ATELIER DES BANDAGES
(Cliché J. David).
tiques de la Pharmacie Centrale de France. Ces justes récompenses font le plus grand honneur à M. Buchet et à ses principaux collaborateurs.
En résumé, on peut répéter, aujourd’hui plus que jamais, ce que l’éminent Secrétaire du Conseil de Surveillance, M. Fumouze, disait naguère : « M. Buchet est bien l’homme que ce nos voisins d’Angleterre désignent par : The right man in tlie « right place ; » et cet éloge a reçu sa consécration solennelle, le 8 mars 1902, dans l’Assemblée générale des Actionnaires qui a réélu Directeur pour une deuxième période décennale, M. Ch. Buchet, l’honorant ainsi d’une marque unanime de confiance et de sympathie, en même temps qu’elle donne une sécurité nouvelle à tous ceux qui, d’une manière quelconque, se rattachent ou s’intéressent à la Pharmacie Centrale de France.
Mais, avant de clore ce chapitre si intéressant des fastes administratifs de la Pharmacie Centrale de France, il semble qu’il y aurait injustice et ingratitude à ne pas ajouter quelques mots élogieux pour reconnaître l’incessant et si précieux concours apporté à la direction de la Maison par son Conseil de Surveillance. Pour l’honneur même de ce Conseil, il peut suffire de mentionner les noms de ses anciens présidents.
C’est d’abord Oudart, de Troyes, pendant les cinq premières années de la fondation; puis le distingué savant Schaeuffèle, qui lui succéda pendant un quart de siècle, et mourut, âgé de quatre-vingts ans, doyen des pharmaciens français, dont il est resté le modèle véritable ; puis, l’excellent Jnlliard, dont la présidence de vingt années n’a laissé que d’aimables souvenirs ; il considérait le personnel de la Maison comme sa seconde famille, et il aimait à en animer les réunions toutes fraternelles
de son inaltérable et communicative gaieté. Nommons aussi le non moins docte et regretté Lefranc, que la mort a ravi si tôt à ses fonctions présidentielles. Nous dirons plus loin comment, pendant près de trente ans, il participa à l'œuvre des Concours de la Pharmacie Centrale de France et comment il voulut y participer au-delà de la tombe.
Depuis un an, Lefranc a été remplacé à la présidence du Conseil de Surveillance par M. Crinon, Secrétaire de YAssociation générale des Pharmaciens de France , dont les mérites personnels lui avaient, depuis longtemps déjà, assuré l’estime et la sympathie de tous ses confrères ; on aime à se souvenir du témoignage qui lui en fut solennellement offert au dernier Congrès pharmaceutique, par les différentes sociétés professionnelles qui y prirent part.
Nommons aussi le Vice-Présideht actuel, M. Arno^an, un des principaux pharmaciens de Bordeaux, président de la Société de Pharmacie de cette ville.
Cependant, si les présidents sont l’âme des groupes qui les ont élus, on peut dire des secrétaires qu’ils en sont ordinairement la main exécutive, c’est-à-dire la cheville ouvrière. A ce compte, on ne saurait oublier non plus les noms des Secrétaires du Conseil de Surveillance delà Pharmacie Centrale de France. Pour commencer, ce fut Meurant; puis Robiquet, l’un des fondateurs de la Société de Prévoyance des Pharmaciens ; puis Favrot, Bourières et Genevoix; c’est enfin, depuis bientôt vingtcinq ans, M. Victor Fumou{e, à qui la comptabilité de l’usine de Saint-Denis doit d’être devenue un modèle de clarté, et dont le talent remarquable est si apprécié de tous, comme nous aimerons à le rappeler ci-après. Il y a trois ans, la Croix de la Légion d’Honneur est venue justement récompenser ses services nombreux et signalés.
Si, pour commencer, nous avons annoncé que le principe de mutualité sur lequel la Pharmacie Centrale de France a été fondée, en avait fait une société coopérative tout à la fois de production et de consommation, après l’exposé des résultats qu’elle a donnés au cours de ses cinquante années d’existence, on est obligé de reconnaître avant tout que son œuvre est toute de progrès et d’amélioration sociale.
Indépendamment du caractère scientifique et de haute moralité que le fondateur de la Maison et ses successeurs lui ont imprimé, sa création a eu surtout une importance capitale au point de vue humanitaire.
Par suite de la rectitude de ses principes d’honnêteté commerciale, dont elle ne s’est jamais départie un instant, les malades n’ont eu en effet, par l’intermédiaire des pharmaciens, que de bons médicaments. On peut affirmer en outre que tous les pharmaciens ont utilisé ses produits.
Si la Pharmacie Centrale de France est ainsi devenue un établissement indispensable, par les garanties de toute nature qu’elle présente, elle pourrait, à l’égal de certaines institutions, être reconnue d'utilité publique.
Car, si ce vaste établissement n’existait pas, il faudrait le créer. Mais, puisqu’il existe dans toutes les conditions les plus désirables, il devient évident qu’il est du devoir des Pharmaciens et même, dirons-nous, de l’Etat de lui porter intérêt et, toutes les fois qu’il est possible, de lui faciliter sa tâche en lui prêtant un appui moral et matériel.
C’est pourquoi, devant la constatation si visiblement établie du côté humanitaire de la Pharmacie Centrale de France, nous ne saurions trop insister sur sa raison d'utilité publique.