PRÉFACE XIII
l'histoire du culte et de l'instruction publique dans les différentes périodes de la Révolution aurait, à mon avis, présenté plus d'inconvénients que d'avantages. J'y ai renoncé. Il m'a paru préférable à tous égards d'en faire une étude d'ensemble dans deux chapitres distincts, consacrés l'un au culte, l'antre à l'instruction, que j'ai dû naturellement placer après le Directoire.
A l'histoire du Culte et de V Instruction publique j'ai rattaché le couvent des Dames de la Fo^', qui était à la fois une instituticn religieuse et un établissement d'instruction. Je lui ai consacré le chapitre X\'I. Après avoir rappelé en quelques mots les origines de la communauté, son organisation, son importance, ses tendances politiques ou religieuses, je raconterai les événements divers qui motivèrent la fermeture de la maison, l'expulsion des religieuses et la liquidation de leurs biens.
Le chapitre XVIII sera consacré à la Bienfaisance nationale, je veux dire à l'étude des différents secours que le Gouvernement accordait aux parents des défenseurs de la patrie, aux mutilés par blessures reçues dans les combats, aux veuves et aux orphelins de la guerre, aux aveugles et aux sourds-muets, etc., voire même aux victimes des orages, aux sinistrés de la grêle et des incendies
Dans le chapitre suivant (chapitre XIX) sous le titre de Bienfaisance communale, je dirai la grande sollicitude des municipalités d'alors pour les malheureux de leur commune, ce qui nous amènera à étudier, dans notre canton de Beaumont, les institutions humanitaires qui, sous les noms divers de fonds des pauvres, d'établissements de bouillons, de maisons de charité, d'hôpitaux ou hospices, servaient de refuge aux malades, aux pauvres, aux vieillards, aux infirmes, aux aveugles..., à tous les déshérités de la vie.
Enfin, dans un dernier chapitre (chapitre XX) f étudierai la fin du Directoire, qui est également la fin de la Révolution, et à ce sujet je rappellerai en quelques mots comment se fit, à Beaumont, le passage du régime directorial au régime consulaire ou, si l'on veut, la substitution à une république bourgeoise d'une république plébiscitaire, laquelle devait, à bref délai, être remplacée par l'Empire.
Trop souvent, hélas ! dans ces études d'histoire locale, sur des faits qui, malgré leur éloignement, n'en continuent pas moins, dans
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certains milieux, à réveiller des émotions encore mal apaisées, les auteurs apportent un esprit de parti et parfois même un sectarisme qui les rendent passionnés , violents, agressif s, n'ayant plus alors tout le calme et toute la pondération nécessaires pour juger sainement les hommes et les faits : singulièrement portés à l'indulgence quand il s'agit de leurs amis, ils se montrent pour leurs adversaires d'une sévérité exagérée et, partant, plus ou moins injustes.
Je m'efforcerai de ne pas les imiter, voulant ici, non pas défendre un parti et moins encore des idées personnelles, mais tout simplement faire œuvre d'historien local, avec le vif désir, dans un pays qui m'est particulièrement cher parce qu'il est le pays natal, de ne blesser les sentiments de personne.
J'y réussirai, je l'espère.
Historien impartial, dégagé de tout parti pris, essentiellement tolérant par nature, je me bornerai à raconter les faits tels qu'ils se sont passés, évitant systématiquement tout commentaire d'ordre politique, laissant à chacun le soin de les apprécier à sa guise suivant les tendances de son esprit et la nature de ses convictions.
Dans les différentes bibliothèques et archives, publiques ou privées, où j'ai recueilli les matériaux qui m'ont permis de mener à bien cette longue étude, j'ai toujours rencontré des hommes aimables qui, très obligeamment, ont mis à ma disposition leurs précieuses collections et, ce qui n'est pas moins précieux, leurs encouragements et leurs conseils. Je les prie de trouver ici l'expression de ma vive gratitude.