CHAPITRE 'QUATRIÈME UJ
l'attroupemenl de ceux qui arrivaienl <1<' i<>us côtés el qui formaienl environ douze cents personnes.
« Ce fut alors qu'on se \ii comme forcé de laisser prendre les terriers qui étaienl dans les archives pour éviter le carnage de la milice bourgeoise, le pillage du château, peut-être même son incendie, car telles étaient leurs menaces : ils ne furenl poinl encore satisfaits, ils voulurent savoir s'il en restai! : ayant appris de leurs députés que tous les originaux ne s'y trouvaient pas, ils crurent que Me Hilaire les avait enlevés le matin, parce qu'ils trouvaient des coffres de fer vides ; ce qui obligea les officiers de la milice citoyenne à laisser entrer une troisième députation des plus mutins, qui, après quelques recherches, rapportèrent à leur bande qu'ils n'avaient pas trouvé le restant des terriers ».
Mécontents, les paysans firent mine de mettre le feu au château. Les notables s'avisèrent alors « d'un expédient qui leur réussit : ils promirent à cette bande que, si elle se retirait, l'on enverrait des députés à Madame de Lançon, pour apporter un acte d'abandon de tous ses droits seigneuriaux et la livraison du restant de ses terriers » Il fallut encore promettre aux paysans que Mme de Langon ferait rendre les fusils et filets confisqués par ses gardes; le soir même, le curé de Yirieu et le lieutenant de cliàlellenie partirent pour Grenoble, afin d'obtenir l'exécution des promesses faites par les notables '.
Le 3, les gens de Ghâbons el de Bizonnes suivirent l'exemple que leur avaient donné leurs voisins; ils se formèrent en colonne, demandèrent à quelques notables de
1. Tout ce qui précède d'après le procès-verbal de Magnin du Fayet, lient. ■nant rie chàtellenie du marquisal de Virieu, Bibl. de Grenoble, rasa . O. 908, Cf. déposition «le noble André Claude Ravier, seigneur d'Herbelon, recueillie le 8 août par le châtelain «lu marquisat, Bibl. de Grenoble, mas., O. 907 :« Ayant obtenu de ces furieux, avec les plus grandes peines, une trêve de trente-six heures pour avoir le temps '!<• rapporter l'abandon el le département, de la pari de Madame la Marquise <!<• Langon, <1<- tous Bes droits féodaux, que ces furieux demandaienl .1 grands cris ».