PUISSANCH DU BON EXEMPLE
Le scandale peut être de deux sortes : séduction proprement dite, lorsqu'on a en vue de faire pécher les autres: et incitation coupable au mal, lorsqu'on fait quelque chose de scandaleux, tout en prévoyant la faute d'autrui.
« Il est nécessaire qu'il y ait des scandales, dit le Seigneur, mais malheur à l'homme par qui vient le scandale ! ^''(Matth., xviii, 7.) Le Sauveur, si modéré d'ordinaire, prononce, quand il s'agit de ceux qui scandalisent les jeunes ou les ûiibleSj cette effrayante parole : qu'il vaudrait mieux qu'on les traitât comme des chiens galeux.
Si un homme ordinaire pèche, c'est une montre mal réglée qui ne trompe qu'une personne. S'il s'agit d'un homme haut placé, c'est une horloge publique qui indique mal les heures : l'erreur s'étend beaucoup plus loin.
De même qu'il y a péché à donner du scandale, de même il y a faute à se scandaliser trop facilement.
Qu'un honnête homme commette une faute, -ce n'est pas une raison pour l'imiter. On s'aperçoit que tel grand homme a tel ou tel défaut, mais on ne songe pas que ce n'est point ce défaut qui en fait un grand homme.