Déposition du curé Manuel, Roux, p
.">. « A deux heures du matin»; déposition Coindet, Roux, p. 5a; plusieurs habitants de la Verpillière, lors de l'enquête île la Commission intermédiaire, déclarent être allés à Bourgoin; dépositions Petetin, Roux, p, .'>.">; Mattieu. id., p. 55-66 ; Garnier, id., p. 56-57.
ti. Déposition Cl. Michu, Roux, p. 1 ,S- Delachenal, Histoire de Crémieu (Grenoble, 1889, in-8), p. 349-'35o. Cet auteur voit une « coïncidence remarquable » dans le l'ait que « quelques heures plus tôt, les luèmes nouvelles
Nord de la province, les documents signalent encore le passage de la peur à Anthon, dans la nuit du 27 \ Quelques localités éloignées de la Tour-du-Pin et de Bourgoin, qui furent les deux principaux centres de dispersion de l'alarme dans le Viennois, comme Salette, Roussillon, Terrebasse, ne furent averties de l'incursion des Savoyards que dans la journée du 28 2.
A Bourgoin, il arrivait toujours des paysans 3 : les nouveaux venus partageaient vite l'irritation générale, et des propos de plus en plus menaçants circulaient dans les groupes. On disait nettement : « Ce sont les seigneurs qui veulent
étaient apportées à Bourgoin ». Or, Saint-Marcel et Veyssilieu se trouvant sur la route de Bourgoin à Crémieu, il est intimaient probable que l'alarme donnée à Crémieu venait elle-même de Bourgoin. Il n'y a donc là rien d'extraordinaire. Mais M. Delachenal n'est pas loin de croire que l'alarme fut le résultat d' « une entente entre des complices disséminés sur tous les points du territoire et demeurés inconnus », et il suppose que la première fausse nouvelle du 26 était « destinée à provoquer une panique ». M. Delachenal fait valoir que les contemporains crurent à un complot, et il invoque le témoignage de Malouet. D'un complot, les contemporains n'eurent aucune preuve ; et il est d'usage, dans les périodes de luttes politiques ardentes, de rendre les adversaires politiques responsables de tous les malheurs. Malouet est, à ce point de vue, particulièrement suspect. Notre récit montre sutlisamment que, en ce qui concerne le Dauphiné : i° Les agents de transmission de la nouvelle (dont la plupart sont connus) ne furent nullement des malintentionnés, mais simplement des naïfs ou des gens prompts à s'effrayer; 2° Les pillages, au moins au début, furent commis uniquement par des paysans, et les « meneurs » n'étaient eux-mêmes que des paysans plus audacieux que les autres, si l'on veut donner le nom de meneurs à ceux qui eurent les premiers l'idée de piller les châteaux.
1. On y parla, dans la nuit du 27, d' « une troupe de Savoyards, qu'on disait être déjà à Bourgoin », et on y sonna le tocsin. Déposition Corant, Roux, p. 64.
2. A Salette, l'alarme survint le 28, à trois heures de l'après-midi : « cela n'y occasionna pas beaucoup de sensation »; déposition Candy, Roux, p. i3i. A Roussillon, il y eut des craintes le 28; on forma une milice ; adresse des habitants de Salaize, canton de Roussillon, à l'Assemblée nationale, 24 mai 1790, Arch. nat., D xxix, 83. A Terrebasse, on apprit l'incursion des Savoyards le 28 à midi : on sonna le tocsin, et M. de Terrebasse distribua ses armes aux paysans. Procès-verbal historique et descriptif de ce qui s'est passé à Terrebasse depuis le 28 juillet, Bibl. de Grenoble, niss., O. 989.
3. Le Mémoire à Messieurs les Commissaires des Etats du Dauphiné, dans Fochier, p. i38, évalue leur nombre au lever du soleil à cinq mille.