CHAPITRE DEUXIÈME
Partis de leurs villages dans le but de défendre La patrie eontre les entreprises de l'étranger, les paysans voulaient maintenant se servir de leurs armes pour détruire à jamais Le régime féodal. Ce revirement dans leur conduite surprit les contemporains, dont certains voulurent à tout prix voir dans l'alarme le résultat d'une perfide machination '. L'élude des documents permet d'affirmer que l'alarme fut toute fortuite et accidentelle : si elle fut le point de départ de troubles graves, c'est que, depuis plusieurs mois déjà, les paysans étaient prêts à se soulever contre les droits féodaux.
i. C'est ainsi que la Commission intermédiaire, dans sa délibération du 3 août, qu'elle lit ailicher (Extrait du procès-verbal de la Commission intermédiaire du 3 août iy8g, Bibl. de Grenoble, impr., O. <Si8),dit : « La Commission voit avec la plus vive douleur que.... des personnes malintentionnées se répandent dans les villes et les campagnes pour y semer de fausses alarmes, exciter des séditions... » Le i4 août, dans sa délibération où il demandait une amnistie, le Comité permanent de Bourgoin accusait aussi des « gens malintentionnés » d'avoir porté les paysans à commettre des excès (Arch. nat., D xxix'>i>, i, 3e dossier).
Bibliothèque d'histoire moderne. — I.