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Il8 LA PEUR EN DAUPHINÉ
venir avec eux, et, au son des tambours et des flageolets, se rendirent au château de Lépinay, où ils ne trouvèrent que l'agent du marquis de Belmont : on lui demanda de livrer les terriers : «quelques personnes de Ghâbons. . . . dirent : « Nous voudrions voir les titres en faveur desquels M. le « marquis de Belmonl s'est emparé d'un terrain appelé la « Ville et d'un bois au Mas de Bois-Vert, autrefois commun, « pour les faire examiner et savoir si nous aurions quelque « droit d'y revenir ». L'agent du marquis ayant déclaré qu'il ne savait ce qu'on lui demandait, les gens visitèrent le château et y prirent les papiers qui leur plurent. Us terminèrent leur expédition par une visite dans l'étude du notaire de Blandin ; puis ils brûlèrent joyeusement dans un chemin tous les papiers qu'ils avaient réunis, et s'en retournèrent chez eux '.
Il y avait bien là de quoi émouvoir la Commission intermédiaire ; et ce n'était pas encore tout : le château du Pin avait été dévasté le 3i ' ; les habitants de Châteauvilain avaient brûlé, le iei août, les terriers du château de Succieu 3 ; les gens de Cessieu s'étaient fait livrer, le lendemain, ceux dû Châtelard \ Tel était le résultat de l'insuccès des mesures prises par le Comité provisoire de Grenoble et de la reculade des miliciens devant l'hostilité populaire.
i. Verbal de ce qui s'est passé dans nos cantons, Bibl. de Grenoble, mss , O. 8tj5 : Cf. déposition Fr. Guttin, Roux, p. 97-98; procès-verbal dressé le 17 août 1789, à Virieu, à la requête de Mc Guttin, Bibl. de Grenoble, mss.,
a. Procès-verbal du pillage du château du Pin, Bibl. de Grenoble, mss., O. 894; visite des commissaires et déposition Antoine Charavit : « En général, il y a peu de dommages, sauf l'enlèvement et la fracture des meubles, qu'il est impossible d'évaluer ». Roux, p. 76-77.