LES PRIX BRASSAC ET LEFRANC
Dès la seconde année de sa création, la Pharmacie Centrale de France, sous l’inspiration de son fondateur, instituait des concours annuels, dont les sujets étaient fixés d’avance par une commission prise parmi les membres du Conseil de Surveillance, ou laissés au libre choix des concurrents.
L’institution était donc à peine fondée, que déjà son caractère essentiellement professionnel se révélait par cette manifestation confraternelle.
A la suite de ces concours, des prix d’une valeur de 200 à 1,000 francs, étaient décernés aux auteurs des meilleurs mémoires.
Des questions du plus haut intérêt ont servi de thème à des études savantes et parfois très remarquables. Les rapports sur ces concours remplissaient la séance des intérêts professionnels, tenue chaque année à la suite de l’Assemblée générale des actionnaires.
Ils furent pour les membres du Conseil de Surveillance qui en étaient chargés, l’occasion de révéler en même temps que leur savoir et leur expérience, la rectitude et l’impartialité de leur jugement. Qu’il nous suffise de rappeler les noms de Meurant, de Lepage de Gisors, de Viguier, de Gravelle, de Genevoix et tout particulièrement celui du regretté président du Conseil de Surveillance, M. Lefranc , qui pendant près de
trente ans, consacra à l’analyse des mémoires qui lui étaient envoyés, une érudition, un talent d’écrivain et une élévation de pensées, qui rehaussaient encore l’intérêt de ces concours.
Le 3 mars 1866, Brassac , ancien pharmacien à Ambert (Puy-de-Dôme), mourait à Clermont-Ferrand, en léguant au directeur de la Pharmacie Centrale de France, une somme de cinq mille francs, dont les intérêts devaient être employés à la fondation d’un prix.
Partisan très zélé de l’Association, c’est en voyant la Pharmacie Centrale mettre à exécution les idées de coopération qui lui étaient chères, que ce modeste pharmacien s’était empressé de devenir un des premiers fondateurs de l’œuvre professionnelle.
Par le souvenir qu’il a laissé en mourant et par l’exemple qu’il a donné, Brassac a bien mérité de la Pharmacie française, et la Pharmacie Centrale de France a consacré la mémoire de ce généreux bienfaiteur, en donnant son nom au concours qu’elle a institué et au prix de 5oo francs qui est décerné tous les deux ans.
En 1876, un autre ami de la Pharmacie Centrale, Jules Jean, pharmacien honoraire à Saint-Pierre (Ile d’Oléron), offrit un prix de 5oo francs au meilleur mémoire sur la question suivante : « Du rôle rétrospectif, actuel et futur de la pharmacie dans la Société». Ce concours, très brillant, fut pour Genevoix qui en était le rapporteur, l’occasion d’une des plus remarquables dissertations de ce savant esprit.
Il serait trop long de rappeler les noms de tous les lauréats des concours de la Pharmacie Centrale de France; qu’il nous suffise de dire qu’on y relève ceux de praticiens éminents, dont quelques-uns sont devenus des illustrations de la pharmacie.
La direction actuelle, avec l’assentiment du Conseil de Surveillance, a donné ensuite à ces concours un plus grand développement en instituant un nouveau prix biennal ( Prix de