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LE PROGRES CONTINUEL

I . Il est dit du Christ : « L'enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en lui ». (Luc. II, 40.) Avec les années, Jésus grandissait en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Le Sauveur ne pouvait croître intérieurement : il cachait donc sa sainteté et la faisait paraître peu à peu suivant les progrès de l'âge et les circonstances extérieures.

Ce détail de la vie divine nous donne une grande leçon : la vie du chrétien doit être un progrès continuel.

On ne naît point parfait, on ne devient pas parfait tout d'un coup, mais on doit se perfectionner chaque jour intérieurement et extérieurement.

Il n'y a pas d'arrêt dans la vie : on se modifie constamment et on est sans cesse à même de pouvoir se modifier dans le sens du mal ou dans celui du bien.

Les organismes commencent d'ordinaire à dépérir du moment où ils ne croissent plus. La barque qui ne remonte pas le courant est entraînée en arrière. De même, c'est un fait d'expérience universelle que l'homme qui ne cherche pas à avancer recule. Pas d'arrêt non plus sur le chemin de la vertu.

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Tant qu'on se préoccupe de ce qu'il faut retrancher ou améliorer, tout va bien.

L'obligation d'un progrès constant nous est souvent rappelée (Eph., iv, is ; i Cor., xiv, 12; 2 Cor., ix, 8-1 1 ; Coloss., I. 10; 1 Thess., iv, i ; i Petr.. 11. 2: 2 Petr., m, 18).

2. Le progrès ne consiste pas en des choses extérieures, en des choses accidentelles qui ne dépendent point de notre libre volonté. Il consiste à diminuer nos péchés et nos fautes volontaires, à vaincre nos passions désordonnées, à acquérir et à pratiquer les vertus de notre état, à accomplir des œuvres agréables à Dieu, à nous efforcer vers la perfection chrétienne. Sans cela votre progrès ressemble aux ailes d'un moulin à vent : elles sont toujours en mouvement, mais elles tournent toujours dans le même cercle.

Le progrès doit être durable et constant. Observez l'aimant, il faut qu'il porte toujours un poids. Sans exercice, les forces se perdent : elles grandissent par l'action. On descend très vite, on monte très lentement. Vous pouvez perdre en une heure ce que vous avez mis plusieurs jours à acquérir.

Plus d'un défaut se corrige par un effort constant.

11 est des gens qui par nature sont maladroits, comme s'ils étaient nés avec une intelligence à l'envers, et il en est qui par nature sont passionnés, comme si dès l'origine ils étaient destinés à l'enfer. L'attention constante, une continuelle réflexion, l'empire sur soi-même, peuvent vaincre même ces défauts naturels.

C'est une illusion de votre amour-propre de désirer avec trop d'impatience d'être rapidement délivré de vos imperfections.

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11 ne faut pas vouloir avancer trop vite, mais aller progressivement. Celui qui veut escalader une tour monte degré par degré. Ce qui doit être durable croît lentement. Ce qui croît rapidement disparaît de même. C'est la différence du chêne et du champignon.

Ce progrès dans le bien doit ressembler à votre croissance en âge. Ce n'est point par saccades que vous avancez en âge. Aussi saint Jean Berchmans disait-il qu'il faut vivre jour par jour, heure par heure.

Le progrès ne doit pas mépriser les petites choses, mais s'efforcer de témoigner dans les détails une grande fidélité envers Dieu. « Celui qui néglige les plus petites choses tombe peu à peu. » (Eccl., xix, i .) Si vous obéissez à votre passion dans les petites choses, ne vous étonnez pas qu'elle devienne maîtresse.

Un grain de poussière dans l'œil vous empêche de voir; il n'y a si petit ennemi qu'on puisse le mépriser.

Le voleur va de l'aiguille à l'œuf, de l'œuf au bœuf, et du bœuf à la prison.

3. Oh! ne vous découragez pas si votre œuvre vous semble mesquine ; la plus petite action a un but sur terre ; qu'en serait-il des hautes montagnes si le grain de sable n'existait pas ?

Qu'appelle-ton « grand » sur notre planète? Qu'est-ce aux yeux de Dieu?

Le bien n'est pas dans la grandeur, mais la grandeur est dans le bien.

Soyez soigneux dans les petites choses, mais gardezvous de la minutie. Tout excès est un défaut.

Le progrès doit en outre être infotigable. 11 est possible que vous trébuchiez, mais allez toujours en avant. L'hésitation et le découragement rendent la marche encore

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plus difficile. Et si les obstacles se dressent, même en grand nombre, ayez seulement du courage, et vous arriverez au but.

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