LE RENONCEMENT A SOI-MÊME I
4. Pratiquez le renoncement dans le choix de vos relations. Les relations sont d'une conséquence extrême. Les mœurs et les goûts se communiquent; on adopte le caractère, même l'esprit de ses compagnons, sans s'en douter.
Gardez-vous d'être exclusif; c'est du choc des idées que jaillit la lumière.
N'exagérez en rien. Aristote ramenait toute la sagesse à la modération. Le droit poussé trop loin devient l'injustice. Une trop grande tension d'esprit émousse l'intelligence.
Dans les meilleures choses, il y a un danger : c'est que l'emploi trop fréquent ne devienne un abus, et que l'effort trop prolongé n'amène le dégoût. Néanmoins vous devez juger excellent ce qui est excellent.
<y. En tout, gardez la mesure. Il ne s'agit pas d'abattre en un jour ce qui demande une année de travail.
Ne permettez pas à votre lumière d'éblouir. N'être bon à rien, c'est un malheur, mais il ne faut pas vouloir être bon à tout.
On ne doit jamais montrer plus de force, plus d'intelligence qu'il n'est nécessaire.
Renoncez à vos aises ; ceux qui aiment leurs aises sont bientôt à charge à eux-mêmes et aux autres.
Réglez votre extérieur, mais plus encore votre intérieur. Les manières d'un chacun sont ordinairement le reflet de son cœur et de son intelligence.
L'intérieur doit toujours avoir à nos yt?ux deux fois plus de prix que l'extérieur. 11 y a des gens qui sont tout en façade ; ne leur ressemblez pas.
Pour arriver à ces résultats et à d'autres analogues, le renoncement constant est d'une absolue nécessité.
Elïorcez-vous d'arracher à votre amour-propre la direction de tout votre être et de la confier à l'amour de Dieu.