‹ La Petite ville de Beaumont en Périgord pendant la période révolutionnaireChapitre 64 sur 269 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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LA ME COMMUNALE A BEAUMONT sors LA CONSTITUANTE ET LA LÉCxLSLATIVE

Nous avons, dans les pages qui précèdent, raconté ce que furent à Beaumont les débuts de la Révolution. Après avoir assisté à la formation des communes, nous avons vu dans chacune d'elles les citoyens actifs courir aux urnes et, avec un ensemble touchant, substituer aux anciens corps municipaux des municipalités nouvelles. Nous allons, maintenant, voir ces municipalités à l'œuvre pour assurer dans nos populations rurales l'exécution des décrets de la Constituante et de la Législative. Nouveaux venus dans la carrière politique, ils se montreront peut-être au début un peu inexpérimentés. Mais ils seront toujours à la hauteur de leur tâche, soutenus par cette foi ardente que font naître en toute âme patriote les grandes révolutions sociales.

Nos Archives municipales et départementales nous ont fourni sur la Constituante et la Législative, des documents fort nombreux. Ils nous apprennent d'une façon suffisamment précise ce qui s'est passé à Beaumont durant les trois premières années qui ont suivi le mouvement de 1789 et nous permettent ainsi d'en écrire l'histoire.

Nous étudierons, tout d'abord, ce qui concerne les Affaires: politiques et administratives.

Nous envisagerons ensuite, dans quatre articles distincts, les Impositions, les Affaires nn'lilaires, les Affaires religieuses, les Subsistances.

Enfin, dans un sixième et dernier article, nous nous occuperons des Affaires de police et nous rappellerons, à ce sujet, les Troubles divers — peu graves du reste - — qui se sont produits à Beaumont pendant cette première période de la Révolution.

Nous avons vu plus haut (p. i?o), que les élections de février 1790 avaient substitué au corps municipal de l'ancien régime une administration nouvelle composée comme suit : Maire : Ters (Louis), officier de santé. Procureur de la commune: Melon (Pierre), bourgeois. Officiers municipaux : Loiseau (Benoît), maître -plâtrier; AuRiEL (Jacques), agricole; Audibert (Jean), feudiste ; Grenier (André), architecte; Delpech (Jean), bourgeois. Secrétaire greffier : Lab arrière, instituteur. A ces fonctionnaires de premier plan étaient joints douze notables, nommés aussi à l'élection, dont on trouvera les noms à la page 130.

Le maire, Louis Ters, officier de santé et apothicaire, habitait sur la rue Ramond la maison qui fait face à la troisième

traversière (maison de Lanauze aujourd'hui). C'était un homme intelligent, instruit, aux idées larges, très estimé de ses compatriotes.

Né en 1738, il était, en 1789, âgé de cinquante et un ans.

Déjà, sous l'ancien régime, il avait eu plusieurs fois la charge du consulat et, quand éclata la Révolution, il remplissait encore, M. Jacques Poussai de Belerd étant maire, les fonctions de premier consul.

'fijWil^

FiG. 50.

Lmiis Ters, olficifr de saiilé, nOiniiK' inairo.

MO

FiG. 51,

Pierre Melon, bouigcois,

iionniu' |)i-OClii'Cur ilr 1.1 CoiiiniiiiiP.

Pierre Melon était originaire de la paroisse de Montant près Issigeac, on il était né, en 1742, de Pierre Melon sienr de Crozes et de Sabine \'igier, bourgeois (voy. p. iji). Appelé à BeanniDUt par une de ses tantes, Catherine Melon, épouse Jean Lassudrie, il s'y maria, en 1778, avec Mathurine Révauger qui habitait Bonnote et, dès lors, se fixa dans notre ville.

Il habitait, sur la rue Ramond, la maison (avec jardin) qui appartient aujourd'hui à M'^^^ Méallé.

Benoît Loiseau était originaire de la Chapelle Peyrial, paroisse de Saint Pierre de Chignac. Ouvrier plâtrier, il était venu à Beaumont pour des travaux de sa spécialité, s'y était marié en 1786 avec une certaine dem^n*" Anne Carrier et s'y était installé définitivement comme maître-plâtrier et comme aubergiste. Il habitait, à la Révolution, sur la Place Publique dans la maison à cornière occupée aujourd'hui par M. Auriel, boucher. Loiseau n'était pas seulement un ouvrier habile : c'était aussi un excellent administrateur, joignant à une belle intelligence une grande force de volonté ^

Jacques Auriel, dont la famille a encore plusieurs représentants à Beaumont, était un riche propriétaire terrien, un « agricole ') comme on le dit dans le procès-verbal de l'élection. Une grande partie des Belhonnes lui appartenait. Il habitait à Beaumont, sur la rue Ramond, un peu au-dessous de la maison Melon, une maison qui appartient aujourd'hui à M. Combe, ancien maire (voy. p. 95).

Jean Audibert, le troisième des officiers municipaux, était

I. Le 15 pluviôse de l'an 111 (i«i' février 1797), le conseil général de la commune de Beaumont, ayant à délivrer un certificat de résidence au cito\en Loiseau, juge de paix, nous donne sur lui le signalement suivant: « .\gé de quarante-lrois ans, taille de 5 pieds I pouce, cheveux châtain clair, les veux gris, enfoncés, nez aiiuilin, IVfjnt rond et découvert, visage ovale, bouche movenne, menton rond, quatre petites verrues à côté du nez et du côté gauche, un signe au-dessus de l'œil gauche, et un autre audessus de l'oreille, du même coté... »

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feudiste, c'est-à-dire versé dans l'étude du droit féodal, une sorte d'homme d'affaires, quelque chose comme un sous-avoué. Il habitait à Beaumont, sur la rue Vidal, la maison occupée aujourd'hui par le boulanger Fradet. Mais ce n'était là pour ainsi dire qu'un simple pied-à-terre. Il résidait ordinairement au village de Blanc, dans la grande et vieille maison qu'habita, après lui, le curé Audibert, son fils.

André Grenier, dit Lagrave, habitait lui aussi la rue Vidal, mais beaucoup plus haut, tout à côté de la place Vieille : sa maison est occupée aujourd'hui par M. Boisserie, charpentier, c'est l'ancienne maison du Syndicat. André Grenier exerçait la profession de charpentier « de haute futaie », voilà pourquoi il figure, dans le procès-verbal de l'élection, comme « maître architecte ». C'était l'aïeul du docteur Grenier que nous avons tous connu.

Jean Delpech, bourgeois, habitait, sur la rue qui longe l'église, la vieille maison occupée aujourd'hui par M. Durant, sellier. Il exerçait, comme son père, la profession d'officier de santé.

Quant à Labarrière, nous avons déjà vu précédemment qu'il était un ancien séminariste, ayant reçu les ordres mineurs, mais n'ayant pas persévéré ju.squ'à la prêtrise. Il remplissait, à Beaumont, les fonctions d'« instituteur latiniste ». Il habitait, tout à côté de l'officier municipal Jacques Auriel, le quartier du Pisadis. Jean Baptiste Labarrière était intelligent, instruit, écrivant facilement et correctement : ne se donnait-il pas quelquefois le titre, un peu prétentieux peut-être, de «professeur de Belles-Lettres » ? Le maire et les officiers municipau.x ne pouvaient avoir de meilleur collaborateur.

Voilà les hommes à qui la population a confié le mandat d'instaurer à Beaumont le régime nouveau. Très dévoués à leur pays en même temps que sincèrement acquis aux idées révolutionnaires, ils vont se mettre résolument à l'œuvre, apportant dans leur labeur (juotidien une activité, une intelligence et un désintéressement ({uc bien des municipalités actuelles pourraient leur envier.

La ville de Beaiunont n'ayant jamais e\i d(^ mairie, nous devons nous demander (|iiel est le local où si' réunissaient les

AFFAIRES POI.ITIorES KT AnMINISTRATIVF.S 25 1

orticiers municipaux pour leurs délibérations. Un document précis nous apprend que, comme aujourd'hui, les séances avaient lieu dans une salle du nouvel hôpital. L'hôpital devenait ainsi la Mairie, la Maison commune ou, comme on disait alors avec une sorte de prédilection. V Hôtel commun.

il.- L'Assemblée primaire i de juillet 1790,

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