‹ La peur en DauphinéChapitre 85 sur 111 · Affiches de Dauphiné, 10 août 1789, n · texte numérisé non relu

Affiches de Dauphiné, 10 août 1789, n

5. L'abbé de la Salcette à Champel, 8 août, Bibl. de Grenoble, mss., O. 921.

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sans doute pur les circonstances actuelles », a supprimé, dans sa séance de la nuit du \ août, les privilèges de toute nature, voté la suppression des droits féodaux personnels et le rachat des autres. La forme succincte de la nouvelle fait paraître les sacrifices des ordres privilégiés encore plus complets : « Plusieurs lettres remises au même courrier extraordinaire disent que tous ces beaux dispositifs sont dus principalement aux députés du clergé et de la noblesse : que ce sont les deux premiers ordres qui les ont proposés, et que les députés des communes n'ont eu qu'à y applaudir ' ». La Commission intermédiaire se hâte aussitôt d'annoncer la nouvelle dans la ville: elle l'aii tirer cinq mille exemplaires des Articles arrêtés par V Assemblée Nationale le 4 août et les répand à profusion dans les communautés de la province : elle les envoie à ses délégués J. Un des membres roturiers de la Commission écrit peu après à Champel : « Vous pensez bien que la noblesse est en général médiocrement satisfaite des sacrifices auxquels le fameux arrêté la condamne : il faut convenir qu'ils sont portés au plus haut degré auquel put atteindre le vœu du Tiers-État : avoue/ aussi qu'ils vous fournissent un puissant moyen pour le succès de votre mission et qu'ils valent bien des baïonnettes '. »>

D'ailleurs la Commission ne juge pas (pie la suppression des droits féodaux doive ramener à la politique de clémence. L'arrêté, écrit sur-le-champ à Champel le chevalier «lu Bouchage, procureur-général-syndic, « ne doit pas empêcher qu'on ne sé\issc contre les malheureux qui se sont livrés avec autant d'acharnement à la dévastation : il est

i. Affiches de Dauphiné, co août 1789, n° 16.

■2. État des impressions faites par le sieur Cuchet, imprimeur des Etats (Arch.de L'Isère, série C); [es Articles, dans leur forme abrégée, sont publiés également dans [es Affiches de Daaphiné du to août.

;. Lettre de Ronin ;i Champel, Grenoble, u aoûl 1789, Bibl. de Grenoble, mss., O. 923. (Cette cote est ordinairement employée pour les lettres de Royer à Champel; mais il est évident que la lettre n'est pas de Royer, alors absent de- Grenoble; du reste la signature, assez différente de celle de Royer, ue pouvant être que d'un membre de la Commission intermédiaire, doit être celle de Ronin).

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même un motif de plus pour les réprimer actuellement avec plus de vigueur, puisque, en accordant à la portion la plus nombreuse de la nation tout ce quelle pouvait désirer, la méchanceté et la scélératesse seules sont capables de troubler la tranquillité publique ' ».

Si l'arrêté ne provoque pas dans la Commission un retour à l'indulgence \ il semble lui rendre le sentiment de la sécurité : le calme le plus complet revient à Grenoble, grâce au bon marché des grains : les premières nouvelles envoyées par les délégués sont rassurantes ' : on se décide à réduire l'effectif des milices citoyennes ; on a eu recours à leurs services, mais on s'en méfie un peu, et on déclare qu'il vaut mieux s'occuper des travaux agricoles que de monter la garde 4. L'abbé de la Salcetle est, en conséquence, chargé d'aller jusqu'à Yizille « povir opérer la réduction ou la suppression » des corps-de-garde entretenus par les communautés de la banlieue grenobloise. Le plus

i . Lettre du chevalier du Bouchage à M. Champel, Grenoble, 7 août, onze heures du soir, Bib!. de Grenoble, mss., O. 901. Le surlendemain, le marquis de Viennois, président des États et de la Commission, écrit à son tour à Champel : « La séance du 4 août des Etats généraux devrait

bien calmer tout le monde, mais la cupidité ne raisonne pas » Bibl.

de Grenoble, mss., O. 916. M. Delachenal, Histoire de Crémieu, p. 36o, n. 1, cite une lettre de Durfort du 10 août : « Ces détachements ne feront aucun quartier aux incendiaires et doivent combiner tous leurs mouvements pour faire comme une battue à la chasse ».

2. C'est ainsi que Imbert des Granges, parti de Grenoble le matin du 10, rappelle plus lard à Champel l'attitude que lui avait alors prescrite la Commission : « Laissons de côté la sévérité de mon mandat, et les instructions verbales qui m'ont été données par Messieurs de la Commission.... » Lettre à Champel, la Tour-du-Pin. 17 août 1789, Bibl. de Grenoble, mss., O. g35; et dans une autre lettre du même jour (même cote): « J'ai reçu des ordres de sévérité que je ne suis point ».

3. Le marquis de Viennois à Champel, Grenoble. 9 août, Bibl. de Grenoble, mss., O. 9i(5; Bonin à Champel, Grenoble, 11 août 1789, Bibl. de Grenoble, mss.. O. 923 : « Bien de nouveau dans cette ville ; le calme y paraît bien rétabli; le blé abonde sur le marché et son prix diminue ; c'est là un grand point de tranquillité ».

4. « Il n'est plus nécessaire que les communautés peu nombreuses se fatiguent sans objet en conservant des corps-de-garde qui deviennent inutiles et qui font perdre un temps précieux pour les travaux de la campagne ». Instructions données à l'abbé de la Salcette, dans le registre des délibérations, lundi 10 août, malin, p. 378379.

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