‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 168 sur 344 · LE MAGNIFICAT · texte numérisé non relu

LE MAGNIFICAT

1. A la suite du message de l'ange, Marie, la Mère de Dieu, fit une visite à sainte Elisabeth. Le but caché de cette visite était la révélation de l'Incarnation de Dieu; c'était aussi d'apporter ses bénédictions à Jean-Baptiste et à Elisabeth.

Marie manifeste ici sa foi et son humilité, son empressement à suivre les inspirations de Dieu.

Elisabeth est le modèle du culte que l'on doit à Marie. Hlle indique trois raisons de vénérer Marie.

Tout d'abord, elle appelle Marie la Mère de Dieu et loue le fruit de ses entrailles (Luc, i. 42-4^). En deuxième lieu, elle célèbre sa vertu, sa foi (Ibid., i, 45). En troisième lieu, elle célèbre les grâces accordées à Marie : Vous êtes bénie entre toutes les femmes (Luc. I, 42). Pour ces raisons, elle a une si haute idée de Marie, qu'elle se déclare indigne de sa visite. (Ibid., i, 43.)

2. Dans le cantique du Magnificat. Marie rapporte à Dieu les éloges qu'elle reçoit (ibid., 1, 47). Dans l'œuvre de la Rédemption se manifestent la puissance de Dieu, sa miséricorde, sa fidélité.

Par suite de ce mystère, Marie, en sa qualité de Mère du Seigneur, est élevée à un degré infini de dignité, de sainteté, de gloire.

Le royaume du monde, royaume d'orgueil, de présomption et d'égoïsme, est vaincu, il est détruit. La pauvreté, l'humilité et l'abaissement ont toujours été les traits caractéristiques du royaume de Dieu dans son origine et sa réalisation, dans ses lois admirables et ses moyens d'action.

3. Nous aussi nous honorons Marie et nous l'appelons bienheureuse, ainsi que l'Évangile a prédit qu'elle le serait : « Voilà que désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse. »

Comment n'honorerions-nous pas la Mère de Jésus, Marie, à qui Jésus a toujours été uni par l'amour le plus tendre? Si nous honorons Marie, c'est aussi parce que Dieu l'a préférée à tous les hommes et à tous les anges. Nous l'honorons parce que sa place dans l'œuvre de salut nous la donne pour mère.

Toute société est une extension morale de la personne de son fondateur. Cela est particulièrement vrai du christianisme, par lequel la Divinité est entrée avec nous dans une relation intime, une relation de famille. Si Marie est la Mère de Jésus, elle est aussi notre Mère. Si nous sommes les frères de Jésus-Christ, nous sommes les enfants de Marie. Si Jésus est notre vie, c'est Marie qui nous a donné cette vie.

Ainsi les rapports surnaturels de Marie avec les chrétiens sont fondés sur la nature même du christianisme. Les premiers chrétiens l'ont senti ; il n'est pas étonnant que dans le cours des temps on ait interprété en ce sens ces paroles du Seigneur sur la croix : « Voici votre Mère. »

Page 1