DE LA
Pharmacie Centrale de France
l>7 Janvier 1904 ^
A NOS CoNERERES ET ACTIONNAIRES,
Le Cinquantenaire de la Pharmacie Centrale de FTance a été' une belle et grande solennité.
Lorsque Dorvault donnait naissance à une maison alors sans similaire et sans concurrente, aucune pensée de lutte et de compétition commerciale n’entrait en ligne. Bien au contraire, on était en présence d’un symbole d’union et de concorde.
Cette fête du Cinquantenaire devrait donc tendre à ramener les esprits à cette idée généreuse et fraternelle. Dans l’initiative de cette manifestation nous voyons avant tout l’ intérêt et la beauté de la profession , sa double honorabilité tirée du savoir de ses membres et de leur mission coopératrice à l'œuvre d'assistance due à V humanité .
Nous avons pratiqué la discrétion aussi complète que possible, n'ayant aucunement la secrète tentation de diminuer personne. Le soleil luit pour tout le monde et doit répandre la chaleur de ses rayons avec une égale prodigalité. La concurrence est utile, en effet, indispensable même.
Une maison comme la nôtre manquerait à l’ensemble de notre profession. C’est un avantage pour tous qu’elle vive, mais son devoir est de vivre en complète harmonie avec ceux qui luttent autour d’elle et même contre elle.
Il nous est agréable de penser que cette fête sera la marque de l’entente cordiale entre les savants du Corps médical, du Corps pharmaceutique et les personnalités marquantes du Parlement, du Barreau, de l’industrie, du commerce et de la finance. Nous avons été, en effet, très heureux d’en posséder l’élite au milieu de l’affluence des amis et des confrères.
Charles Buchet.