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LA VIE DE FAMILLE

1 . La famille est une institution de Dieu ; la plupart des hommes sont destinés par Dieu à mener la vie de famille. Si la virginité est en soi plus parfaite que le mariage, il ne s'ensuit pas que le mariage soit un état imparfait.

Tout ce qu'il y a de naturel dans le mariage est une institution de Dieu et doit être sanctifié par l'excellence de l'intention.

Le Christ a sanctifié la vie de famille. Il est lui-même entré dans la famille chrétienne autant que cela était compatible avec son œuvre à la fois divine et humaine, et que Dieu le voulait. C'est à l'occasion d'un festin de noces que le Seigneur a opéré son premier miracle.

Nous avons dans la maison de Nazareth l'idéal d'une famille chrétienne.

2. 11 n'y a de bonheur dans une maison que si Dieu y est le maître et si tous s'efforcent de faire la volonté divine. En cela le Christ est notre plus parfait modèle. Dieu semble le laisser longtemps attendre ; avant d'entreprendre son apostolat, il attendit jusqu'à sa trentième année. Le Seigneur resta caché, dans la vie de famille, dans la

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soumission, dans la dépendance des parents, environ deux fois aussi longtemps que les autres enfants.

La disposition de son cœur durant cette prolongation de sa vie cachée dans des occupations en apparence sans portée était la joie. Jamais une parole, jamais un soupir sur ses lèvres contre l'insignifiance et l'inutilité de sa vie; jamais le moindre désir d'une vie plus utile et plus agissante au dehors.

Le Sauveur voyait partout la volonté de Dieu, et il lui suffisait de l'accomplir avec une attention parfaite, avec zèle et avec amour. Opérer des miracles ou équarrir un morceau de bois avait pour lui la même valeur. Marie et Joseph ne pensaient pas autrement que Jésus.

Le chrétien doit faire de la vie de f^unille une école et un exercice de vertus. Ce n'est point exclure les soins et les travaux de la vie, c'est les supposer.

11 n'est pas une vertu chrétienne qui ne puisse, qui ne doive être pratiquée dans la vie de famille.

3. En premier lieu, la crainte de Dieu et la piété. Les femmes doivent veiller à ce que leurs maris soient pieux : l'homme sans piété est un monstre grossier, brutal et de mauvaise conduite. Les maris doivent veiller à ce que leurs femmes soient pieuses : une femme sans piété est un être très fragile, toujours prêt à tomber, insignifiant- Les parents doivent veiller à ce que leurs enfants soient pieux. Le manque de piété entraîne les enfants dans tous les vices.

Le rôle principal de la piété est de réprimer l'humeur capricieuse, cause de tant de fautes diins les familles. La prière éclaire l'intelligence et fortifie la volonté : elle uide à vaincre l'imagination, la mélancolie, l'extravagance, la susceptibilité. Ceux qui prient comme il faut ont d'ordinaire

plus de force et de rectitude dans l'intelligence et dans le jugement.

La piété chrétienne doit marquer toute la famille de son empreinte. Au seul arrangement de la maison et à l'organisation de la vie de famille, chacun doit pouvoir reconnaître qu'il se trouve dans une maison chrétienne.

Il faut la prière du matin, la prière du soir et d'autres dévotions domestiques, suivant l'usage des familles chrétiennes.

La vieille habitude de réciter en commun la prière avant et après les repas a un sens profond. Le chrétien jouit et se réjouit de la vie parce que tels sont Tordre et la volonté de Dieu. Un plaisir dans lequel il n'est pas possible de faire entrer une bonne intention est un plaisir indigne de l'homme.

L'homme ne doit pas prendre sa nourriture comme l'animal. L'animal dévore et s'arrête à la satisfaction des sens. Et cependant bien souvent l'animal pourrait vous rappeler votre devoir. Voyez : la poule n'avale pas une goutte d'eau sans lever un regard vers le ciel. Et la colombe ne becqueté pas un grain sans s'être auparavant penchée vers le sol, comme pour prier. Ce qu'elles font inconsciemment, faites-le avec conscience pour n'avoir pas à rougir devant elles (Rùckert).

4. La deuxième vertu est l'amour et l'attachement mutuels dont Dieu fait une obligation à chacun des membres de la famille.

L'amour doit être avant tout un amour dévoué, qui se prouve par la fidélité à observer et à pratiquer tout ce que les membres de la famille doivent attendre les uns des autres.

L'amour doit se témoigner par la patience et le support

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