‹ La peur en DauphinéChapitre 66 sur 111 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

bande, ne sullit pas à La calmer. Elle attaqua et incendia presque aussitôt les châteaux de .Ions el de Villette '. Au reste, il semble que les dragons ne songèrent pas à pousser plus loin dans la matinée du 29. Ils eurent assez à l'aire de conduire à Lyon leurs vingl prisonniers \

L'audace des brigands allait croissant. Apres avoir encore mis le l'eu au château d'Anthon, un des plus beaux de la province \ ils envahirent le bureau des fermes, dispersèrent les registres et fracturèrent les caisses, où ils dérobèrent onze cent quatre livres en argent \ Dans l'aprèsmidi, ils se portèrent sur la maison des RH. Pl\ Carmes déchaussés de Lyon à Ghavanoz, demandèrent la clef des caves, et essayèrent en vain d'incendier l'édifice \

Après le pillage de Chavanoz, ils franchirent la Bourbre, et. passant an Nord de Crémieu, marchèrent sur le château de Vernas. Ce lui en vain qu'un domestique et un bourgeois du village voisin offrirent une rançon de cinquante louis aux chefs de la troupe : l'argent fut accepté ; mais « bientôt après le château fut livré au pillage et aux flammes. Le comparaissant observe que le dit Danjou et le nommé Bastien paraissaient être les chefs de cette bande, et que plusieurs de ceux qui la composaient lui dirent

1. Procès-verbal du pillage du château de Jons, appartenant au comte de Saint-Priest, Bibl. de Grenoble, mss., O. 994; dépositions Corte, Houx, p. 162; Maisonhaute, Giraudon, id., p. i\)\-nfi ; visite du château de Villette et déposition Micoulloud, id.. p. i56-l57.

2. Sur l'intervention des dragons, voir la lettre de la Commission intermédiaire aux députés du Daupbiné, Grenoble, '5 août [789, Areli. nat., D xxix, ',o.

'i. Visite des commissaires au château d'Anthon (dégâts évalués à 2f)o,ooo livres), Houx, p. i53; dépositions Cyre Corant, Pelossier, id., p. l54-i55. Il ,\ aurait eu une tentative de résistance ; d'après M. «le Combles, baron d'Anthon, son tils aîné B s'était venu jeter au milieu de deux cents brigands, qui assiégeaient son château. Quoique seul, il en avait tué un,

blessé deux, et traverse la l'ouïe année, la baïonnette au bout du fusil ». Lettre de M. de Combles, baron d'Anthon, a l'Assemblée nationale. Lyon,

". décembre [789, Areli. nat., I) xxix, 17.

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