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FÊTE DU CINQUANTENAIRE

C’est au Grand-Hôtel, dans l’admirable salle du Zodiaque, inondée de lumière et vibrante de mouvement, qu’a eu lieu le banquet du Cinquantenaire de la Pharmacie Centrale de France.

Quatre cent vingt-cinq invités s’y rendirent dès 7 heures 1 /2 du soir. En entrant, chacun reçut en échange de sa carte d’invitation, un plan de la salle du festin, où chaque table était désignée par une lettre alphabétique, et chaque place suivant un ordre numérique. De sorte que, au moyen de ce plan, dans l’angle duquel chaque invité avait son nom inscrit avec la lettre de sa table et le numéro de sa place, tout le monde savait d’avance où il devait se mettre.

A 8 heures, M. Georges Trouillot, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, fit son entrée aux sons éclatants de la Marseillaise ; et les portes de la salle du banquet s’ouvrirent aussitôt.

L’aspect de cette salle est vraiment féerique et grandiose ; elle est tracée en fer à cheval suivant un axe d’environ vingt-cinq mètres; son fond demi-circulaire est occupé par la table d’honneur où plus de quarante couverts sont alignés, tandis que neuf tables transversales remplissent ce vaste hémicycle.

Au centre de la table d’honneur, le Ministre du Commerce a pris place, ayant, à sa droite, M. Poirrier, vice-président du Sénat, et à sa gauche le Directeur de la Pharmacie Centrale de France ; puis de part et d’autre sont réparties les sommités de la science et de la politique, sénateurs, députés et membres de l’Institut.

Tout ce que la médecine et la pharmacie comptent d’illustrations est là présent; les lettres et les arts ont aussi pris part à cette immense et brillante agape, qu’encadrent merveilleusement les portiques festonnés et dorés des arcades de l’enceinte, dont les multiples cariatides, parées du sourire et des attributs des Muses, semblent former, au-dessus de cette assemblée d’élite, un véritable couronnement d’apothéose.

Nous reproduisons les discours prononcés à la fin de cette brillante réunion :

Discours de M. Charles BUCHET

Directeur de la Pharmacie Centrale de France Monsieur le Ministre,

Mon premier toast sera pour Monsieur le Président de la République Française auquel nous vous prions, mes collabo-

rateurs et moi, de porter l’expression unanime de notre respectueuse sympathie et celle de notre reconnaissance pour le dévouement éclairé qu’il consacre avec une si noble persévérance aux intérêts de l’Etat.

Les Membres du Conseil de la Pharmacie Centrale de France et son personnel se joignent à moi pour vous remercier de l’honneur que vous nous faites en présidant notre Cinquantenaire.

Nous n’ignorons pas, en effet, vos occupations si absorbantes, et nous savons qu’il vous a fallu un grand effort de volonté et un bon vouloir exceptionnel pour venir passer quelques instants au milieu de nous. En votre honneur, Monsieur le Ministre, nous levons notre verre.

La Pharmacie Centrale de France est la première Société de forme coopérative fondée entre pharmaciens et, depuis cinquante ans, elle répand dans la profession pharmaceutique de notre pays et de l’étranger, ses produits destinés à l’art de guérir.

C’est une belle mission quand on la remplit avec loyauté et avec la conscience de défendre, non pas seulement des intérêts matériels, mais aussi des intérêts humanitaires.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, nous avons la confiance que cette soirée vous laissera un bon souvenir.

Nous sommes heureux de réunir autour de vous, avec nos collaborateurs, les amis si nombreux que nous comptons dans le Parlement, la Science et l’Industrie.

Vous nous permettrez donc. Monsieur le Ministre, d’associer au toast que nous venons de vous porter, les noms de :

MM. Poirrier, Vice-Président du Sénat, le créateur en France des couleurs d’aniline, industrie qui a fait le tour du monde ; de notre maître, M. Guignard, Directeur de l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, le savant distingué qui a su conquérir l’estime et l’amitié de tous ceux qui l’approchent ; de MM. les anciens Ministres de Lanessan, Yves Guyot ; de MM. les Sénateurs le Dr Peyrot et César Duval ; de MM. les Députés Chapuis, Gouzy, Villejean, Cazeneuve, Deville, Gérault- Richard, Bachimont, Dubois, Walter, Loque; de M. Henri Monod, directeur de l’Assistance et de l’Hygiène publiques; de MM. les Membres de l’Institut : Haller, professeur à la Faculté des Sciences, Perrier, directeur du Muséum; de MM. les Membres du Conseil général de la Seine et du Conseil municipal de Paris : Opportun, Piperaud, Brenot ; de MM. Chassaing et Bourneville, anciens députés; de MM. les Pharmaciens inspecteurs: Marty, Burcker; de M. Derode, président de la Chambre de Commerce de Paris; de MM. Auricoste, directeur de l’Office colonial, Ancelot, président du Comité français des Expositions à l’étranger ; de M. Fabre, maire du IVe arrondissement de

Paris ; de M. Thivet-Anctin, maire de Saint-Denis ; de MM . les Membres de l’Académie de médecine; de MM. les Professeurs des Facultés et des Ecoles de Médecine et de Pharmacie ; de MM. les Médecins des Hôpitaux ; de MM. les Pharmaciens en chef des Hôpitaux civils et militaires ; enfin, de tous les nombreux amis que la crainte d'abuser de vos instants ne me permet pas, à mon grand regret, de nommer.

Il me faut également envoyer des remerciements bien sincères à ceux que des circonstances graves ou imprévues ont empêchés d’être des nôtres. Ils nous ont adressé des lettres empreintes des sentiments les plus sympathiques et les plus cordiaux; je voudrais pouvoir les lire toutes, mais le nombre en est si considérable que je me vois, de même ici, dans l’obligation de m’abstenir.

A vous tous, mes chers Confrères, Sociétaires et Présidents de Syndicats présents parmi nous, je lève maintenant mon verre.

Votre empressement à assister à cette fête du Cinquantenaire prouve la grande confiance que vous avez dans notre oeuvre et ce témoignage nous permet de la continuer sans inquiétude pour l’avenir.

Vous pourrez dire à ceux que l’éloignement ou la dure nécessité professionnelle ont empêchés d’être des nôtres, combien nombreux sont les amis de la Pharmacie Centrale de France dans tous les rangs de la société.

Mes chers Collaborateurs, je suis heureux de reconnaître, en présence de Monsieur le Ministre du Commerce et de nos éminents convives, que votre dévouement et votre consciencieux labeur de chaque jour ont largement contribué à la prospérité de cette Pharmacie Centrale de France que vous aimez et lui ont permis d’augmenter le renom industriel et commercial de la France par ses belles expositions à l’étranger.

Si nous avons acquis la sympathie partout où nous avons des Confrères, c’est que notre objectif a toujours été l’intérêt moral professionnel, avant l’intérêt matériel.

Je me souviens que mon prédécesseur, M. Genevoix, me disait lorsque j’étais sous ses ordres : « Devrions-nous perdre sur la fabrication de certains produits, je tiens à les fabriquer quand même, parce que c’est le seul moyen de garantir aux pharmaciens la pureté des médicaments que nous leur livrons », et sa pensée allait au delà du client, jusqu’au malade.

Mes chers Collaborateurs, ce principe sévère nous guide et nous guidera toujours; aussi, devons-nous au Ministre qui nous honore de sa présence, à notre cher Maître, M. Guignard, aux hôtes éminents qui nous entourent de persévérer dans cette voie.

Monsieur le Ministre, c'est vraiment un grand jour, que celui de notre Cinquantenaire, puisqu’il a pu grouper autour de vous — et c’est pour moi un sujet de légitime fierté — tant d’hommes d’élite qui, à des titres divers, concourent avec un égal dévouement au bien-être de l’humanité.

Aussi, regardons-nous cette réunion comme une des plus précieuses récompenses à laquelle nous ayons pu aspirer.

Encore une fois, Monsieur le Ministre, merci.

Discours de M. CRINON

Président du Conseil d’administration de la Pharmacie Centrale de France.

Monsieur le Ministre, Messieurs,

Le i5 mars i85a, Dorvault; pharmacien, rue de la Feuillade, à Paris, désireux de remédier à la crise dont la pharmacie commençait déjà à souffrir, adressait à tous ses confrères français une circulaire dans laquelle il leur signalait les avantages que leur offrirait l’existence d’une maison de droguerie centrale, dont ils seraient à la fois les propriétaires et les clients et qui pourrait leur fournir des produits irréprochables.

A cette époque, les formes pharmaceutiques des médicaments commençaient à se perfectionner, et, pour fabriquer des produits d’un aspect plus appétissant, on était obligé de recourir à des manipulations qui rendaient pénible, coûteuse et difficile la fabrication de certaines préparations pharmaceutiques.

Les pharmaciens se trouvaient donc fréquemment obligés de se procurer ces produits chez des intermédiaires qui, ne possédant aucun diplôme, n’inspiraient pas toujours une confiance absolue.

Toutes ces considérations avaient frappé Dorvault, qui fit appel à ses confrères en leur montrant les bienfaits de l’association ; à une époque où les Sociétés coopératives étaient à peine connues en France, Dorvault, homme d’initiative, avait eu le pressentiment qu’une Société, constituée par des pharmaciens en vue de la fabrication de produits dont ils seraient eux-mêmes acheteurs, serait nécessairement appelée à prospérer.

A vrai dire, l’idée de la création d’une Maison des pharmaciens n’était pas absolument nouvelle : Fourcroy y avait songé ; après lui, Page, Boudet et d’autres avaient également fait quelques tentatives dans le même sens, mais les efforts de ces hono-

râbles précurseurs ne purent aboutir à une réalisation pratique de leurs conceptions ; c’est à Dorvault que revient l’honneur d’avoir réussi à mettre sur pied le projet qu’il caressait et qu’il considérait comme devant contribuer à régénérer la pharmacie.

Dorvault n’était pas. d’ailleurs, un inconnu pour le corps pharmaceutique ; il avait publié, sous le nom d 'Officine ou Répertoire général de pharmacie pratique , une sorte de compendium contenant un très grand nombre de renseignements pharmaceutiques et qui fut immédiatement fort apprécié de tous les pharmaciens . Ce livre existe encore aujourd’hui et nous rend à chaque instant de grands services; les éditions qui se sont succédé en ont modifié le contenu, mais le plan de l’ouvrage est resté le même.

Déjà populaire parmi les pharmaciens, Dorvault réussit à convaincre ceux à qui il s’était adressé ; un Comité de confrères distingués fut constitué; une souscription fut ouverte et produisit à bref délai un capital d’un million; des statuts furent élaborés, et le nouvel établissement, désigné sous le nom de Pharmacie Centrale des Pharmaciens , commença à fonctionner dès les premiers mois de l’année 1 85 3 , dans un immeuble situé rue des Marais-Saint-Germain, n° 23, rue qui porte aujourd’hui le nom de rue Visconti. Une usine, située à Courbevoie, complétait l’organisation initiale de la Pharmacie Centrale.

C’est en i85q, c’est-à-dire l’année qui suivit sa fondation, que le nom de Pharmacie Centrale de France fut substitué à celui de Pharmacie Centrale des Pharmaciens.

Grâce à l’activité déployée par Dorvault, qui avait été nommé Directeur de cet établissement, les clients devinrent de plus en plus nombreux. Les pharmaciens de Lyon et de la région de l’Est, qui avaient projeté de fonder une maison similaire, fusionnèrent avec la Pharmacie Centrale, et c’est de cette époque que date la succursale lyonnaise, qui, d’année en année, a pris un développement considérable.

Presque simultanément furent créées des factoreries à Bordeaux, a Nantes, à Toulouse et à Rouen. En 1859, Dorvault en établit à Lille, à Bayonne et à Strasbourg; le tour de Rennes vint en 1860 et celui de Marseille en 1869.

En créant ces établissements annexes, Dorvault avait l’intention de se rapprocher des pharmaciens des diverses régions de la France, de faire connaître la Pharmacie Centrale et de vulgariser son cachet.

Dès 1 85 6, en raison du développement de ses affaires, la Pharmacie Centrale se trouvait à l’étroit dans les modestes locaux de la rue des Marais-St-Germain, et Dorvault, d’accord avec son Conseil de surveillance, avait résolu de chercher un

emplacement plus vaste et mieux approprié aux besoins des divers services. C’est en 1859 que fut acheté l’hôtel dans lequel nous sommes actuellement installés et qui était alors occupé par une importante institution. Des constructions furent rapidement édifiées, et, dès 1860, la Pharmacie Centrale s’installa dans cet immeuble dont je ne vous dirai que quelques mots.

Ceux d’entre vous qui ont eu la curiosité de lire l’intéressant historique écrit par M. Sellier, savent que l’hôtel où nous sommes logés a été construit par le duc d’Aumont; ils savent que la belle façade de cet hôtel est due à l’architecte Mansart ; ils savent aussi que Richelieu est né dans cet hôtel, et M. Sellier nous a encore appris une chose qui ne peut que nous être agréable, en nous disant que le contrat de mariage de l’illustre Lavoisier, le fondateur de la chimie moderne, avait été signé dans le magnifique salon qu’a décoré Charles Le Brun.

En 1862, deux ans après que la Pharmacie Centrale avait pris possession de ses nouveaux locaux, suffisamment spacieux pour lui permettre de prendre un nouvel essor, le grand Dumas, qui avait bien voulu venir la visiter, s’exprimait ainsi: « L’ensemble « de ce que je viens de voir donne à la Pharmacie Centrale le « caractère d’une véritable institution d’où assurément il sortira « quelque chose et pour la profession qui la possède et pour le « pays ».

Dumas avait été excellent prophète. Les affaires prirent d’année en année une plus grande extension, et ce qui contribua à les développer ce fut l’acquisition du fonds de droguerie Menier, maison qui comptait 5o années d’existence et qui jouissait d’une réputation méritée auprès des pharmaciens pour la ténuité de ses poudres et pour la bonne qualité de ses produits pharmaceutiques. L’admirable usine que Menier avait fait construire à Saint-Denis devint ainsi la propriété de la Pharmacie Centrale et remplaça l’usine de Courbevoie, devenue, d’ailleurs, insuffisante.

Pendant 27 ans, Dorvault se consacra à la direction de la Pharmacie Centrale; actif et énergique, il surmonta toutes les difficultés qu’il rencontra sur sa route ; nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 1 863, il fut promu au grade d’Officier à la suite de l’Exposition Universelle de 1878.

Sa santé s’étant assez sérieusement ébranlée, il avait projeté de prendre sa retraite pour jouir d’un repos bien mérité, lorsque la mort est venue le surprendre le 16 février 1879, avant qu’il eût réalisé son dessein.

Nous qui sommes les continuateurs de son œuvre, nous qui recueillons maintenant le fruit du labeur qu’il a déployé, nous sommes heureux de saluer, dans la solennité de ce jour, en pré-

sence de son fils, la mémoire du fondateur de la Pharmacie Centrale, et nous nous associons de tout cœur aux paroles que prononçait Genevoix, son successeur, le 23 octobre 1879, le jour où était inauguré, en présence du personnel de la Pharmacie Centrale, le buste élevé en l’honneur de Dorvault dans la cour de cet établissement : « Vous savez aussi bien que moi, « disait-il, que les intérêts matériels ne constituent pas toute « l’existence des individus ; qu’au-dessus de ce côté indispen- « sable et imposé de la vie, il y a le souffle moral, les effluves « du cœur et de l’esprit, et le souffle de vos âmes, en ce mort ment, est un mélange de respectueux souvenir et de recon- « naissance. »

Après vous avoir entretenus des origines delà Pharmacie Centrale et vous avoir fait connaître son fondateur, je ne puis passer sous silence l’œuvre de ses successeurs. A l’époque à laquelle Genevoix prit les rênes de la direction, l’ascension progressive des affaires nécessitait de sérieuses réformes, destinées à assurer les contrôles dans les services et à faciliter le fonctionnement des rouages compliqués que comporte un établissement industriel aussi considérable que le nôtre.

Grâce aux brillantes qualités dont il était doué, il triompha de toutes les difficultés, et les résultats qu’il obtint justifièrent la confiance que nous lui avions accordée.

La fatigue qu’il s’imposa altéra bientôt sa santé, et il fut obligé de résigner ses fonctions en 1889. A lui aussi, les actionnaires de la Pharmacie Centrale adressent leurs hommages reconnaissants, et, comme pour Dorvault, je me félicite d’avoir l’occasion de remplir ce pieux devoir en présence de son fils, qui, portant à notre maison la même affection que son père, a bien voulu nous prêter, comme membre du Conseil de surveillance, le concours de ses lumières et de son expérience.

M. Charles Buchet, directeur actuel , était tout désigné pour recueillir la succession de Genevoix, dont il avait été le collaborateur intime et dévoué pendant plusieurs années.

Au risque d’offenser sa modestie, je puis affirmer qu’il a déjà marqué sa direction d’une empreinte spéciale. Ce qui le caractérise, ce sont ses qualités d’organisateur. A une époque où l’industrie chimique fait des progrès vertigineux, où les nouveaux médicaments se multiplient presque à l’infini, où le besoin se fait impérieusement sentir de perfectionner constamment l’outillage et les procédés de fabrication, de manière à pouvoir lutter contre la concurrence des pays voisins, M. Buchet a pris des dispositions de nature à lui permettre de soutenir la réputation de la Pharmacie Centrale.

Il n’a pas hésité à faire les frais nécessités par la création de

laboratoires d’essais et de recherches; il s’est outillé de manière à fabriquer tout ce qu’il est possible de préparer, et quiconque visite l’usine de Saint-Denis peut constater qu’il y règne, aussi bien qu’à la maison de Paris, une féconde activité. Les principales fabrications que je puis signaler sont celles de la quinine et de ses sels, de la cocaïne, de la lécithine, de l’adrénaline, des benzoates, du salicylate de bismuth, du fer réduit, du citrate de fer, du sous-nitrate de bismuth, des iodures, des sparadraps, des gazes et des cotons antiseptiques, de l’iodoforme, de la magnésie calcinée, des ampoules, etc.

J’ai à peine besoin de vous dire que la Pharmacie Centrale a exposé ses produits dans toutes les Expositions, en France et a l'étranger, et que, partout, elle a constamment remporté les plus hautes récompenses.

Je viens d’esquisser à grands traits les étapes parcourues par la Pharmacie Centrale, depuis sa fondation, dans le domaine commercial; mais vous ne me pardonneriez pas de passer sous silence les œuvres morales qui ont été accomplies par ses Directeurs, d’accord avec le Conseil de surveillance.

Dès l’ouverture de la Pharmacie Centrale, Dorvault la considérait comme un centre vers lequel devaient converger toutes les idées émises par les Pharmaciens, dans le but d’améliorer leur sort; lui-même provoquait les travaux de ses confrères, et moi qui ai assisté et même participé à l’éclosion de l’Association générale des Pharmaciens de France, je ne puis oublier la part qu’a prise Dorvault à la constitution de ce vaste groupement.

A un moment donné, Dorvault avait eu l’idée de faire davantage: il avait conçu le projet de créer une caisse de retraites pour les pharmaciens; des statuts avaient été rédigés; quatre cents souscriptions avaient été recueillies ; chacun envisageait l’avenir avec confiance ; dans un banquet, Genevoix célébrait, dans le langage des muses, la future Caisse de retraites dans les termes suivants:

Que ceux dont la fortune embellit l'existence Emploient leur superflu, soient les premiers inscrits;

La caisse de retraites, où dort tant d'espérance Par eux pourra grossir et féconder ses fruits.

Nous étions alors en i 85 7. Le Gouvernement impérial refusa d'approuver les statuts, sous prétexte qu’ils n’étaient pas en harmonie avec la législation en vigueur.

En 1867, Dorvault, toujours animé du désir de fonder des œuvres utiles à ses confrères, tenta de créer une Caisse d’assurance destinée à prendre à sa charge les risques de responsabilité civile incombant aux pharmaciens à la suite d’erreurs commises

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dans leur officine. La combinaison adoptée par lui était ingénieuse, en ce sens que les pharmaciens étaient assurés sans avoir à verser aucune prime; il leur suffisait d’acheter chaque année pour 1,000 francs de produits, et, plus tard, ce chiffre fut même abaissé à 5oo francs. Cette Caisse d’assurance fonctionna pendant plusieurs années, et la Pharmacie Centrale fit généreusement les frais de plusieurs sinistres. Sur les injonctions du Gouvernement, la Pharmacie Centrale dut renoncer à poursuivre l’œuvre qu’elle avait entreprise.

Dorvault ne se contenta pas de vendre aux pharmaciens des médicaments consciencieusement préparés et d’améliorer leur sort dans la mesure du possible; il voulut encore les stimuler au travail intellectuel ; il organisa des concours annuels, et des prix furent décernés aux auteurs des meilleurs travaux présentés.

En 1866, Brassac, pharmacien à Ambert, l’un des premiers actionnaires de la Pharmacie Centrale, pénétré de l’utilité de ces concours, léguait une somme de 5, 000 francs, dont les arrérages devaient servir à décerner tous les deux ans un prix de 5oo francs à l’auteur du meilleur travail présenté au concours.

Un autre donateur, Lefranc, qui a été membre du Conseil de surveillance pendant de longues années, s’est souvenu qu’il avait été fréquemment chargé de faire le rapport sur les travaux présentés au concours, et il a imité le généreux exemple de Brassac. Le prix qu’il a fondé, et qui porte son nom, alterne chaque année avec le prix Brassac.

Les concours dont je viens de parler ont contribué à entretenir chez les pharmaciens le goût des recherches scientifiques; Dorvault voulut les instruire en mettant à leur disposition un journal traitant de matières se rattachant à l’art de guérir; il fonda, en 1860, Y Union pharmaceutique, qui fut complétée, en 1873, par une annexe consacrée plus spécialement aux questions d’intérêt professionnel et désignée sous le nom de Bulletin commercial.

Après vous avoir signalé ce que la Pharmacie Centrale a fait pour ses actionnaires, au point de vue commercial et au point de vue moral, il me reste à parler du personnel nombreux et dévoué dont l’active collaboration a contribué à la prospérité de notre établissement.

Dans le but de venir en aide à ses employés, Dorvault avait institué une caisse à laquelle il donnait le nom de Caisse des invalides et dont le fonctionnement fut à plusieurs reprises modifié.

C’est surtout à M. Charles Buchet que revient le mérite d’avoir réalisé d’heureuses innovations au profit des six cents ouvriers

ou employés qui composent actuellement le personnel de la Pharmacie centrale.

D’après la règle qu’il a créée, tout employé ou ouvrier des deux sexes qui entre dans la maison est tenu de faire partie d’une Société de secours mutuels; ceux qui sont trop âgés pour entrer dans ces Sociétés reçoivent de la Pharmacie Centrale les soins médicaux et les médicaments.

Depuis 1896, chaque employé ou ouvrier, après six mois de présence dans la maison, est titulaire d’un livret individuel de la Caisse nationale de retraites pour la vieillesse, de telle sorte que, lorsque le Parlement aura voté la loi sur les retraites ouvrières qui lui est soumise, la promulgation de cette loi ne nous prendra pas à l’improviste ; nous aurons alors une organisation toute prête, qu’il sera facile de mettre en harmonie avec les exigences de la loi nouvelle.

De plus, nous mettons chaque année à la disposition de notre Directeur-gérant une somme de 5, 000 francs, dont il fait usage pour subvenir aux besoins éventuels qui surviennent dans le personnel.

Enfin, je dois ajouter que tous les anciens employés ou ouvriers qui, après un séjour prolongé à la Pharmacie Centrale, sont obligés par l’âge ou les infirmités d’abandonner leur travail, reçoivent une pension qui leur est gracieusement allouée, et parfois ces pensions sont accordées à des veuves d’employés.

Je me garderai bien d’oublier de mentionner notre Office pharmaceutique, dont l’existence remonte à l’époque de la direction de Dorvault et qui a pour but de procurer gratuitement des emplois aux élèves en pharmacie et aux garçons de laboratoire.

Après vous avoir raconté aussi brièvement que possible le passé commercial de la Pharmacie Centrale, je vous ai signalé les œuvres et les institutions qu’elle a créées dans un but humanitaire. Je vous propose de boire à sa prospérité toujours croissante, à son Directeur et à tous ses collaborateurs.

Discours de M. GUIGNARD

Membre de l’Institut, Membre de V Académie de Médecine , Directeur de l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris.

Messieurs,

Je tiens, avant tout, au nom de mes collègues de l’École de Pharmacie de Paris, et en mon nom personnel, â remercier Jç

très sympathique et distingue' Directeur de la Pharmacie Centrale de France, M. Buchet, de l’invitation qu’il a bien voulu nous faire d’assister à ce banquet, et des paroles aimables qu’il vient de prononcer à notre adresse.

Vous avez eu raison, mon cher Directeur, de penser qu’il nous serait très agréable de nous joindre ce soir aux nombreux confrères ici présents, et à vos éminents invités, pour fêter avec vous le cinquantième anniversaire de la maison que vous dirigez depuis bientôt douze ans, avec une activité, une intelligence et une probité commerciale qui vous ont attiré la confiance et l’estime de tous.

Si l’Ecole supérieure de Pharmacie est un établissement scientifique, elle est, en même temps, une école professionnelle, et, si nous avons plus spécialement la charge de l’enseignement, nous ne saurions nous désintéresser du côté pratique de notre profession, et par conséquent, dans des circonstances comme celle qui nous réunit ce soir, nous nous en voudrions d'oublier les liens de la solidarité professionnelle.

Aujourd’hui, moins peut-être qu’à aucune autre époque, les professeurs ne peuvent se renfermer dans leur tour d’ivoire et rester indifférents à ce qui les entoure dans le monde commercial et industriel, surtout quand il s’agit de la profession à laquelle ils appartiennent.

En parcourant, il y a quelques semaines, les archives de notre Ecole, afin d’y chercher les matériaux d’une publication destinée à commémorer son centenaire, je voyais que Vauquelin, de même que Fourcroy, que M. le Président du Conseil de la Pharmacie Centrale de France a cité tout à l’heure, avait rêvé de réunir tous les pharmaciens de France en une vaste association qui aurait consacré ses soins, non-seulement à la préparation irréprochable des médicaments, mais encore à l’étude de toutes les questions qui peuvent intéresser notre profession.

Vous savez, Messieurs, commentle fondateur de la Pharmacie Centrale de France a réalisé cette belle et grande conception, comment, tout en créant un établissement commercial, il a su donner à son œuvre un caractère scientifique qui la distingue de toutes les maisons similaires, comment, ensuite, ses successeurs continuant sa tradition ont sans cesse accru la prospérité d’une maison que nous devons considérer, à juste titre, comme la maison commune des pharmaciens.

La Pharmacie Centrale de France n’est pas seulement une Société coopérative admirablement organisée ; elle est, en quelque sorte, l’école où maîtres et élèves peuvent trouver tous les renseignements dont ils ont besoin au point de vue professionnel ; bien plus, M. Crinon le rappelait, la Pharmacie Centrale a

institué des concours et des prix destinés à entretenir l’émulation chez tous les membres de la corporation ; enfin, votre journal, 1 ''Union Pharmaceutique , dont le titre, à lui seul, est tout un programme, tient les maîtres et les élèves au courant de toutes les découvertes scientifiques et des actualités professionnelles. Ce n’est pas tout, vous avez un musée, une bibliothèque, des laboratoires largement ouverts à nos étudiants, pour la reconnaissance de produits qui les intéressent au point de vue des concours; nos étudiants, vous les aidez avant comme après la conquête du diplôme, et, accoutumés de prendre le chemin d’une maison où ils trouvent une si large hospitalité, ils apprennent à aimer la Pharmacie Centrale, en quelque sorte comme leur foyer professionnel.

Voilà, parmi beaucoup d’autres, quelques-unes des raisons pour lesquelles nous sommes très reconnaissants à la Pharmacie Centrale de France et à ses Directeurs; voilà pourquoi nous suivons avec intérêt ses progrès, applaudissant toujours aux nombreux succès que votre maison remporte, dans les nombreuses manifestations du commerce et de l'industrie auxquelles elle prend part.

A ce sujet, permettez-moi de citer mon honorable et savant confrère, M. Haller, ici présent, qui, dans le rapport qu’il a présenté sur la classe des produits chimiques à l’Exposition de 1900, se plaît à reconnaître que la Pharmacie Centrale de France est un établissement de premier ordre et qu’elle compte au nombre des maisons les mieux organisées, les mieux gérées, les mieux réputées.

Messieurs, je souhaite que ces paroles ne cessent jamais d’être vraies, et je lève mon verre à la prospérité toujours croissante de la Pharmacie Centrale de France.

Discours de M. POIRRIER

Vice-Président du Sénat.

Messieurs,

J’ai accepté avec le plus vif empressement l’invitation que m’a fait l’honneur de m’adresser M. le Directeur de la Pharmacie Centrale de France, d’assister à la célébration du Cinquantenaire de cette Société.

J’adresse à M. Buchet des remerciements d’autant plus chaleureux que je suis heureux de pouvoir le féliciter d’avoir organisé cette belle fête, qui est une véritable fête de famille, car le

plus grand nombre des invités sont ou des associés ou des collaborateurs.

Je ne Suis pas moins heureux de rendre hommage à tous ceux qui ont contribué au succès persistant, pendant une période de cinquante années, de la Pharmacie Centrale de France.

Il faut avoir été aux prises avec les difficultés de toute nature, sans cesse renaissantes, d’une exploitation industrielle et commerciale, pour apprécier tout le mérite de ceux qui ont dirigé cette grande et belle Entreprise.

L’auteur initial de cette prospérité — je le répète après M. le Président du Conseil de surveillance — c’est Dorvault. C’est lui quia eu la conception toute géniale de l’organisation de la Pharmacie Centrale.

Il se rendit compte de la transformation profonde que les découvertes incessantes de la chimie faisaient subir à la profession de pharmacien — • à la suite des travaux de ceux-là mêmes qui sortaient de son sein, des Dumas, des Balard, pour ne citer que deux noms parmi les plus illustres. — Dorvault conscient, dis-je, de l’impossibilité pour le pharmacien de préparer, dans son officine, tous les produits pharmaceutiques nouveaux, et de la difficulté de se procurer des produits qui lui donnent toute garantie et toute tranquillité, eu égard aux responsabilités qu’il encourt, dit aux pharmaciens: « Formons une association. Fondons une grande société coopérative de production et de consommation. Les produits que vous ne pourrez pas fabriquer vous-mêmes, seront fabriqués dans une grande officine qui sera la vôtre, qui sera un autre chez vous. Toutes les garanties que vous auriez eues, vous les aurez, car les produits dont vous aurez besoin ne vous seront délivrés qu’après avoir été analysés et contrôlés. En votre qualité d’associés, vous participerez aux bénéfices de l’exploitation ».

Voilà l’esprit qui a présidé à l’organisation de la Pharmacie Centrale.

Pour réaliser ce programme — l’usine primitive étant trop petite — la Société fondée par Dorvault devint propriétaire de l’admirable fabrique de produits pharmaceutiques que Menier avait créée à Saint-Denis et de sa maison de droguerie.

Dans cette usine de Saint-Denis, dans la maison de droguerie que s’est annexée la Pharmacie Centrale, nous trouvons l'empreinte d’un homme, du grand industriel qu’était Menier, à qui vous me permettrez de rendre également hommage. Menier était l’homme aux idées larges, aux grandes initiatives, aux vastes conceptions en matière économique et sociale, et, dusséje blesser la modestie de l’un de ses fils, que je suis heureux de

voir parmi nous, je dirai que l’on trouve en eux les continuateurs de leur père.

Ces deux hommes, Dorvault, Menier, ont marqué tous deux de leur empreinte cette grande et belle société. Ils ont trouvé des continuateurs dignes d’eux, M. Genevoix, l’homme intelliligent et instruit, M. Buchet, le travailleur infatigable à qui je renouvelle mes plus vives félicitations pour les progrès qu’il a réalisés, pour l’essor de plus en plus grand qu’il a donné à la Pharmacie Centrale, malgré la concurrence étrangère toujours plus ardente.

Si je me plais à rendre hommage aux fondateurs de la Pharmacie Centrale et à leurs continuateurs, je me garderai bien d’oublier leurs collaborateurs. En effet, une condition indispensable de la prospérité d’une maison, c’est la bonne harmonie entre ceux qui dirigent et ceux qui exécutent, entre tous les hommes qui collaborent à l’œuvre commune. Cette bonne harmonie, M. Buchet, continuant la tradition de ses prédécesseurs, a su la maintenir et la développer. Il a considéré tous ses collaborateurs comme autant d’intéressés au développement de la maison.

Mû par des idées généreuses, il a devancé la loi que le Parlement est en train d’élaborer, en créant des livrets de retraites, en donnant des pensions aux infirmes et aux vieillards et parfois même aux veuves d’employés.

M. le Directeur, M. le Président du Conseil d’Administration, le plus bel éloge que je puisse faire de la Pharmacie Centrale de France, c’est qu’elle est, à mes yeux, l’image d’une grande famille unie et prospère.

Discours de M. Georges TROUILLOT

Ministre du Commerce , de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes.

Messieurs,

Votre aimable et distingué Directeur voulait bien, tout à l’heure, porter la santé du Ministre du Commerce : j’accepte bien volontiers ses vœux, je voudrais seulement en modifier la forme.

Je voudrais, en effet, — je le lui avais dit en acceptant son invitation, — qu’il y eût ici le moins de Ministre du Commerce possible. La raison en est simple, c’est que, toutes les fois qu’on se trouve en présence d’une industrie privée, si importante soit-elle, industrie qui a ses concurrents et peut-être ses adver-

saires, une grande réserve s’impose à celui qui est placé, officiellement, à la tête des efforts du commerce et de l’industrie du pays tout entier.

Si donc, j’ai accepté de venir présider cette fête, c’est moins en qualité du Ministre du Commerce que pour d’autres raisons. J’ai accepté votre invitation, parce que, renforcés d’un grand nombre de mes meilleurs amis du Parlement, qui sont aussi les vôtres, vous m’avez mis dans l’impossibilité de la décliner. Et, au surplus, après tout ce qui vient d’être dit sur la Pharmacie centrale de France, je n’ai pas grand peine à trouver une autre qualité officielle qui me permette de m’asseoir au milieu de vous. Le Ministre du Commerce qui est, en effet, en même temps, le Ministre de beaucoup de choses, de beaucoup trop de choses (Rires), est, entre autres, le Ministre de l’Assistance et de la Prévoyance sociales.

Cette dernière qualité suffit amplement pour autoriser le Ministre à être des vôtres.

L’œuvre de la Pharmacie Centrale de France n’est pas seulement une œuvre commerciale, c’est aussi une œuvre sociale ; vous avez, en effet, accompli cette grande chose que soulignait M. Poirrier lorsqu’il disait, dans une expression excellente, que vous aviez devancé l’œuvre du législateur en matière d’assistance. C’est un grand bienfait pour vos employés que de recevoir de vous, à la fin de leur carrière, une rente de 365 francs; souhaitons que votre exemple soit suivi ! Cela rendrait singulièrement plus facile l’œuvre du législateur.

A ces retraites, vous ajoutez des secours ; bien plus, vous méritez même les félicitations du collègue au Sénat de M. Poirrier, les félicitations de M. Piot, puisque vous favorisez les mariages, et par là même les naissances (Rires).

Enfin, au moment où se discute devant le Sénat la loi sur les bureaux de placement, je ne puis m’empêcher de signaler que, dans cet ordre d’idées encore, votre œuvre est excellente, puisque chaque année — c'est votre Directeur qui m’en donnait le chiffre — vous faites jusqu’à six mille cinq cent quatre-vingtsept placements.

Voilà, Messieurs, les raisons pour lesquelles ma place était bien marquée au milieu de vous, non seulement comme ami, mais aussi comme Ministre de la très grande œuvre dont vous êtes les collaborateurs précieux ( Vifs applaudissements ).

C’est donc de tout cœur que je bois à votre succès et que je vous apporte mes félicitations ( Applaudissements prolongés).

Je ne veux pas que mes félicitations restent simplement verbales ; grâce à mon collègue de l’Instruction publique, je puis apporter ici des récompenses largement méritées, et je suis heu-

reux, en son nom, de remettre les palmes d’officier d’Académie à MM. Chardigny (Emile), Gillet (Henri), Soënen (Georges) et Walter, collaborateurs de M. Charles Buchet.

Enfin, je m’applaudis de pouvoir remettre la médaille d’honneur du travail à MM. Thiers (André), archiviste et Souchet, menuisier à la Pharmacie Centrale de France ( Vifs applaudissements).

Distinctions Honorifiques

A l’occasion du Cinquantenaire de la Pharmacie Centrale de France, et par arrêté du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, en date du 27 janvier 1904, ont été nommés Officiers d’académie les employés de la Pharmacie Centrale de France, dont les noms suivent:

M. Chardigny (Emile), directeur du service des achats, à la Varenne-Saint-Hilaire (Seine).

M. Gillet (Henri), chef du personnel, professeur au laboratoire Bourbouze, à Paris.

M. Soënen (Georges-Albert-Frédéric), directeur de la succursale de Lyon et délégué cantonal, à Lyon.

M. Walter (Jules-Aloïse), chef de la comptabilité, à Paris.

Médailles d’Honneur

M. Souchet, menuisier à la Pharmacie Centrale de France. M. Thiers (André), archiviste à la Pharmacie Centrale de France.

M. le Ministre du Commerce, de l’Industrie des Postes et Télégraphes a bien voulu leur remettre lui-même les palmes et les médailles d’honneur à l’issue du banquet qu’il présidait.

M. Charles BUCHET

Messieurs,

Permettez-moi de prendre encore la parole pour un instant.

Nous avons l’habitude, à la Pharmacie Centrale, de distribuer une médaille à nos employés qui ont vingt-cinq ans de services. Le vice-président du Sénat, M. Poirrier veut bien remettre luimême ces médailles, je vous demande donc quelques minutes d’attention pour permettre à nos bons serviteurs de recevoir la juste récompense qui leur est due.

Cette médaille a été remise à MM. Cau , Tressarieux, Arnodinot (Louis), Baldy, Caron, Desolières, Lainé, Levavasseur, Maignal (Léger), Maignal (Jean), Préti, Soënen, Souchet.

A l’occasion du Cinquantenaire de la Pharmacie Centrale de France nous publions des pièces de vers qui nous ont été adressées; nous profitons de cette circonstance pour en remercier les auteurs.

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