L'EFFORT VERS LA PERFECTION
I. 11 y a un effort vers la perfection auquel nous sommes tous appelés. Il y a aussi un effort qui dépasse la vie ordinaire des chrétiens et qui tend à une perfection plus haute.
Dans sa vie cachée, le Sauveur nous a montré la perfection de la vie ordinaire ; il y a posé la condition de tout progrès personnel et social, de toute prospérité privée et publique.
C'est avant tout la continuelle attention à la très sainte volonté de Dieu. « Faire la volonté de Dieu, c'est là le tout de l'homme et de la vie. » (EccL, xii, 13.)
Dans son égoïsme étroit, l'homme ne croit vivre réellement que s'il fait ce qui lui plaît, ce qui satisfait ses passions, son caprice, son honneur, sa cupidité et sa sensualité. Et cependant une seule chose importe : vivre comme Dieu veut. La volonté de Dieu est sage, sainte, assez glorieuse non seulement pour que nous nous en contentions, mais pour nous rendre parfaitement et vraiment heureux. Celui qui accomplit ce que Dieu veut en fait assez, et celui que Dieu reconnaît pour son fidèle serviteur possède assez de gloire.
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L'eftbrl vers la perfection n'exige point absolument que nous changions d'occupations, mais que nous fassions pour l'amour de Dieu ce que jusqu'ici nous avons fait sans nous le proposer pour objet.
2. C'est, en second lieu, l'esprit de prière qui doit éclairer toute la vie chrétienne.
C'est, en troisième lieu, l'acceptation volontaire des conditions et des exigences de la vie ordinaire du chrétien. Avant de prêcher l'Evangile et de renouveler la société humaine par ses enseignements, le Seigneur commence par pratiquer lui-même l'Evangile.
La vie cachée à Nazareth est l'Evangile de la vie sociale. La plupart des hommes sont appelés à passer leur vie dans des circonstances analogues et à gagner le ciel dans les mêmes conditions.
Le Sauveur était satisfait de la place que Dieu lui avait assignée. Il travailla et obéit jusqu'à sa trentième année. Longtemps, par conséquent! Lui, le Messie, il demeura tout ce temps dans cette vie de famille, tout ordinaire, dans ces rapports de soumission, de dépendance, de retraite.
Durant ce temps, que d'événements agitèrent le monde de la politique et de la science ! Mais, devant Dieu, rien n'était aussi grand que Jésus dans ses humbles occupations et dans le calme de Nazareth.
3. C'est enfin, en quatrième lieu, l'esprit de progrès, qui consiste à remplir toujours plus parfaitement les devoirs de la vie. « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Matth., v, 48.)
Prenez-vous tel que vous êtes pour devenir peu à peu tel que vous devez être. Pour monter à une échelle, il faut commencer par l'échelon le plus bas.
Dans notre effort vers la perfection, nous avons besoin de modèles. Que chacun se représente ceux qui ont excellé dans une vocation semblable à la sienne, qu'il se propose sinon de les égaler, du moins de s'encourager par de tels exemples.
11 nous faut un illustre modèle ou un but élevé, sans quoi nos forces s'épuisent.
« Ne vous inquiétez point du lendemain. » (Matth., vi, 34.) Aujourd'hui seul est en votre pouvoir. Réfléchissez, décidez-vous promptement et soyez toujours prêt à l'action.
Songeons sans cesse à nous déshabituer du mal, mais bien plus encore à nous accoutumer au bien.
Même dans la vie spirituelle, il vaut mieux être l'agresseur que se tenir sur la défensive.
Fuir le mal, mon fils, est toujours beau. Mais si la chose est utile, il faut emporter le bien de haute lutte.
Agissez toujours de façon à éviter la recherche de la louange ; mais que toutes vos œuvres, cependant, soient telles qu'on ne puisse rien y trouver à redire.
La perfection ne consiste pas dans la quantité, mais dans la qualité. Ne ressemblons point à ceux qui estiment les livres uniquement d'après leur épaisseur.
La perfection demande non seulement la circonspection du moment dans le choix entre le bien et le mal, mais aussi la tendance constante, habituelle au bien. Celle-ci s'acquiert, s'affermit, s'augmente par celle-là.
4. Rien n'est pis que l'apparence sans la réalité. Le travail doit être solide : toutefois, que les dehors soient agréables. Si la vertu est vraie, les dehors qui l'accompagnent ont aussi leur importance. Le plus souvent les choses valent plus par ce qu'elles paraissent que par ce