LABORATOIRE DE CHIMIE
( Cliché J. David).
tout le long du mur; une étiquette et un numéro d’ordre, placés au-dessus des robinets, indiquent à quel bac d’huile ils correspondent. Ce travail de dépotage et de divisions, qui est généralement désagréable et nauséabond, se fait ici avec des précautions et une propreté sans égales.
Les huiles sortent claires, limpides, naturelles, exemptes de toute souillure et de tout mélange, et c’est aux soins multiples qu’elle apporte dans toutes ses opérations que la Pharmacie Centrale de France doit se grande réputation, qui s’étend aussi bien aux produits qu’elle purifie ou conditionne qu’à ceux qu’elle fabrique.
La vente de l’Huile de foie de morue seule dépasse i5o,ooo kilog. par an.
Dans les autres ateliers se divisent les Onguents, les Huiles comestibles, les Vaselines, les Glycérines, les Rhum, Cognac, etc.
Un local spécial est réservé aux divisions des Acides ordinaires et purs, et un autre enfin, complètement séparé, sert aux divisions des Teintures, des Huiles et autres Produits toxiques.
Toujours au rez-de-chaussée du pavillon Jussieu, se trouvent le bureau de la Réception et celui du Magasin.
Ces deux Services sont les plus importants de l’Usine. Rien ne rentre ou ne sort de l’Usine sans passer par la Réception.
Tous les produits fabriqués dans les laboratoires sont envoyés à la Réception , tous les jours, à heure fixe; ils sont accompagnés d’un bon de Livraison indiquant le poids et la qualité du produit. L’Employé de la Réception en fait la reconnaissance avant de les faire entrer en magasin. Chaque produit est accompagné d’une fiche portant seulement le nom de la marchandise. Le Service du magasin intéressé reconnaît son produit et retourne à la Réception la fiche complétée,
c’est-à-dire en y indiquant le poids reçu, lequel doit coïncider avec celui porté sur la souche.
Le Magasin est le centre commercial de l’Usine. Il reçoit les commandes de la Maison de Paris, soit pour l’approvisionnement, soit pour servir directement la clientèle. Il est chargé de transmettre les commandes aux divers laboratoires de l’Usine, lesquels établissent des bons de fabrication pour pouvoir entrer en possession des matières premières devant servir à la préparation du produit demandé.
Le Magasin ne délivre jamais aucune marchandise sans un bon régulier accompagné d’un ticket par chaque produit.
En outre, le Magasin s’assure, lorsque les laboratoires livrent les produits fabriqués, qu’ils soient conformes à la demande et que le rendement soit normal.
L’aile gauche du premier étage sert d 'Entrepôt aux produits chimiques non toxiques et aux poudres.
L’aile droite contient la Réserve de T Economat : verrerie fine, boîtes et bidons en fer blanc, ainsi que les articles nécessaires à la mécanique pour l’entretien du matériel de l’Usine.
Les deuxième et troisième étages sont entièrement occupés par les Magasins de l’ Herboristerie, très soigneusement installés et ventilés.
L’Usine de Saint-Denis occupe un personnel de i5o employés, ouvriers et ouvrières ; le travail y est incessant et la production annuelle se chiffre ainsi :
Produits chimiques . 430,000 kilog.
» pharmaceutiques et galéniques 1,000,000 »
représentant ensemble une valeur de quatre millions de francs.
Pour mettre à l’abri du feu cette magnifique Usine, un Service contre l'incendie est organisé avec le personnel de l’Usine. Un signal d’alarme à la portée de chacun avertit le
personnel et en deux minutes et demie, deux pompes à bras et deux à vapeur peuvent être mises en batterie, grâce aux
manœuvres fréquentes faites pour exercer le personnel pompier. De nombreux postes de secours sont organisés, et lors des manœuvres ou d’un sinistre réel, chacun se rend à son poste. Grâce à ces sages précautions, des commencements d’incendie ont pu être déjà arrêtés rapidement.
Ainsi qu’on a pu le remarquer en lisant cette description de l’Usine de Saint-Denis, on est frappé du plan d’ensemble dans l’organisation. Cette unité de vue est due au Directeur actuel de la Pharmacie centrale de France, M. Buchet, qui a apporté de profondes modifications dans la distribution des services de l’Usine. Il a tenu à ce qu’elle soit organisée comme la Maison de Paris, et est parvenu à réaliser le désir, qu’il avait depuis longtemps, de séparer dans chaque pavillon les produits toxiques, à les isoler complètement pour éviter toute erreur, toute contamination ; cette mesure de précaution est une sûre garantie pour la clientèle de la Pharmacie Centrale de France et une tranquillité d’esprit pour son Directeur.
Rien n’est négligé non plus pour la sécurité du Personnel.
Un poste de secours est installé, contre le bureau de la Direction de l’Usine, pour donner les premiers soins aux employés lorsqu’ils se blessent ou tombent subitement malades.
De plus, M. Buchet a favorisé, par une subvention, une Société de Secours Mutuels qui assure aux employés de l’Usine de Saint-Denis, une indemnité pécuniaire en cas de maladie.
Ajoutons, enfin, qu’à l’Usine de Saint-Denis, M. Buchet a rencontré, en la personne de son directeur actuel, un appui très sérieux et un dévouement très actif, qui lui ont permis de mener à bonne fin la réalisation des réformes qu’il avait entreprises (0. De même, ce directeur a heureusement trouvé, dans le chef du personnel actuel de l’usine, le collaborateur intelli-
(i) Ce directeur est M. Daniel, pharmacien, professeur à la Société des Laboratoires Bourbou^e.
gent et zélé, qui lui est bien nécessaire et le seconde dans l’accomplissement de sa tâche (h.
Nous devons ajouter que les services des Machines et de l’Électricité, à l’Usine de Saint-Denis, sont confiés aux soins de l’Ingénieur qui dirige ces mêmes services à la Maison de Paris et dont nous avons parlé précédemment.
(i) Ce chef du personnel est M. Saint-Marc.