‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 190 sur 344 · LA PRIÈRE · texte numérisé non relu

LA PRIÈRE

4. L:i niédilatioii ;i un triple but : ranimer les sentiments chrétiens dans l'intelligence et dans le cœur, mettre ordre à la conscience relativement au passé, prévoir l'avenir. Où irez-vous sans la méditation? Là où vous ne voulez pas aller : vous en arriverez à considérer la vie sous un aspect troublé; vous en arriverez à endurcir votre cœur, à le rendre insensible au bien et uniquement désireux du bien-être terrestre ; à lui faire oublier le passé, négliger le présent, ne pas s'inquiéter de l'avenir; vous en arriverez à mener une vie païenne sous le masque d'un christianisme hypocrite.

Souvent l'ignorance coupable des vérités du salut est pour l'homme la cause de sa damnation ; mais plus souvent encore c'est faute d'examiner ces vérités, qu'on se rend malheureux pour le temps et pour l'éternité.

La vertu d'un homme sera ce qu'est sa prière. Sans doute il en est qui paraissent prier beaucoup, et qui ont très peu de vertu. Mais ce n'est pas la prière : c'est l'apparence pharisaïque de la prière, qui cause leur perte, il en est d'autres qui négligent totalement la piété, et qui cependant semblent être d'honnêtes gens. Mais ce n'est point la vertu, c'est l'apparence de la vertu qui a sa cause dans un heureux tempérament et dans un égoïsme plein de calcul. En tant que cette « vertu » repose sur l'idolâtrie de soi-même, elle aboutit à perdre ces âmes.

5. Lorsque l'âme prie, le corps tombe à genoux. 11 est dans la nature de l'homme que son attitude extérieure exerce une influence considérable sur ses dispositions intérieures. L'attitude extérieure dans la prière est importante, mais elle n'est pas l'essentiel. Priez de la manière qui favorise davantage votre commerce avec Dieu.

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