CONCLUSION GÉNÉRALE
OU peu honorables, qui sait tirer le bien du mal dans la conduite des hommes, s*emparer de leurs vues intéressées, de leurs passions égoïstes, des mobiles qui les font agir, pour les faire concourir à leur insu à Tavancemenl des sciences et des arts ou à raccômplissement de toute autre fin qu'elle se propose. Ceci est, si Ton veut, le côté fatal de l*hisloire.
L'autre côté, que j'appelle le (Aie philosophique^ à la fois théorique et pratique^ est celui de la nature môme de la sophistique, de sa valeur inlrinsèque, des mérites et des défauts des hommes qui la représentent. Ce côté-là, c'est précisément Vitlée qu'on doit se faire de la sophbtique et que nous avons suivie dans tout le cours de son histoire. Or nous croyons avoir montré qu'elle n'a pas changé depuis les premiers qui l'ont définie et jugée parmi les contemporains des sophistes. Cette idée, elle est absolument la même qu'elle était du temps de Socrale, de Platon, d'Ârîstote, de Xénopbon et telle qu'elle fut chez leurs successeurs plus ou moins immédiats ou éloignés. Elle s'est perpétuée invariable en elle-môme pendant le cours des siècles, dans les jugements qui la suivent et qui en sont la conséquence. Ce qu'on a pu faire et dire à l'époque où nous sommes ne nous a pas semblé capable de la changer ou de la modifier. C'est que cette conception est celle de la raison la plus éclairée, personnifiée dans ses plus illustres interprètes. Le jugement, c'est celui de la conscience humaine dont ik Oui été les organes.
Nous n'avons done, pour terminer cette nouvelle étude, qu'à répéter en y changeant un mol, la phrase qui lui sert de devise : Opinionum commenta delet dies^ conscierUiœ judicia confirmât, (Cic.)