergine, du village de Champs ; comme porte-enseigne, les nommés Jean Caunière et Pierre Caunière frères. Jean Caunière porterait le Drapeau de la Nation; à Pierre Caunière serait confié le Drapeau de la loy martiale.

I-a compagnie ainsi constituée, le maire, avant la séparation de l'assemblée, prévient tous les gardes nationaux qu'ils auront à prêter le serment civique et il leur indique le jour de mercredi 14 juillet prochain, pour cette cérémonie.

Au jour fixé (14 juillet 1790), la municipahté se rend en corps à l'église paroissiale « pour y célébrer, en conséquence des ordres du Roy et de l'Assemblée nationale, la cérémonie indiquée pour ce jour )). La compagnie de la garde nationale se rend, elle aussi, à l'église «en bon ordre, commandant M. Rhodes, capitaine», f^a messe, dite par M. Dubuc, curé de la paroisse, a commencé à II heures précises. A l'issue de la messe, les deux porteenseigne s'avancent vers l'autel et les deux drapeaux sont bénits par le curé. Cela fait, le citoyen Lamérigue, premier officier municipal, lit à haute voix la formule du serment décrétée par l'Assemblée nationale. Puis tous les gardes nationaux, individuellement, prêtent le dit serment par ces mots : Je le jure, qu'ils ont prononcé d'une voix forte. Après les gardes nationaux, tous les citoyens prx3sents à la cérémonie, chacun à son tour, prêtent serment dans les mêmes termes.

La garde nationale de Born se fit toujours remarquer par sa bonne tenue et son ardent patriotisme. Ouelques jours après leur prestation de serment, le zj juillet ijqo, tous les citoyens faisant partie de la compagnie se réunirent, sous la conduite du capitaine Rhodes, pour témoigner de leur dévouement à la nouvelle constitution et donner leur adhésion au décret de l'Assem-

MrNICIPALlTK 1M-: HORN DK KOQUEPINE 223

blée nationale qui ordonnait » une fédération générale des gardes nationales et des troupes de ligne du royaume ». Or, comme les limites des deux départements de la Dordogne et du Lot-et- (iaronne n'étaient pas encore nettement fixées, et qu'ils ne savaient à quelle assemblée de district (ou Belvès ou Montflanquin) ils devaient envoyer leurs délégués pour apporter cette adhésion, ils se décidèrent, ne voulant à aucun prix laisser suspecter leurs sentiments patriotiques, à voter la déclaration suivante {Arch. municipales, i^^" Cahier, p. 43) :

«Déclarons que l'époque du 14 juillet sera éternellement présente à notre mémoire; que, ne pouvant nous réunir avec nos frères pour en célébrer l'anniversaire, nous partageons leur enthousiasme. Tous nos cœurs seront présents à cette auguste cérémonie, pour y prêter le serment d'union et de fidélité, dont nous déposons ici les termes : Nous jurons sur l'autel de la patrie et en présence de l'Etre suprême, de maintenir de tout notre pouvoir la constitution du royaume; d'être fidèles à la Nation, à la Loy et au Roy, d'exécuter et de faire exécuter les décrets de V Assemblée sanctionnés par le Roy. Nous jurons de maintenir le pacte fédératif qui sera arrêté par nos frères, de rester à jamais unis par les liens de la plus étroite fraternité et de concourir de tout notre pouvoir au maintien du bon ordre et de la liberté publique. »

6° Revenus de la cure. — Au sujet des revenus de la cure de Born de Roquepine, j'ai trouvé aux Archives départementales de la Dordogne un extrait des registres de la municipalité, qui nous fixe nettement à ce sujet. Je le reproduis textuellement : Le 1^^ septembre 1790, le curé de la présente paroisse a remis à la municipalité l'état qui suit :

Etat de ce que j'ai perçu de la disme et du pris de l'enclos de la maison presbytérale de la présente paroisse de Born de Roquepine

jusqu'au 30 avril 1790.

i" Un cochon de lait, mangé à ma table;

z" Pour un agneau, 3 francs;

3" Sept quintaux de mauvais foin;

4« Soixante-trois piles de paille, 63 francs;

3" Sept cartons deux picotins de fèves;

224 LTS DKHUTS DK J,A RÉVOLUTION

6" Un carton deux picotins de gisses;

7" Deux picotins de pois;

8° Deux picotins et demi de garousses;

c)0 Quatre-vingt-seize sacs et demi de hlrd fin; lo" Six sacs et demi de bled second, fort sale; II" Un sac et demi d'avoine;

12" Trois picotins d'orge (le tout mesure de Villeréal); 13" Environ deux (un mot illisible) de seigle '.

J'ai fait des dépenses que je porterai à compte à la iin de la perception du revenu de mon bénéfice.

11 est dû des cochons et des agneaux.

A Born, le 30 août 1790.

Sif;nc : Duuuc, cure.

Par nous expédié :

Lespinasse, secrétaire.

A j)ropos des dîmes de la j)aroi.sse de Boni, le maire, M. de Choisy, écrivait au district, le 31 août 1790, la lettre suivante :

« ... Si l'état ci-joint du revenu de la dîme de notre paroisse perçu jusqu'à ce moment (il s'agit très probablement de l'état ci-dessus) ne suffit pas, nous serons exact à vous en fournir un autre, tel que le directoire pourra le désirer. Il pourrait être utile de vous faire connaître que le prix du sac de blé (mesure de Villeréal) est, dans ce moment, de 15 à 16 livres, celui de l'avoine de 7 à 8 livres. Nous pourrons entrer dans un plus grand détail quand nous enverrons l'état tout entier.

» La dîme se perçoit, dans notre paroisse, sur tous les fruits (luelconques qui sont décimables, au treizième. La tradition assure que la paroisse de Born a éprouvé plusieurs injustices à cet égard.

)) La dîme .se perçoit également sur les cochons et sur les agneaux.

» Il n'y a point de dîme inféodée - : les curés de Born ont toujours joui par eux-mêmes. Le curé de Born a cru jusqu'à

1. A noter e|iic le vin n'est p;is mi.lii|ue : il n"cst pas oncoïc leoilté. Mais en postscriptuni je lis : vin, année commune, 12 barri()iies; cette année, environ (> baniiiiies : bleii irHspagtic tie ■?8 à .|6 i]uarti>ns ; clian\re, tic 60 à 80 livres.

2. (^)n désignait ainsi les ilimes (|ui étaient perdues au profit îles laïques, par opposition :i celles ipii allaient au elergé et qui étaient .ippelées ilinies eeelésiasliques

XlNKirAlirH HK lîOKN l>l- KOOIKPINE

-tn :

présent i|uc les londs déclares par la inunicipalité coiuiiu- nationaux .ippartonaiont à M. Blan/.ac et, en consécpience, il n'a pas rendu compte du revenu cpi'il a per<;u dans ledit fonds.

Chois V, maire .

Nous rcNiendrons sur les dîmes de Born à propos du culte (voy. t. II, Culte).

70 Œuvres de bienfaisance. — La communauté de Born de Rocpiepine n'avait ni hôpital, ni hospice, ni dépôt de mendicité. Elle possédait pourtant un revenu annuel de 171 livres 16 sols»- 9 deniers, destiné à des œuvres de bienfaisance. Ce revenu piovenait : i» d'une rente constituée de 1.200 livres, placées en partie sur divers particuliers; 2° le restant était placé sur les États de Bretagne et produisait un revenu de 118 livres 8 sols 0 deniers. Les administrateurs de la commune se plaignaient généralement du retard que mettaient les États de Bretagne à envoyer cette dernière rente. Nous reviendrons plus loin sur cette rente, à propos de la bienfaisance communale (vo\\ t. II, chap. XIX).

8° Besoins et réclamations. — La municipalité de Born de Koquepine, contrairement à celles de Sainte Sabine et du Bel, ne réclame rien pour ses chemins : c'est une commune riche et il est probable que ses propriétaires les entretiennent convenablement.

Elle ne réclame rien non plus pour son église et sa mai.son presbytérale, qui .sont l'une et l'autre en bon état. Par contre, elle signale la situation lamentable de la <( grange du presbytère », qui menace ruine, et elle demande qu'elle soit entièrement reconstruite. Elle est vraiment peu exigeante sur cette question de réparations des immeubles communaux et je me plais à croire que l'administration du district s'empressa de lui donner satisfaction.

Les habitants de Born sont plus difhcilcs au sujet de la délimitation de leur commune : ils la trouvent trop petite et ils rêvent de l'agrandir. C'est singulier comme, à cette épocjue, nos

226 LES DÉBUTS DE LA KlhoLUTION"

petites communes rurales souffrent de l'exiguïté de leur territoire et ont le souci de s'étendre, chacune naturellement aux dépens de ses voisines. C'est Bourniquel, cherchant à se rapprocher de la Dordogne, en empiétant sur le territoire de Pontours. C'est Sainte Sabine, qui déjà s'était approprié Saint Germain, devenant comme un centre attractif pour de gros villages voisins dépendant des municipalités de Clottes et du Bel. C'est Le Bel lui-même, sous l'impulsion de son maire, Laval Dubousquet, rêvant de former une commune immense où auraient été englobés Xojals, Saint Germain, Faurille, Saint Léon et jusqu'au bourg de Sainte Sabine. La commune de Born de Champs, prise à son tour de cette sorte de fièvre endémique, se trouve à l'étroit, resserrée qu'elle est entre le district de Bergerac et le département du Lot-et-Garonne, et elle cherche à se donner de l'air en incorporant à son territoire, et sur tout son pourtour, un grand nombre de villages, dépendant de Saint Germain, du Bel, de Faurille, de Sainte Radegonde, de Naresse, etc.

Écoutons, à ce sujet, les doléances de la municipalité et de son maire, M. de Choisy (Arch. municipales de Born, i^^ cahier,

« La municipalité espère de la justice du directoire qu'il voudra bien prendre des mesures afin que l'église de Born soit conservée et, afin d'y parvenir et former un arrondissement raisonnable, elle a l'honneur de proposer à MM. les Administrateurs de s'accorder avec le district de Bergerac ^ pour qu'il cède à celui de Belvès la partie des paroisses de Faurille, de Sainte Radegonde et du Bel, qui se trouve en deçà du ruisseau de la Bournègue, ce qui fixerait d'une manière invariable les limites de deux districts, lesquelles ont le plus grand besoin d'être rectifiées, et bornerait la paroisse du côté du nord et du couchant.

» Du côté du midi, le grand chemin qui va de Villcréal à Ayssigeac (sic) fixerait encore les limites du département de la Uordogne d'avec celui du Lot-et-Garonne, qui sont aussi fort

I. Le district de Bergerac, par Issigoac et Faurille, venait prendre cutliTCt, sur le cote occidental de la comimme de Morn, avec le district de Belvès.

MiNu iPAi-mc Di' noKN Di-; KooiKiMM-: 227

indécises, et donnerait à la paroisse de Born partie de la paroisse de Xaresse, qui est dans le département du Lot-et-Garonne et qui est dans le cas d'être supprimée. Le département du Lot-et- (iaronne aurait le même intérêt de tixer ses limites et n'aura vraisemblablement aucune église depuis Born jusqu'à Villercal.

)' Du côté du levant, la paroisse confronte, en partie, avec celle de Sainte Sabine. Mais, comme ses limites sont très variables, la municipalité espère de la sagesse du directoire qu'il voudra bien prendre des renseignements pour les fixer à la satisfaction des deux parties.

» La paroisse de Saint Germain, qui est aussi au levant de celle de Born, pourrait lui être attribuée en partie pour compléter l'étendue fixée par les décrets. Il y a un chemin qui traverse le bourg de Saint Germain qui va droit à la Bournègue, ce qui ferait aussi une borne fixe et nous ramènerait au poînt d'où nous sommes party, qui est la Bournègue.

» Suivant cette démarcation, l'église de Born et la maison presM'térale se trouveront au centre d'une lieue et demy en tout sens, et contiendrait une population d'environ douze cents habitants.

» Le vœu des habitants sera satisfait, ainsi que celui de tous ceux qui sont renfermés dans ledit arrondissement : pas un ruisseau dont les fréquents débordements les empêchent d'aller aux offices divins dans leurs paroisses et les forcent à venir très souvent à l'église de Born, sans qu'ils éprouvent aucun obstacle que celui de la boue, qui est générale dans tous les environs. »

Somme toute, la municipalité de Born demandait à l'administration du district de Belvès d'étendre son territoire sur tout son pourtour, de façon à avoir pour limites : i» au nord et au couchant, le ruisseau de la Bournègue qui, à cet endroit, décrit une sorte de demi-circonférence depuis le village de Pincanelle jusqu'au bourg de Roquepine; 2" au midi, le grand chemin qui va de Villeréal à Issigeac, en traversant la Bournègue à Roquepine; 3'^ au levant, un autre grand chemin qui, venant du sud et se dirigeant vers le nord-ouest, traverse le bourg de Saint Germain et va droit à la Bournègue.

22S ir:s ni'.iuis Dr; i a ki':\ olution

("et le délimitation était certes pleine d'avantages pour la commune de Born, qui triplait ainsi l'étendue de son territoire, et dont la population passait de 300 âmes à 1.200, chiffre quatre fois supérieur. Mais un pareil agrandissement territorial de la commune de Born ne pouvait se réaliser qu'à la condition d'amoindrir d'autant les communes limitrophes de Saint (iermain, du Bel, de Faurille, de Sainte Kadegonde, de Naresse, et, si on avait donné suite à la requête de M. de Choisy, nul doute que ces cinq communes, si gravement lésées, n'eussent fait entendre des protestations aussi énergiques que légitimes.

Comme bien on pense, les propositions de M. de Choisy, maire de Born, en faveur de sa commune, rencontrèrent, auprès des administrateurs du district, le même accueil que celles faites quelques mois auparavant par M. Laval Dubousquet, maire du Bel, en faveur de la sienne. Plus heureuse cependant que la commune du Bel, qui fut supprimée, la commune de Born de Champs continua à figurer au nombre des communes du canton de Beaumont. Mais elle ne s'agrandit sur aucun point : elle conserva exactement ses limites anciennes.

§ 7. - Municipalité de Clottes.

f,o petit bourg de Clottes, aujourd'hui rattaché à la commune de Nojals, était au début de la Révolution le chef-lieu d'une paroisse indépendante qui, comme les autres paroisses, fut érigée en commune et appelée, à ce titre, à élire sa municipalité. Nous avons déjà raconté (p. 156) les divers incidents qui marquèrent cette élection, notamment la défection d'un certain nombre de villages qui se séparèrent de la commune de Clottes pour se rattacher à celle de Sainte Sabine.

1^ Population. — Par suite de cette défection, la commime de Clottes se trouva considérablement amoindrie. Mlle ne compta plus que 177 habitants de tout âge et de tout sexe. Sur ce nombre il existait 50 citoyens actifs, dont 38 éligibles aux municij)alités, district et département. Aucun ne payait une imposition sulnsante pour être éligible à r.Xsscmblée nationale.

MrNlCIPAI.ITl^ r>V. (• LOTTES

2" Mendiduts et batiinfs. — Le nombre des pauvres mendiant leur pain était relativement peu élevé : la commune était riche. Il y avait un seul bâtard.

30 Nombre et situation des familles. — La commune de Clottes comprenait vingt-neuf maisons, habitées par vingt-neuf familles, dont vingt-cinq ('taient propriétaires et quatre seulement non propriétaires.

40 Administration municipale. — L'administration municipale de Clottes, on le sait, fut élue conformément aux décrets de l'Assemblée nationale, le 14 février 1790. Elle était composée comme suit :

Maire : Durant (Jean).

Procureur de la commune :

Barriat (François).

Officiers municipaux : A.V- RIEL ((ieorges), (iorv ((ieorges).

Notables : Daugik (Jean), BouvÉ (Jacques). Secrétaire greffier : (iIraudel (Pierre).

Comme on le voit, l'administration est incomplète. Elle ne compte, en effet, que deux notables alors qu'il devrait y en avoir .six.

5" Garde nationale.

tx^iM^i^-'f^r^ — ■ — — La garde nationale de la commune de Clottes compre- ^^' ^^' nait vingt-cinq hom-

mes, groupés en une seule compagnie. Elle avait à .sa tête le citoyen "Pierre Marche, capitaine commandant. Cette compagnie était assurément très faible. Mais la commune, après la défection de .ses villages du sud, jie pouvait faire mieux : " Nous n'avons pu, écrivait le .secrétaire diraudel, former de régiment plus nombreux [sic), attendu fine la mimi-

Fio. 43.

Le citovon Jean Duiuut,

maire de CloUes

Le citoyen Pierre Giraudcl, secrplaire <Ip I.t iniinicipalili' île (;ioMes

230 LES DF.Bl'TS !)!•: LA Rf.VOLrTIOX

cipalité de vSainte Sabine nous a pris tovit l'arrondissemenl de notre taillable qui se trouve dans leur paroisse. Les vingt-cinq hommes que nous avons choisis se trouvent pour ainsi dire d'un âge avancé. Ils sont sans armes, ni personne pour en acheter, et qu'un vieux serviteur de Sa Majesté pour les enseigner aux armes. » Ce vieux serviteur de Louis XVI qui a bien voulu se charger de l'instruction de la garde nationale de Glottes est le citoyen Pierre Marche, capitaine de la compagnie. Mais on se demande comment il pourra bien, avec toute sa bonne volonté, les « enseigner aux armes », alors qu'il n'y avait aucune arme dans la commune.

ô'' Impositions. — Les impositions de la commune de flottes, y compris celles des villages qui dépendaient maintenant, au point de vue administratif, de la municipalité de Sainte Sabine, étaient les suivantes pour l'année 1789 :

Taille 743^ " »

Vingtièmes 773^ 14 •' 3^^

Frais de collecte 18''^ 1 1 < »

4 d. p"" livre 7* 10 < »

Droit de quittance 2"" » »

Impositions accessoires 450*^ » »

Capitation . 410"' » »

4 d. pf livre ô'f 16 < 8a

Total 2.411'^ ii« ii-»'

Le rôle des ci-devant privilégiés, pour les six derniers mois de l'année, s'élevait à 164 livres 17 sols.

En ajoutant cette dernière somme aux impositions des autres contribuables, on arrive à un total général de 2.576 livres 8 sols II deniers.

7" Biens ecclésiastiques, revenus de la cure. — L'état des biens ecclésiastiques de la paroisse de Glottes est établi par un procèsverbal de la municipalité qui, bien certainement, a été rédigé par Durant, huissier à Beaumont, et que je reproduis ici in extenso :

Ce jourd'hui, premier du mois de mars 1790, nous, officiers municipaux de la paroisse de Glottes, certifions nous être exprès transportés dans la maison presbytérale de la susdite commune où, étant et parlant à

MrXICIPAI ITK D1-: (MOTTES 231

M. Charles I,afargue. docteur en théologie, prêti^e et curé de la présente paroisse, l'avons prié et requis de tout présentement nous exhiber les lettres et papiers, de signaler tous les biens fonds et autres choses généralement quelconques appartenant et dépendant de la présente cure, lequel a fait réponse :

1° Qu'il jouit un pré au lieu appelé à Las Combes, dans la susdite commune de Clottes, que demoiselle Charlotte Gontaud de Biron a donné pour obit, moj-ennant une grand'messe tous les ans, lequel pré, de la contenance de deux poignerées environ, qui donne année commune S quintaux de foin, sans qu'il y ait aucun titre, ni M. le Curé n'en a jamais trouvé aucun; il a également joui sans aucun trouble.

2" Qu'il possède, en plus, une pièce de terre située au lieu appelé à la Vignotte, situé; dans la même commune, sur laquelle il a été placé 100 livTes pour former une somme de 5 livres de revenu annuel que feu M. Conquet donnait aux curés, ses successeurs, pour ycelle être employée au luminaire des dimanches et fêtes, et pour entretenir le pavé vaquant et les toits des closses (pour cloches). Monseigneur l'évêque, par app. au bas de laquelle, ordonna qu'à l'avenir le s"" curé donnerait la somme de 5 livres tous les ans à la fabrique pour être employée aux réparations de l'église ou pour le luminaire.

30 Le dit 8"^ curé possède en plus une pièce de terre située au tènement du Bos, dans la susdite paroisse de Clottes, de la contenance de six poignerées ou environ, pour le prix et somme de 100 livres, pour former un revenu annuel de la somme de 5 livres, que le même curé Conquet donnait à ses successeurs curés de Clottes, à la charge de dire douze messes par an. Monseigneur l'évêque, par app. au bas de laquelle, a ordonné que les messes seraient réduites au nombre de cinq'.

4" La maison presbytérale en assez bon état, où il y a une petite grange, étable et petite cour, avec un petit enclos ou jardin de la contenance de (pas indiqué).

Sans que nous ayons pu trouver autre chose appartenant à ladite cure, de tout quoi nous avons fait et dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ainsi que de raison et avons signé

Durant, maire.

B.\RRiAï, procureur de la coynmune.

(iiRAiiDEL, secrétaire.

La cure de Clottes, on le voit, ne comptait pas parmi les cures riches du canton : un pré minuscule produisant 8 quintaux de foin; deux petites pièces de terre grevées chacune de

I. Cinq francs pour 12 messes, cela mettait la messe à huit sous. C'était vraiment trop peu. Monseigneur estima qu'elles valaient, au moins, vingt sous chacune, et voilà pourquoi, modifiant les conditions du legs fait à ses successeurs par le curé Conquet, il réduisit à cinq le chiffre des mesees à dire.

232 LES DEBl'TS ]W. I. A RHS'Ol.rTION

5 francs de rente, un presbytère avec cour, grange et jardin, c'est tout ce que possédait le desservant. Il avait fort heureusement, pour vivre, les revenus de la dîme, mais ces revenus, eux aussi, étaient fort modestes :

32 sacs de froment, mesure de Beaumont

à 16"^ le sac 44^"

4 barriques de mauvais vin

à 15''^ la barrique 60"^

33 quartons bled d'Espagne

à 2 "^ le carton yo"

45 livres de chanvre à 8 sols la livre 18"

5 quartons d'avoine à 40 sols le (juarton 10"^

Si, à ce chiffre de 606 livres, nous ajoutons une somme de 30 livres représentant le revenu du pré et des terres susmentionnés, nous arrivons à ime somme globale de 636 livres. C'est peu pour subvenir aux dépenses quotidiennes de toute une année : cela faisait 53 livres par mois, à peine 35 sous par jour. Si ce n'était pas la misère, c'était la gêne, une grande gêne. Et l'on comprend que le pauvre desservant de Glottes, au milieu de ses privations, reportât quelquefois sa pensée vers ses collègues du haut clergé qui, sans rien faire, voyaient arriver à eux de très gros revenus, leur permettant de dépenser sans compter, de ne se priver de rien, de mener toute l'année une vie luxueuse.

Ajoutons que les évêques, chapitres et couvents n'avaient ))rohablement aucun revenu dans la commune de Glottes.

8" (linvres de bienfaisance. — En fait d'œuvres de bienfaisance, la commune de Glottes n'avait absolument rien. L'hôpital le plus voisin était celui de Beaumont. Mais les officiers municipaux de Glottes n'y avaient jamais envoyé de pensionnaires. Ici, comme ailleurs, la maladie frappait, chaque année, un certain nombre de pauvres : les habitants les plus ai.sés de la commune venaient à leur aide, les .soignaient, les nourri.ssaient et les entretenaient.

f)0 Mouvement séparatiste. — Nous avons déjà vu plus haut (P- 1.5^') n^'^' '^" moment (U^s ('kvtions municipales, en fé-

Ml'NiriPAI ITI^ DK (I.OTTrS 233

\rior 1700, un certain nombre de \illa,i;es du sud de la commune s'étaient séparés de Clottes pour se rattacher à Sainte Sabine, Ces villages sont ceux de Rieu de Pey, de Mayne Haut, des Marty. de Landion, du KoUe, de Périé, de Labatut, des (iuyaunoux et de La Peyrière. Le maire et les officiers municipaux de Clottes protestèrent naturellement contre une pareille défection que rien, à leurs yeux, ne justifiait. Mais leur voix resta sans écho. L'administration départementale laissa faire et les neuf villages sus-indiqués, quoique dépendant manifestement du taillable de Clottes, furent incorporés à la commune de Sainte Sabine, dont ils font encore partie aujourd'hui. Une pareille défection porta un coup mortel à la commune de Clottes. Ainsi réduite dans son étendue, elle diminua peu à peu d'importance et bientôt, subissant le sort de Gleyzedals sa voisine, elle fut rattachée à la commune de Nojals, qui figura dès lors, dans la géographie administrative, sous la désignation de commune de Xojals et Clottes.

iqo Besoins et réclamations. — La municipalité de Clottes, à peine formée, se plaignit de ses chemins et en demanda l'amélioration. Elle insistait tout particuHèrement sur le grand chemin qui allait d'Lssigeac à Montpazier, en passant au milieu du bourg ; " Il est absolument impraticable, écrivait le maire Durant aux administrateurs du district, notamment en temps d'hiver; pas un cheval, bœuf ou charette ne peuvent le suivre, attendu sa grande quantité de bourbiers; pas un homme non plus, à pied ou à cheval, ne peut s'y engager, de manière que les voyageurs sont obligés de pa.sser sur les fonds des aboutissants et cela porte un préjudice notable. »

Le chemin de Beaumont à Villeréal et celui qui conduisait de Xaussannes à Villeréal, bien que chemins royaux, étaient dans le même état et demandaient, eux aussi, une réparation des plus urgentes.

Après avoir parlé de leurs chemins, les officiers municipaux de Clottes appelaient l'attention des administrateurs du district sur le mauvais état de leur église : la voûte du sanctuaire menaçait ruine: les lambris, tout vermoulus, avaient besoin d'être

234 T.ES DEP.rTS DE LA REVOLUTIOX

changés. D'autre part, la toiture était grandement atteinte : il faudrait la refaire entièrement. On conçoit sans peine que ce n'était pas avec les lo livres de rente annuelle que le curé Coquet avait laissées à son successeur que celui-ci pouvait entretenir convenablement son église.

§ 8. - Municipalité de Rampieux.

Située au levant des communes de .Sainte Sabine et de ("lottes, la commune de Rampieux formait, comme aujourd'hui l'extrémité sud du canton. Elle confinait à la fois aux trois cantons de Montferrand, de Montpazier et de Villeréal.

10 Population. — La population était de 400 habitants, dont 80 dépendaient de la municipalité de Lavalade. Sur les 320 appartenant à la municipalité de Rampieux, il y avait : 53 citoyens actifs (payant au moins trois journées de travail à 12 sous l'une) ; 50 citoyens éligibles aux municipalités, district et département; 7 citoyens éligibles à l'Assemblée nationale. La commune de Rampieux, très fertile et bien cultivée, était relativement fortunée.

2° Mendiants et bâtards. — La municipalité de Rampieux, en 1790, comptait 6 mendiants ou pauvres : c'était peu, si l'on compare à ce chiffre celui de la commune de Saint Avit Sénieur, qui comptait 127 pauvres se livrant à la mendicité.

11 n'y avait, dans Rampieux, aucun bâtard.

3" Nombre et situation des familles. — Il existe à Rampieux 68 familles. Sur ce nombre, il y en a 51 qui sont propriétaires. Les 17 autres, tout en ne possédant aucune propriété, se livrent à l'agriculture : ce .sont des métayers ou bordiers. Il n'y avait pas de fermiers alors, dans la commune de Rampieux, tout au moins.

4'^ Administration municipale. — L'administration municipale de Rampieux, à la fin de 1790, était celle élue le 15 février de cette année. En voici le tableau :

Maire : Boyer (Jacques).

Procureur de la commune : Biiv (Jean).

Mrxirip.u iTi- iM' RAMrTFi'x 235

Officiers municipaux : Evmkky (joan), (iouvou (Pierre).

Notables : BouYSS^r (Pierre), Biu' (Jaeques), Caminadj-: (Jean). B(1rdi:rik (Jean). Boisserik (Antoine), X...

Secrétaire greffier : Rouchevrolle.

M. Trin. euré de la paroisse, qui avait été élu comme notable le 15 février, avait donné sa démission à la date du 22 octobre. i^(^(j\yf â"^ i^t C^ f--<^-^ Il n'avait pas été rem- ^

placé. ï"'^- 4 7-

-^ 7 !• I Le citoven Jacques Bnuvé,

^o Garde nationale. .aane ,1. u^npioux

— La garde nationale

de Rampieux compte 30 hommes, formant une compagnie. Elle est commandée par le citoyen Gay, capitaine.

60 Impositions. — Le rôle des impositions compte, pour 178Q, cent dix-huit cotes, donnant les chiffres suivants :

Taille 840 fr » »

P'rais de collecte 21 *^ » »

Quittances 2 "^ » »

Impositions accessoires 508"^ » »

Capitation 463" » «

Vingtièmes 766" 10 > 6 '

Total 2.600* 10 f 6'-

A cette somme, il convient d'ajouter le rôle supplémentaire de l'impôt qui frappait les privilégiés de la commune pour les six derniers mois de 1789 et dont le montant était de m livres 7 sols 3 deniers, ce qui nous donne, pour les impositions de l'année entière, le total général de 2.71 1 livres 17 sols 9 deniers.

Rappelons, en passant, les noms de ces anciens privilégiés de Rampieux qui, dispen.sés de l'impôt sous l'ancien régime, ont été appelés par la Révolution à prendre leur part des charges publiques. Ce sont : i^ de Montsec, de Beaumont, qui avait des terres dans la commune de Rampieux; 2^ de Laulanié, de Sainte Croix, qui avait quelques fonds dans Rampieux; 3° Durfort Boissière, ci-devant seigneur de Puybeton, qui, lui aussi, était

2)6 I.KS DÉBl'TS Di: LA RnVOI.rTION

propriétaire à Rampieux ; 40 enfin, le curé de la paroisse, M. Trin, pour les biens dépendant de son bénéfice. Nous allons voir quels étaient ces biens.

70 Biens ecclésiastiques, revenus de In cure. — La cure de Rampieux était relativement pauvre en maisons et en terres. Le curé Trin ne jouissait, en effet, que de la maison presbytérale, avec le jardin qui lui était attenant. C'était peu de chose.

En ce qui concernait les dîmes de la paroisse, elles appartenaient, non au curé, mais au chapitre de Sarlat, qui était, pour employer l'expression de l'époque, le gros décimateur de Rampieux.

Le chapitre de Sarlat se considérait comme étant le curé de Rampieux et voilà pourquoi il en touchait les dîmes. Le curé, lui, n'était pour ainsi dire que son vicaire perpétuel et, à ce titre, il recevait une partie des dîmes, mais une partie seulement, celle que le chapitre voulait bien lui octroyer. Or, ce n'était jamais la plus grosse part.

Voici exactement ce que toucha, poin^ sa jiart, le c\wô IVin pour l'année 1789 :

l'romenl :

Froment l'^f qualité 57 sacs 2 <niartons 1/2.

Froment 2*^ qualiU'' 8 sacs.

En plus :

Seigle 3 poignères.

Avoine \ poignères.

ICn plus :

Faille vendue ,\i« .

lui plus :

I fuit cochons de lait vendus o" 12 >.

L(;s contribuables de I^ampieux qui résidaient dans la commune de Lavalade fournirent de leur côté luie contribution de 25 sacs de froment, i (|uaiton de seigle, i (piarton d'aN'oine, deux cochons de lait cl une certaine (|uantit('' de |)aill(', x'endue y/) li\res.

MiNinrAi iTK i>F. lAHorgiTRiF, 237

8° Œnï'ns lie hicii/disaiiCi'. - - La coninmnc dv Kampicux, roninie ses voisines, n'avait aucune (t^uvre d'assistance.

q" licsoins et rcclamations. — La municipalité de Kanipieux fut appelée, comme toutes celles du canton, à envoyer au district un état faisant connaître ses besoins et ses réclamations.

Sa réponse est fort courte.

Elle no demande rien pour son église et sa maison presbvtérale qui, très probablement, sont en bon état.

Par contre, comme Sainte Sabine, comme Clottes, elle se plaint de ses chemins qui, n'étant pas pavés ou mal pavés, sont, pendant les mois d'hiver, boueux et impraticables.

Elle demande, notamment, que le grand chemin de «Beaumont à Biron » soit sérieusement réparé, «raccommodé», dit le secrétaire greffier dans son rapport. Ce chemin de Beaumont à Biron est vraisemblablement celui qui, partant du bourg de Rampieux, descend vers le Colombier, aboutit à Tourliac, passe à Parranquet, traverse le Dropt à Labrame et, de là, monte au château de Biron.

Elle demande au.ssi, comme extrêmement urgente, la réparation du chemin qui va de Beaumont à Montpazier en passant par Ivampieux, ce qui, dit le secrétaire greffier, permettra aux habitants de la commune de u transporter leurs denrées dans ces deux villes et, par Beaumont, dans tout le Pays bas ".

§ 9. - MrxK ii'.VLnÉ de r.ABOuyuF.Rir,.

La commune de Labouquerie (on écrivait autrefois La Bonqucrie ou La Boucarie) est située au sud-est de Beaumont, sur la rive gauche de la Couze. Elle avait pour annexe la petite paroi.sse de vSaint Sernin des Fosses '. Cette parois.se de Saint Sernin, comme Montcany, comme Saint (lermain, comme (ileyzedals et autres, a aujourd'hui disparu (voy. t. II, Culte).

I. f)ii écrivait indistiiictcmcnt Siiiii/ Crrniii nu Stiiiil Scruiii. Je préftTf cotte dernière orthographe, i|ui a l'avantage de rappeler l'étyinologie du nom : SiinrlHs Sdiurninus, Saint Saturnin ou Saint Sernin.

238 I.KS DÉHriS DE LA REVOLUTION

i^^ Population. — La population de .Labouqueric et de Saint Sernin, son annexe, s'élevait à 400 personnes de tout âge et de tout sexe. Sur ce nombre, elle comptait 65 citoyens actifs, dont 47 cligibles aux municipalités, district et département, et 7 élif(ibles à l'Assemblée nationale. La journée de travail, à Labouquerie, était fixée à 12 sols, comme à Beaumont et à Saint A vit. 11 suffisait donc de payer 36 sols d'impôt pour être inscrit sur la liste des citoyens actifs et 6 livres pour être éligible aux municipalités, district et département.

2" Mendiants et bâtards. — Labouquerie avait 14 ])auvres allant mendier leur pain. En fait de bâtards, le curé maire,

FiG. 48.

Jean Baptiste Flaujac, curé inairc île I,.'ib(iiiquorie

M. Flaujac, n'en parle pas : j'en conclus qu'il n'y en avait aucun dans la commune ou, s'il y en avait, qu'il tenait à les ignorer.

30 Nombre et situation des familles. — On comptait dans la commune de Labouquerie 227 familles, dont 124 pour la paroisse de Labouquerie proprement dite et 103 pour la paroisse de Saint Sernin. Sur ce nombre, il y avait : 79 familles de propriétaires; 26 familles de non-propriétaires et 122 familles de propriétaires forains. On désignait alors sous ce nom de propriétaires forains des personnes (jui n'avaient pas leur domicile dans le lieu où leurs biens étaient situés et où elles étaient portées au rôle des contributions. Ainsi M. de Chambard et M. de Montsec, qui, tout en résidant à Beaumont, avaient des terres dans la commune de Labou(iucrie, étaient pour cette dernière commune des propriétaires forains. On sera certainement étonné de voir à Labouquerie 122 propriétaires forains.

MiNK M'AI I n: Di: I.AItoryrKRIK 2J9

4^» Admiuistratiou numicipulc. L'adniinistratioîi munici-

pale de Labouquerie, élue le i'^'"' mars 1790, était constituée comme suit :

Maire : Flaujac (Jean Baptiste), curé de la paroisse. Procureur de la commune : Linarks (Antoine). Officiers municipaux : Kandonxier, Boisserie (Jean). Xotahles : Fabris, Estresse, Merle, Boucher et autre Merle \ X. . .

Secrétaire greffier : Xadal de Boivert.

50 Garde nationale. — La garde nationale de Labouquerie se composait de 60 hommes formant une compagnie. Elle avait pour u Colonel » le citoyen Pèrobe.

60 Impositions. — Le rôle des contributions de Labouquerie pour 1789 comprend deux cent vingt-deux cotes, dont cent quatorze pour la paroisse de Labouquerie elle-même et cent huit pour Saint Sernin des Fosses.

a) Impositions de Labouquerie :

Taille 400 '^ »

Impositions accessoires 243*^ » i-'iSy** 14^'

Capitation 280 '^ »

\'ingtièmes 364 " 1 4 -

b) Imposition'^ pour Saint Sernin :

Taille 250 " »

Impositions accessoires. . .. 151" » 74'" f> '

Capitation 150''^ »

\'ingtièmes 190" 6 '

Total 2. 029"^ »

Les anciens privilégiés de la commune ont été imposés, pour les six derniers mois de 1789, à la .somme de 222 livres, dont 114 livres pour Labouquerie et 108 livres pour Saint Sernin.

En ajoutant cette dernière somme à celle indiquée ci-dessus, on arrive à un total général de 2.251 livres. La commune de Labouquerie était une de celles qui étaient le moins imposées.

I. Le sixième notable, le citoyen Faure, mort en août dernier, six mois après son élection, n'avait pas été remplacé.

240 LES DÉIUIS 1)1-: I A Kl' \< M t • H()\

7" liiciis ecclésiastiques, revenus de la cme. -^ \x\ ciin'" maire, M. Flaujac, dans son rapport aux administrateurs du district, annonce l'envoi de sa déclaration au sujet des biens ecclésiastiques de sa paroisse. Cette déclaration, je ne l'ai pas trouvée : elle a été égarée sans doute.

En ce qui concerne les revenus de son bénéfice, il nous apprend que, conformément au décret de l'Assemblée nationale du 13 novembre 1789, il en a fait, en temps et lieu, la déclaration devant le s^ Matasse, juge de Molières, et il envoie au district une copie de cette déclaration. Je l'ai cherchée, comme la première, mais sans être plus heureux. J'ai, fort heureusement, mis la main sur un document qui me fixe nettement sur le montant des revenus de la cure de Labouquerie : ce revenu, pour 1789, s'élève à la somme de 809 livres 10 sols.

Nous reviendrons sur cette question à propos du cult(> (nov. t. II, Culte).

8" (liuvres de bienfaisance. — La commune de Labouquerie, à ce sujet, n'est pas mieux partagée que la commune de Rampieux : elle n'a ni hôpital, ni bureau de bienfaisance, ni dépôt de mendicité. Elle jouit, cependant, d'une gros.se rente con.stituée de 5.900 livres, que lui a laissée son ancien curé, M. Selves, mort en 1785, et dont le revenu, selon la volonté du testateur, doit être employé « au soulagement des pauvres de la paroisse ». Contentons-nous de mentionner ici ce legs généreux de ce bon curé de Labouquerie, ami et bienfaiteur des pauvres. Nous le retrouverons plus tard, soit à propos du couvent des Dames do la 1^'oy, soit à propos de l'hôpital de Beaumont et nous aurons alors à nous occuper plus longuement de cette somme de 5.900 livres qui, en ce moment, se trouve » placée sur le clergé de France ».

9" Besoins et réclamations. — Dans le rapport en\-o\é au district par les maire et officiers municipaux de Labouquerie, cette case est laissée en blanc : à l'encontre des autres comnnuK^s qui réclament beaucoup, ils ne réclament rien, ni pour leurs chemins, ni pour leur église, ni \w\\y leur maison j)resbylérale.

MrsuirAi II i': dp: naissanmcs 241

La commune la plus pauvre est encore celle qui a le moins de besoins ou. tout au moins, se montre la plus satisfaite.

§ 10. - Municipalité de Naussannes.

La commune de Naussannes occupait la partie occidentale du canton d-? Beaumont. Elle formait même sur ce point la limite du district de Belvès : elle confinait, en effet, au canton d'Lssigeac, lequel, comme on le sait, appartenait au district de Bergerac.

1° Population. — La population de la commune de Naussannes s'élevait, en 1790, à 649 habitants.

Dans ce chiffre se trouvaient compris : 1° 38 habitants de l'ancienne paroisse du Pic, qui faisaient partie de la municipalité et du taillable de Naussannes, alors que, «par les fruits décimaux et par la spiritualité », elle dépendait de la paroisse

FiG. 49.

Géraud du Tinet de Vilarzac

maire do N'imssanncs.

du Bel; 2» 159 habitants de Montcany qui, tout en payant leurs impositions dans cette dernière paroisse, faisaient partie de Naussannes « par la spiritualité et les fruits décimaux ». Comme on le voit par ce qui se passait à Naussannes, elle était loin d'être simple l'ancienne division territoriale de la France ! Il pouvait y avoir et il y avait en réalité des villages qui appartenaient à deux et même trois communes : à l'une, au point de vue administratif et politique, c'est là qu'ils votaient; à une autre, au point de vue financier, c'est au collecteur, de cette commune qu'ils payaient leurs impositions ; à une troisième au point de vue religieux et, pour employer le mot qui avait cours alors, « par sa spiritualité », c'est là qu'ils payaient la dîme.

Les 649 habitants que comptait la commune de Naussannes se répartissaient comme suit : 117 citoyens actifs (la journée I. 16

242 LES ni:nris di: i.a ki-:\(^i r i ion

de tra\ail était ici de 12 sols comme à Beaumont), dont 76 étaient éligibles aux municipalités, district et département et 10 éligibles à l'Assemblée nationale.

2« Administration mu)iicipalc. — \'oici (}ucl était, en octobre 1790, le tableau de l'administration de la commune de Naussannes :

Maire : du Tinet de Vilarzac ((iéraud), avocat.

Procureur de la commune : Vivien de Brassât (Bernard).

Officiers municipaux : Delbourg (Jean), Armand (Jacques),

Notables : Landa (Jean) sieur de Colombier, Falcou (Pierre), Jardel (Antoine), Borde (Jean) dit Père, Boucher ((iuilhaume), Borde (Guilhaume).

Secrétaire greffier : \'n'iEN aîné.

30 Garde nationale. — La municipalité de Naussannes avait mis sur pied, pour sa garde nationale, cent hommes qu'elle axait groupés en deux compagnies de cinquante hommes chacune. Elles étaient sous les ordres du citoyen Seurguier, capitaine, commandant. Le commandant Seurguier, qui était un parent des Seurgier de Falgueyret, habitait Gazelle.

La garde nationale de Naussannes n'était guère mieux partagée que celle des autres communes du canton. Elle avait bien des hommes (ils étaient 100), mais ces hommes étaient .sans armes, sans uniformes, sans drapeau et... sans tambour, licoutons là-dessus les doléances que le .secrétaire de la municipalité écrivait aux administrateurs du district le zz octobre 1790 : <' Les gardes nationales des paroisses pauvres .sont dépourvues de tout et c'est notre cas, et quoiqu'il se trouve quelques vieux .soldats en état d'enseigner l'exercice militaire, cela n'arrive que rarement, parce que tous les frais de ces a.ssemblées .sont aux dépens du commandant et des capitaines. Ces soldats sont sans uniformes, sans armes, sans drapeaux que celui de la loi martiale, et les compagnies sans tambour, car il en coûte trois Ii\'res et bien traite', celui (jue nous appelons pour les cérémonies indispensables ".

Ici, comme ailleurs, les fonctions d'oilicicr.s de la gai de iiati(j-

Ml NK iPAi I n; ni naissannis :r43

naU'. non .seulement n'étaient pas rétribuées, mais ell(\s (le\enaient coûteuses. Outre les tambours, qu'ils devaient pa\er et c- bien traiter » par-dessus le marché, il est vraisemblable que les rassemblements, les marches, les exercices ne se faisaient pas sans quelques libations, qui étaient naturellement à la charge du commandant. On conçoit que ce surcroît de dépen.ses, pour des othciers qui n'étaient pas toujours très fortunés, fût de nature à refroidir leur zèle, à espacer les exercices et à nuire ainsi à l'instruction de la garde nationale.

4*^ Impositions. — Le rôle des impositions de la commune tle Xaussannes pour l'année 1789 comprenait 181 cotes, dont 58 se rapportaient à des propriétaires forains. Ces cotes donnaient les chiffres suivants :

Taille 1 . 400 "^ » »

Impositions accessoires 846"^ » »

Capitation 850 " » »

Vingtièmes 900" 10 •< 8 ••

formant un total de ^-996"^ 10 < 8''

En y ajoutant le rôle supplémentaire des ci-devant privilégiés pour les six derniers mois, s'élevant à 621 "^ 14 < j. '•

nous arrivons à un total général de ^.6i9<* .| « lo^*.

La commune de Xaussannes, on le voit, se trouxait parmi les communes le plus fortement imposées.

5" Biens ecclésiastiques, revenus de la cure. — Je n'ai trouvé, à ce sujet, aucun document bien précis. Il est très probable que le rapport des officiers municipaux de Xau.ssannes sur les biens ecclésiastiques de la commune et les revenus du curé fut transmis au district de Bergerac, qui, comme nous le verrons plus loin, avait incorporé la commune de Xaussannes dans son ressort. Je sais seulement que le curé de Xaussannes jouissait d'un pré situé au fond du bourg, d'un jardin, de trois quartonnées de rocher ou friches situées au-dessous du dit jardin, d'une petite chêne vière et de l'ancien sol de la dîme.

Je ne suis pas fixé davantage sur les revenus du curé. Je crois, toutefois, que ces revenus étaient relativement considé-

LES DKHUTS Di: I.A Ki:\( )I. ITIOX

rables, puisque la municipalité de Naussannes demanda un jour que leur superflu (il y avait donc un superflu, alors que dans les autres communes les revenus des biens curiaux arrivaient à peine à faire vivre les desservants) fût employé à la réparation de l'église.

6° Œuvres de bienfaisance. — La paroisse de Naussannes, au xiii*^ siècle, possédait sur son territoire une maison hospitalière, annexe de la commanderie de Saint Nexans ou Saint Naixent (aujourd'hui commune du canton de Bergerac), où étaient reçus, comme dans les autres hôpitaux, les malades, les infirmes et les pauvres. Cette maison, probablement fort modeste, qui avait été l'objet d'un conflit, en 1289, entre le bayle de Beaumont et le prieur général des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem ^ s'est perpétuée au cours des siècles, et elle existait encore dans les dernières années de l'ancien régime. Elle portait même à ce moment-là le nom de Commanderie de Naussannes : elle l'était devenue sans doute, car primitivement, je le répète, elle n'était qu'une simple annexe de la commanderie de Saint Nexans. La commanderie de Naussannes, toutefois, n'était plus alors qu'une seigneurie ecclésiastique, qui dépendait de la commanderie de Condat et qui englobait la presque totalité de la paroisse : j'ai en mains un document remontant à l'année 1785, où .se trouve mentionné un certain nombre de rentes que Jacques Foussal et son meunier devaient payer annuellement à la commanderie de Naussannes.

Mais, depuis longtemps déjà, la maison des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem n'était plus un établissement hospitalier où l'on soignait les malades. Car, dans le rapport envoyé au district par les officiers municipaux de Naussannes, en 1790, je trouve les lignes suivantes : « Naussannes n'a ni bureau de bienfaisance, ni hôpital. L'hôpital le plus voisin est celui de Beaumont. Mais la commune ne lui a jamais envoyé de malades, soit adultes, soit cnlants ». Le signataire du rapport ajoutait qu'on comptait, à Naussannes, « dans le bas peuple » douze à

I. \'f)y. I.. Testlt, Z.: Bastide d<- B<\iiin:oiit en Pcris^otd, t. 11, p. 9.

MiNiciPAi riK ni-: xArssAXXKS 245

quinze malades par an et qu'ils étaient secourus par les u âmes hionfaisiintes » de la commune. Celle-ci ne possédait aucun revenu lui permettant de les assister.

La commune de Naussannes, tout en comptant parmi les communes riches du canton, était parcourue en tout temps par de très nombreux mendiants. Quelques-uns, sans doute, étaient domiciliés dans la commune. Mais il y en avait une multitude d'autres qui provenaient des communes voisines ou même de communes plus ou moins éloignées, ce qui s'explique par la situation du bourg de Naussannes à l'entrecroisement de très nombreuses routes (voy. plus loin).

7^ Besoins et réclamations. — La commune de Naussannes avait de grands besoins et nombreuses furent les réclamations que ses officiers municipaux adressèrent, en 1790, à l'administration du district.

Ils demandaient, tout d'abord, la réparation de la fontaine du bourg, laquelle « était malpropre et ne retenait pas l'eau ». Son bassin avait besoin d'être recon.struit, car pendant cinq ou six mois de l'année, il n'y avait même pas l'eau nécessaire pour pouvoir abreuver les bestiaux. De là la nécessité, pour les malheureux habitants du bourg, de les conduire au loin, si loin 'que « dans les excessives chaleurs, écrivait le secrétaire greffier, ils avaient autant de soif, revenus de l'abreuvoir, que quand ils partaient pour y aller ». Et il ajoutait : « Cette réparation est d'autant plus urgente qu'il n'y a dans le bourg que quatre puits, dont deux sont actuellement taris (nous sonmies en octobre) et les autres bien bas. »

[/administration municipale de Naussannes réclamait ensuite pour ses chemins. Elle faisait remarquer, avec juste raison, que le bourg est traversé par trois grandes routes : la route de Bergerac à Cahors, passant par Montpazier et Villefranche de Belvès ^ ; la route de Sarlat à Eymet, traversant Beaumont et

I. Cette route, au départ de Bergerac, se dirigeait vers Saint .\ubin de I.ant|uais, traversait le bourg, passait par Faux, par La Micalie et arrivait à Xaussannos. .\u delà de Naussannes, elle se dirigeait vers le sud, traversait successivement le village de Blanc, le bourg de Nojals, le bourg de Glottes et, par Lavalade, arrivait à Montpazier.

24^' I-KS DKIU'TS I)I'; LA Kl- VOI. VTIOX

Issigeac; et. enfin, la route de Couze à Agen par Villeréal, Montflanquin et Villeneuve (laquelle, entre Naussanne ; et Villeréal, devait passer par Le Coujoula, Larocal, Born do Champs et Rives). Toutes ces routes étaient très fréquentées par des charretiers et des voituriers qui, en raison du mauvais entretien de la chaussée « embourbaient souvent » avant, dans et après Naussannes. Il était de toute nécessité de réparer ces voies et de favoriser ainsi le grand trafic existant entre les différentes localités qu'elles desservaient.

Enfin, les habitants de Naussannes sollicitaient de l'administration centrale la création de douze foires, une chaque mois, à la date du 15. Elle demandait même une foire supplémentaire, qui serait tenue le 26 juin, le surlendemain de la Saint Jean, patron de Naussannes. Il est à peine besoin d'ajouter que ces foires ne furent jamais accordées.

Enfin, ils appelaient l'attention des administrateurs du district sur l'état précaire de leur église, qu'ils comparaient à « une ctable », et ils insistaient sur la nécessité de la réparer et même de l'agrandir, insuffisante qu'elle était pour la population d'une commune de 400 âmes : « elle était, disaient-ils, trop courte d'un tiers. » Ils .seraient très heureux si l'on voulait bien utiliser, à cet effet, le montant de la cotisation des six derniers mois de 1789 sur les ci-devant privilégiés, celui de la contribution patriotique et le superflu du revenu de la cure. Et ils ajoutaient que si cela était insuffisant, les paroi.ssiens « feraient leurs efforts » pour fournir le reste.

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