II. Marquons d'abord le caractère et le plan de cette étude
H ne s'a^ pas, pour nous, de refaire dans son ensemble, encore moins dans ses détails, l'histoire de la sophistique. Nous n'avons pas non plus à revenir sur ce qui a été dit de sa nature et de ses causes, de son rôle, etc., ni de l'enseignement des sophistes, du contenu et des points essentiels de leurs doctrines, de la solution donnée par eux aux pDoblèmes principaux de la philosophie (voy. p. 80-96). Ce que nous iX)us proposons, c'est une revision des deux tkèses soutenues par les deux écoles que l'on dit avoir réhabilité les sophistes : Yidéalisw^ nllemandj représenté par Hegel ^ et le positivisme anglais^ dont MM. Grote et Lewee sont, comme historiens, les plus éminents interprètes.
Nous exposerons successivement les deux thèses et les raiscas sur lesquelles elles s'appuient, que nous aurons soin de discuter et d'apprécier. La comparaison que nous établirons entre elles nous permettra de faire ressortir leurs ressemblances et leurs différences. On pourra voir ainsi jusqu'à quel point elles sont propres à modifier l'opî* nion andenne, si, comme on Ta dit, ceUe-cî doit être totalement chaA» gée, ou bien si elle doit être maintenue dans son intégrité. Ce qu'il peut y avoir de vrai dans les deux thèses, ou ce que la critique moderne peut accepter de la conception nouvelle et des redierches qu'elle a suscitées, devra également ressortir de notre conchisioa.
Avant de nous livrer à cet examen, qu'on nous permette quelles réflexions.
1. Dans le cbap. consacré aux sophistes, p. 9^106, et dans im Essai sur la Sophistique à la suite du Gorgias de FlaUm (Delagrave^ 1866).