PRATIQUE DE L'AMOUR DU PROCHAIN
I . Soyez bienveillants envers tout le inonde. La bienveillance, c'est le désir du bonheur d'autrui. Voulez-vous être parfaitement heureux vous-mêmes : faites le bonheur des autres. On ne ressemble jamais mieux à Dieu que lorsqu'on rend son prochain vraiment heureux.
Avant tout ayez en horreur toute injustice. Laissez volontiers à chacun ce qu'il a le droit de réclamer.
Ne vous vengez jamais; soyez conciliants et pardonnez volontiers. L'amour qui pardonne et l'amour des ennemis sont des traits caractéristiques de la vertu chrétienne.
Ne faites de tort à personne. Souffrez vous-mêmes plutôt que de faire souffrir les autres.
Ce qui vous accable, ne le faites peser sur personne; ne jetez pas votre fardeau sur les épaules d'autrui.
Aimez à reconnaître le mérite d'autrui ; réjouissez-vous du bonheur du prochain plus que du vôtre. « Soyez dans la joie avec ceux qui sont dans la joie et pleurez avec ceux qui pleurent. »(Rom., xii, 15.)
Pensez des autres tout le bien possible. L'homme est si faible qu'il croit plus facilement le mal que le bien chez autrui, et qu'il en parle plus facilement. Aussi l'homme
PRATigjJh UK 1. AMOUR DU l'ROCHAlN 4y
iiilelligeiit ne croit-il pas facilement à tous les bavardages, que l'auteur de ces bavardages soit mort ou qu'il vive encore ; il est encore moins prompt à tout colporter à l'aventure et sans rétlexion.
L'homme honnête pense du bien même du méchant: le méchant pense mal même de l'homme de bien. Un proverbe oriental dit : « Les mouches trouvent les blessures, les abeilles trouvent les fleurs : les bons trouvent les qualités, les hommes communs trouvent les défauts. Le stercoraire vole lui aussi, mais il vole d'un tas de fumier à l'autre. »
Un instinct naturel nous pousse à voiler nos propres défauts et à nous réjouir quand nous découvrons les défauts des autres. La charité chrétienne met ordre à cet excès.
2. Soyez fidèles dans la charité comme le Christ, qui, après avoir aimé les siens, qui étaient dans le monde, les aima jusqu'à la fin (Jean, xiii, i).
« Faites donc aux hommes tout ce que vous voulez qu'ils vous fassent. » (Matth., vu, 12.) « Prévenez-vous les uns les autres £|ar des témoignages d'honneur et de déférence. » (Rom., xii, 10.)
Que votre charité ne s'en tienne pas aux seules démonstrations extérieures. N'attachez pas une trop grande importance aux simples paroles; souvent elles ne sont qu'un mensonge de politesse. Les paroles n'ont un sens que lorsqu'elles sont le gage de la réalité. C'est pourquoi saint Jean dit : « Mes petits enfants, n'aimons pas de parole et de langue, mais en acte et en vérité. » (i Jean, m, 18.)
Ayez de l'estime pour les autres. Il ne faut pas abuser de la faveur et de l'amitié d'autrui ; il ne faut rien exiger
4t> 2*' SEMAINE. 1. l'imitation DU CHRIST
d'injuste de personne; on ne doit pas se rire de l'ignorance d'autrui ; on ne doit pas plaisanter quand le prochain est en droit de ne pas s'attendre à la plaisanterie.