LXXII LBS SCIENCES ANTÉRIEURES A LA PHILOSOPHIE
sophe dans toute Tantiquité. Comment et à quel titre? Comme médecin et savant il faisait des expériences qui lui servirent pour la pratique à guérir ses malades. S*il n'avait pas été au delà il n'eût été que savant et praticien; mais il fonda et mit en honneur la méthode expérimentale, ce qui lui assigna un rang parmi les philosophes (Voy. Platon). Sa science médicale et son art ne seraient pas moins fort curieux à connaître des médecins d'aujourd'hui ; mais son traité des Lieux, des Eaux et des Airs est d'un tout autre intérêt général. Platon dans le Timée, expose des théories physiques, chimiques, et toute une physique mathématique qu'il emprunte aux Pythagoriciens. Pour l'historien des systèmes, cela n'a d'intérêt que par le côté général des principes, de l'esprit et de l'ensemble. Bans le ym« livre de la République, le même Platon introduit, au début, le nombre célèbre auquel est lié, selon lui, le sort de sa cité idéale. Les mathématiciens se sont cassé la tête pour expliquer ce nombre et trouver la clef du problème (il n'est pas sûr qu'il soit résolu). L'historien de la philosophie, qui le cite, passe outre. Mais le système astronomique de Platon, son rapport avec celui des Pythagoriciens, le retour aux nombres, dans la dernière période de la philosophie platonicienne {les Lois), ont une grande importance philosophique et ne sauraient être omis, sans laisser une lacune qui serait reprochée à l'historien.
A mesure que l'on avance dans la philosophie ancienne, la sépa« ration se fait d'elle-même ou devient plus facile. Chez les modernes elle est toute faite. Les sciences se sont détachées de la philosophie sans qu'on puisse dire qu'elles en soient indépendantes. Elles y tiennent et en dépendent par leur esprit, par leur méthode, par les résultats généraux où elles conduisent comme par leurs principes. La distinction n'est pas moins réelle, et tranchée. Aussi, y a-t-il des savants plus ou moins philosophes et d'autres, de purs savants qui ne le sont pas du tout, qui même s'en vantent ou se défient de la philosophie, n en est qui rejettent toute théorie métaphysique, ce qui ne les em* pêche pas d'être éminents dans leur spécialité. Mais nous devons couper court à cet examen :
La difficulté est plus grande pour les sciences morales plus étroitement liées à la philosophie. Et cependant les mêmes règles bien appliquées mamtiennent la distinction ^
1. a L*bi8toire de la philosophie ne saurait admettre toutes les idées, tontes les hypothèses, les caprices qui ont pu entrer dans les esprits occupés à philosopher. Cela serait à la fois impraticable et inutile; mais les seules opinions philosophiques qui doivent y trouirer place sont celles qui le méritent par leur originalité, leur valeur intrinsèque et leur influence sur les époques contemporaines et subséquentes. » (Tennemann.)