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TROIS CLASSES D'HOMMES

I. Pour régler sa vie selon les desseins de Dieu, il faut non seulement la clarté dans la connaissance mais aussi l'empressement du cœur. Cet empressement doit se porter non seulement aux choses absolument nécessaires, mais à celles que la grâce sollicite de nous.

A ce point de vue, on peut grouper les hommes en trois classes.

Les chrétiens de la première classe voudraient être de bons chrétiens s'il n'en coûtait rien. Est-il question du moindre sacrifice, ils ne veulent plus. (Matth.. viii. 19 sq., XIX, 16, sq.)

Ils désirent, mais leur christianisme reste une ombre vaine, parce qu'il n'y a aucune volonté.

Vouloir le but sans vouloir les moyens, c'est déraison et folie. Ces chrétiens veulent marcher sans lever le pied, dévenir riches sans rien entreprendre.

Ceux de la deuxième classe veulent bien user de quelques moyens pour atteindre le but, mais ils ne les voudraient pas trop difficiles. (Luc, ix, 59, sq.) Ils négligent les moyens énergiques et qui mènent droit au but, parce qu'ils sont pénibles. Ils ressemblent au malade qui se

refuse à faire ce que les médecins déclarent nécessaire, parce que cela est douloureux, mais qui, par raison de santé, sirote d'autant plus de thé en agréable compagnie.

Ils veulent être des hommes religieux, mais ils se contentent toujours et partout de demi-mesures et de moyens supei'ficiels.

Ils aiment assez quelques courtes prières: mais le combat spirituel, ils ne veulent pas en entendre parler. Ils se préoccupent de conserver, dans des petites choses, un semblant de moralité, mais ils n'ont pas le courage de suivre Tappel de la grâce divine. Certes, ils veulent vivre en bons termes avec Dieu, mais sans rompre complètement avec le démon.

Et Dieu se contenterait d'un pareil christianisme? Et ce serait là le chemin du ciel ?

Les chrétiens de la troisième classe veulent sans réserve tout ce que Dieu veut. Ils veulent la sainteté, et, par conséquent, ils veulent aussi les moyens nécessaires à la sainteté. (Matth., iv, 22.)

Dans la vie pratique, tout homme intelligent choisit les moyens qui conduisent au but le plus sûrement, le plus rapidement et le plus parfaitement ; pourquoi n'en serait-il pas de même dans la vie religieuse ? Le but que l'on se propose ici ne mérite-t-il pas, plus que tous les autres, un pareil empressement ?

Seule, une telle décision est digne d'un chrétien. Car là est la clarté, la vérité, la logique, la force et, par suite aussi, le succès. Toute la volonté est en jeu, on arrivera certainement à un résultat.

Que faut-il pour devenir un saint? Des principes élevés et un courage inflexible.

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