PARTS LIBRAIRIE FÉLIX ALCAN
108, BOULEVARD S AIKT-GBHMAIN, 10
Toui droiU de triduction et de raproduction tiaerTia.
PRÉFACE
Les études qu'on va lire reproduisent une série de leçons oi^anisées durant l'hiver de 1910-11, à VÉcole des Hautes Éludes sociales^ sur la pbilosopliie allemande contemporaine. Mais elles la reproduisent appauvrie; et nous avons le regret très vif de ne pas pouvoir offrir à nos lecteurs les leçons de M, Lévy-Brùlil sur Vhistoire de la philosophie dans t Allemagne contemporaine, de M. Meyerson sur H philosophie des sciences et notamment sur l'énergétique nouvelle: de M. François Simiand sur la philosophie du droit. L'excuse de notre publication, c'est qu'elle amorce et annonce deux autres séries de leçons, où seront abordés des sujets nouveaux, et où pourront être reproduites les leçons anciennes. Ainsi les lacunes d'aujourd'hui ne sont que toutes provisoires.
Notre ambition serait de présenter un tableau de tout l'acquis philosophique sur lequel vit l'Allemagne de nos jours. Cette activité philosophique a été, selon nous, infiniment riche, variée et novatrice, bien qu'elle n'émane pas toujours des spécialistes de la philosophie. L'apport philosophique est venu souvent des sciences
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S, pénétrées d'une réflexion spéculative nou- !ous voudrions dresser le bilan de ces résultats x, qui ressortent de la science, mais qui posent es nouveaux les problèmes classiques de la phi- ;. La mathématique générale par les recherches ert, de Minkowski, etc. ; la physique générale des années, par Hertz et Lorentz, puis par , Abraham, Planck et Einstein ; la mécanique rgétique nouvelle par Mach, puis par Ostwald ; aie générale, avec Nernst, Van t'Hoff et nann, ont transformé l'idée même que nous L nous faire des conditions d'existence de la . Les recherches biologiques de détail ont ar les généralisations d'un Wilhelm Roux, riesch, un prolongement métaphysique. Il is iodifl'érent qu'un Adolf Engler ait remis ivement les grands travaux de la botanique itique, puisque la théorie générale de l'évoles plantes, et par là des espèces vivantes en , en a reçu un enricliissement dont bénéficie Sophie.
s'accroît pareillement des généralisations derqiii se dégagent de la géologie d'un Eduard j de la géographie humaine, ethnographique et ;e, d'un Hatzel et d'un Vierkandt. Sans la philoles sciences historiques préparée par un Eduard un Theodor Lindner ou un Kurt Breysig, les logiques si rigoureux de Heinrich Ricket-t, de Mmmel et de Wilhelm Dilthey manqueraient concrète. Il n'y a pas une science morale qui se, par ses hypothèses dernières, des problèmes
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nouveaux au sujet des conditions sous lesquelles s'acquièrent les connaissances préjudicielles et s'édifient les conclusions de notre savoir.
Celle de ces sciences positives qui a toujours paru le plus immédiatement en contact avec la recherche métaphysique, est la psychologie. Le présent volume y a touché fréquemment, et a fait remarquer par l'étude sur Husserl les objections d'ordre logique qui s'opposeront toujours à un psychologisme pur. Mais ces travaux de la psychologie positive, initiée à des méthodes nouvelles par un W. Wundt, nous comptons bien les exposer dans leur ensemble. Ni Ebbinghaus, ni Lipps, ni Mdnsterberg ne seront oubliés; ni, après eux, Meuraann et les travailleurs de VArchiv fur die gesamte Psychologie. Les grands travaux de psychologie acoustique et musicale de Cari Stumpf seront exposés de façon à attester qu'ils trouvent aussi parmi nous des adeptes et des continuateurs. L'école psychologique et logique de Franz Brentano aura sa description ; et nous n'ignorons pas qu'elle a déjà dans des métaphysiciens de la Gegenstandsphtlosopkie et de la « philosophie des valeurs », tels que Meiuong, des ramifications souterraines, d'où sont sorties des poussées d'idées puissamment dissidentes de celles du maître.
Les sciences sociales, que nous exposons dans ce * premier volume par leur aspect le plus général, vont être abordées dans leur réalité concrète par nos études ultérieures. Nous n'oublierons pas que, dans la philosophie du droit, depuis Kohler, mais surtout depuis Otto Gierke, il s'est poursuivi tout un développement,
nourri d'histoire, mais qui aboutit en Rudolf Stammler à des études de méthodologie générale, kantiennes par rorientation, alimentées toutefois et fortifiées de tout ce long travail historique préalable. Nous saurons prendre garde que souvent le travail théologique spécialisé a été fécond, chez les Allemands, en résultats de métaphysique générale: et l'esquisse sommaire du présent volume, qui, légitimement, situe Rudolf Eucken au centre de la philosophie religieuse allemande d'aujourd'hui, sera suivie de descriptions détaillées qui feront leur part aux courants schleiermacherieus, herbartiens, ritschliens, par où la théologie allemande contemporaine a témoigné que l'esprit vivant en elle n'est pas seulement l'esprit d'Église et Tesprit philologique, mais un esprit de large et neuve création métaphysique. Par tous les côtés, après ces excursions dans les généralités les plus hautes des sciences spéciales, nous rentrerons dans les disciplines philosophiques proprement dites. Toutes les contributions è. la théorie de la connaissance qui sont venues d'Avenartus, de Riehl, de Renno Erdmann, de Karl Joël, ou de cette école de Marburg, où collaborent, d'une façon si utile Cohen et Paul Natorp, trouveront ici leur description raisonnée et, croyons-nous, leur appréciation équitable. Au terme les essais de pédagogie sociale les plus éminents; les généralisations les plus solides et les plus philosophiques sur le passé et sur la destinée des civilisations ouvriront des perspectives sur ce champ de recherche nouveau chez les Allemands qu'ils appellent Kulturamckauung , mais où nous retrouverons, quant à nous, le plus
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clair béritage et la plus authentique continuation 4e notre philosophie sociale française; et ce sont des préoccupations françaises encore que nous croirons reconnaître dans celte discipline pratique nouvelle qu'un Scheu ou un David Koigen appelleront Kullurpoliiik. Toutefois, ces affinités que nous croirons distinguer entre la pensée française et la pensée allemande, prouveront elles-mêmes que notre présente série d'études ne s'inspire pas seulement d'une préoccupation critique, mais d'une véritahle sympathie.
Plusieurs des noms prononcés dans ces études, et dans les suivantes, reparaîtront à diverses reprises. Cela est nécessaire. Sans vouloir déchirer le lien systématique personnel qui noue intérieurement les doctrines d'un même auteur, nous avons dû songer aussi à présenter des mouvements d'idées généraux. La collaboration très variée, à laquelle nous avons fait appel, nécessitait un plan très souple. Nous croyons que ce plan apparaîtra mieux à mesure que se dérouleront ces études. Elles formeront des groupes lâches, mais non désunis, dans chaque volume; et ces volumes s'uniront en un tout naturel, suivant une marche méthodique, mais dénuée de contrainte. Plus d'une étude reflétera monadologiquement l'ensemble. Une conclusion résumera l'enseignement général qui se dégagera de cet ensemble lui-même.
Je dois des remerciements à mon ami Lucien Herr, dont la compétence bibliographique inépuisable et le haut esprit philosophique nous ont souvent soutenus; et à M. D. Parodi, professeur de philosophie au Lycée
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it l'activité, si intelligente et dévouée, a possible l'organisation de nos conférensssion du présent volume.
Charles ândler.