Déposition Benoit Jacquin, Roux, |>. i
3. Les incendiaires du Dauphiné, on les ennemis des Grands, s août 1789, Paris, Lefèvre, 1789, in-8 (Bibl. nat., I.l> 5621). Cette brochure ne m'a point paru contenir assez de garanties d'exactitude en ci- qui concerne le récit des faits pour pouvoir être utilisée. Il était impossible à un contemporain de démêler en quelques jours la suite des événements.
y(î LA PEUR EN DAUPHINÉ
comme ceux de Saint-Alban ou de Gessieu, à essayer de leur enlever le moyen de percevoir plus longtemps les rentes et redevances.
Partis de Janneyrias le 29 au jour, les « brigands » parurent d'abord devant le château de Pusignan. Les propriétaires et leurs domestiques venaient de s'enfuir : la besogne fut aisée, et vite accomplie. On ne se donna pas la peine de vider les archives pour détruire les titres : on mit le feu au château, dont les gros murs seuls restèrent debout \
De là, les pillards se portèrent presque simultanément sur Jonage et sur Mcyzieux \ « Ne pouvant compter sur aucun secours de la part des habitants de sa terre et étant prévenu de l'approche de la troupe incendiaire », M. de Jonage s'était réfugié à Lyon. Son garde refusa toute distribution d'argent aux assaillants, et partit chercher du secours à Meyzieux : pendant ce temps, on enleva les meubles et les effets, on pilla les archives et les caves du château 3. A Meyzieux, les brigands avaient eu le temps de casser quelques meubles : ils se préparaient à mettre le feu, quand survint un détachement de dragons du régiment de Monsieur, en garnison à Lyon, qui « surprit les pillards, en tua trois, et en blessa deux autres mortellement » : les dragons coururent ensuite à Jonage, qui venait d'être abandonné par les paysans. Sur ces deux points, une vingtaine d'hommes furent saisis et emmenés à Lyon par les dragons 4. Cet échec, le premier subi par la
1. Déposition de M. de Pusignan (il évalue les dégâts à 140,000 livres); visite des commissaires, qui constatent que « le château ne présente plus que l'aspect d'une masure », Roux, p. i5<j.
2. Le mémoire et détail sur les dévastations faites au château de Jonage, Bibl. de Grenoble, mss., O. 87S. dit que ce château fut attaqué à sept heures; le mémoire des dégâts faits au château de Meyzieux, Bibl. de Grenoble, mss., O. 8;6, donne pour celui-ci huit heures. Mais la déposition Guillaume Lambert, Roux, p. i63, montre que le pillage de Meyzieux commença bien avant la lin de celui de Jonage.
3. Outre le mémoire et détail des dévastations faites au château de Jonage (qui évalue les dégâts à 3l,o3o livres), voir la déposition de M. de Jonage, Roux, p. 190-196.
;. Mémoire des dégâts faits au château de Meyzieux (évaluation à 6.000 livres): dépositions Louis Jorand, Claude Laloge, Roux, p. 161-162.