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DEUX ÉTENDARDS I

monde, telles que les richesses pour les marchands, l'honneur et la considération pour les supérieurs, l'avancement pour les fonctionnaires ; elle pousse à une estime exagérée de ces choses. Peu à peu elle va plus loin et, finalement, elle conduit à l'orgueil et à l'oubli de Dieu.

Le Christ nous invite, même dans la préoccupation légitime des choses temporelles, à tenir notre cœur libre de toute attache déréglée. Il en a poussé un grand nombre à tout abandonner dans ce monde pour le suivre dans la pauvreté.

Il nous excite de plus à demeurer contents dans l'obscurité, contents au milieu des blâmes et des mépris de toute sorte qui nous viennent de la part de notre prochain ; à nous réjouir même de lui ressembler à lui. Notre-Seigneur, dans nos humiliations. Par ce chemin, le Christ conduit les siens à l'humilité et à l'abandon à Dieu, non point à l'humilité dans de beaux discours, mais à l'humilité réelle et profonde.

3. Tout ce qui aime le faste et la magnificence, tout ce qui est hautain, brusque, tout ce qui dédaigne et méprise les hommes, tout ce qui est inquiet, troublé, tout ce qui est malhonnête et peu sincère, tout cela, c'est l'esprit de Satan et l'esprit du monde ; par contre, tout ce qui est simple, modeste, condescendant, tout ce qui est paisible et sincère appartient à l'esprit de Dieu.

La nature entraînée par le mal recherche volontiers les honneurs et les distinctions; la grâce, qui provient du Christ, renvoie loyalement à Dieu tout honneur et toute gloire.

La nature veille aux choses temporelles, se réjouit outre mesure dans l'acquisition des richesses, est malheureuse dans les pertes d'argent et s'irrite pour une pa-

rôle injurieuse. La grâce estime ce qui est éternel, ne s'attache pas aux choses du temps et ne s'irrite d'aucune offense.

La nature rapporte tout à elle, elle veut paraître au dehors; la grâce rapporte tout à Dieu, elle se soumet en tout à la sagesse éternelle et à l'approbation de Dieu.

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