LE ROYAUME DU CHRIST
I . L'Evangile est appelé dans les saintes Écritures « l'Evangile du royaume ». Saint Ignace de Loyola explique cette pensée dans la parabole suivante :
Qu'on s'imagine un roi légitime, établi par Dieu et doué de toutes les qualités personnelles, plein de bonté et généreux. Il est un grand et puissant souverain; tous lui doivent respect et obéissance, et, de droit divin, relèvent de lui.
Ce roi se prétend autorisé par Dieu à adresser à son peuple un appel, où il déclare que sa volonté est de soumettre tout le monde révolutionnaire au pouvoir légitime. C'est un plan juste et saint, dirigé vers le but le plus idéal. C'est un plan acceptable; car le prince promet de n'exiger de personne des fatigues et des tracas qu'il ne soit le premier à supporter. C'est un plan glorieux, car la victoire est certaine et promise par Dieu.
A quoi donc doivent se déterminer des sujets raisonnables et bien nés? Aux époques où l'on convoquait le ban de l'armée en divers pays, on répondait à l'appel, dans des conditions bien moins favorables.
4 2^ SEMAINE. 1. l'imitation DU CHRIST
Pour- beaucoup, le motif de suivre le drapeau était une raison de nécessité ; d'autres s'inspiraient d'une bravoure chevaleresque.
11 fout plaindre le lâche qui n'estime que sa vie, qui ne la sacrifie pas joyeusement, avec les frémissements de l'enthousiasme, pour une noble cause.
2. Cette parabole doit nous amener à considérer les motifs que nous avons de nous attacher au Christ, notre Seigneur.
Ce souverain est un homme de la même nature que nous; mais il est le plus parfait, le plus attrayant, le plus magnanime, le plu5 désintéressé, le plus bienveillant des hommes. Il est envoyé par Dieu dans le monde comme docteur et prophète, roi et Messie; le ciel et la terre doivent lui être soumis.
Le Christ envoie les siens dans le monde : ils sont chargés d'annoncer l'heureuse nouvelle de l'avènement du royaume du ciel (Matth., x, 7), avec ses fins et ses promesses (Luc, ix, 2) ; ils doivent consoler les hommes, leur procurer le bien du corps et de l'âme, leur souhaiter et leur donner la paix, les biens temporels et éternels (Matth., X, 12).
Le Christ a merveilleusement prouvé sa mission divine. Il est lui-même Dieu, un avec le Père; c'est pourquoi il peut, de sa propre autorité, pardonner les péchés, opérer des miracles, se déclarer le juge à venir des vivants et des morts, exiger qu'on se donne à lui comme on se donne à Dieu seul.
En lui est notre fin dernière. 11 est notre ^^igneur, notre Dieu suprême ; le servir c'est, dans toute la force du mot, servir Dieu.
Il n'est pas seulement le fondateur du culte chrétien,