CHAPITRE TROISIÈME
de fer, la rampede l'escalier furent arrachés, les meubles mis en pièces, beaucoup d'effets volés; enfin on brisa les portes des archives, <>n en tira ions les papiers qu'on réduisit en cendres '. A Saint-Georges-d'Espéranche, il fallut, pour éviter un pillage, distribuer du pain el du vin à divers paysans <|ni passèrent par là \
Ainsi, avant la lin de la journée du 28, l'exemple donné par les pillards de la principale colonne étail suivi dans diverses communautés voisines, il esl vrai, du théâtre de leurs exploits '. Mais en même temps des actes de destruction, plus significatifs encore, axaient été commis à Bourgoin.
Dans la matinée, après le départ des pillards pour Domarin, la tranquillité parut d'abord se rétablira Bourgoin : mais les bourgeois de la petite ville restaient anxieux. Les premières dévastations, vite annoncées, paraissaient au maire « le prélude de tous les maux ». Les gens du peuple « se disposaient à partir pour joindre les malintentionnés qui couraient la campagne »: el. pour les apaiser, il fallait leur promettre de retirer la garde de la matrice des mesures à grains au fermier de M. de Maubec, seigneur engagiste de Bourgoin '. « L'appréhensiou des plus grands malheurs dominait tous les esprits ». Aussi multipliait-on les mesures de précaution. On maintenait un corps-de-garde sur la route
1. Visite au château de Meyrieu el déposition du jardinier, Roux, |>. 198- 199. D'après la déposition de M. de Moidieu, citée a la note précédente, les habitants de Meyrieu axaient déjà enlevé quelques effets.
•2. Déposition d'Antoine Cleret, régisseur du comte île I>e\ i. Roux, p. 179
'5. A Saint-Pierre-de-Paladru . as>i / loin de Bourgoin , il l'ut commis quelques dégâts le >s juillet dans la maison du comte «le Revol. Mais ces dégâts, assez insignifiants, ne paraissent pas se rattacher aux événements de Bourgoin. Déposition Fr. Bonnot, Roux, p. tc»4-io5.
'(. Procès-verbal des officiers municipaux de Bourgoin. A.rch. nat , I) JCXIXlris, 1, V dossier
.">. Mémoire <> Messieurs les Commissaires des Etats dn Dauphiné, dans Pochier, Souvenirs historiques sur Bourgoin, titres et documents, p. 139.
de la Tour-du-Pin et les officiers municipaux examinaient soigneusement les passeports des voyageurs : « Les citoyens demandent, dit le procès-verbal de la municipalité, que personne ne passe sans être examiné : on doit sacrifier toute considération à leur sûreté et leur sûreté dépend de leur confiance 1 ». Enfin on renvoyait avec de bonnes paroles les paysans de Saint-Savin et de Saint-Chef, qui venaient, un peu tard, a offrir leur secours en cas de besoin ' ».
Mais, avant midi, arrivèrent les gens du village voisin de Ruy, qui devaient des redevances assez lourdes au seigneur engagiste de Bourgoin 3 : pendant que les officiers municipaux et les notables se réunissaient pour délibérer « si l'on ferait des démarches pour arrêter les ravages qui se commettaient dans les campagnes » et pour « gémir sur l'impossibilité d'arrêter des maux aussi affreux » \ il survint beaucoup d'habitants de Maubec, de Four, des Eparres, qui se joignirent à ceux de Ruy '. Ils n'avaient point de chef apparent, et ceux qui les conseillaient étaient des paysans comme eux : « plusieurs d'entre eux annonçaient hautement qu'ils voulaient s'affranchir des droits seigneuriaux et brûler les papiers des nobles. » Pour leur donner satisfaction, le major de la milice bourgeoise dut retirer le corps-de-garde placé le matin \ Sa troupe n'était point assez forte 7 pour s'opposer aux entreprises des paysans, dont la plupart avaient des fusils \
Ces derniers, suivant les avis des plus exaltés d'entre
i. Procès- verbal des officiers municipaux de Bourgoin.