PHÉNOMÈNES CARACTÉRISTIQUES DB LA PEUR
que les oiseaux, les chevaux, les chiens, les chats se hérissent les plumes ou les poils lorsqu'ils ont froid (1) ?
(1) Darwin donne une explication qui me semble moins probable : il pense que « les animaux hérissent leurs appendices cutanés pour appap raitre plus gros et plus terribles à leurs ennemis ou à leurs rivaux ». Mais comment expliquer que les muscles lisses aient été primitivement sous la dépendance de la volonté ? Pour éviter la double supposition invraisemblable que ces muscles soient devenus lisses et indépendants de la volonté en conservant les mêmes fonctions, il recourt À une autre explication. « Nous devons admettre, dit-il, qu'à l'origine les muscles des poils furent faiblement excités directement sous l'influence de la colère, de la terreur, par suite de quelque trouble du système nerveux. Ces excitations furent répétées pendant bien des générations, et, en conséquence, les effets directs des troubles nerveux se fortifièrent par l'habitude et la tendance de la. force nerveuse à suivre la voie la plus Aréquentée et la plus facile. Il est possible que les animaux dans la lutte, voyant que le ^Lolume du corps de leurs rivaux se trouvait augmenté par suite du hérissement des plumes ou des poils, aient cherché volontairement à se rendre aussi plus gros et plus effrayants pour leurs ennemis et que cette attitude soit devenue instinctive par l'effet de l'habitude ; il n'est pas impossible dès lors que la volonté puisse exercer une certaine influence sur les muscles lisses comme on l'observe dans les mouvements des intestins et de la vessie. » Ch. Darwin, l'Expression des émotionSi pages 111 et 112.