ENERGIE CONTRE LE PHARISAISME
I . Rien ne répugnait autant au Sauveur que le pharisaisine. 11 est plein de compassion pour tous les pécheurs, il n'a de paroles dures que pour les pharisiens.
Le pharisaïsme, c'est l'orgueil cachant ses sentiments vicieux sous l'apparence de la sainteté et de l'excellence personnelle.
Au fond, le pharisien est un adorateur de lui-même; tout ce qui a l'apparence de la bienséance, de la vertu et même de la religion, lui est un moyen de parer son égoïsme malpropre. C'est un hypocrite. Il s'estime parfait, mais il se cache sous les dehors de la modestie et de l'humilité.
Il est trop orgueilleux pour courber la tête sous l'autorité de Dieu qui se révèle. 11 se tient pour seul pur et parfait. C'est pourquoi il est plein de froideur et de dédain envers son prochain ; mais il tient beaucoup à se donner l'apparence de l'amour du prochain par des sacrifices qui lui coûtent peu.
Astuce et mensonge, voilà ce qu'il est.
« Comment pouvez-vous croire, vous qui recherchez la gloire que vous vous donnez les uns aux autres, et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ? » (Joan.. v, 44.)
2. Aujourd'hui encore il est des pharisiens en religion qui cachent leurs sentiments vicieux sous l'apparence de la piété. Mais c'est d'un autre manteau que le pharisien moderne s'enveloppe d'ordinaire.
C'est le manteau pharisaiquc de la science ; sous prétexte de science, on débite les plus grossières erreurs.
C'est l'apparence de la liberté et de la fraternité ; on feint de croire qu'il s'agit de se défendre contre d'injustes oppressions, tandis qu'en réalité il s'agit de combattre la vérité, la liberté et le droit.
C'est l'apparence de l'humanité; on vante la dignité humaine et on jette les hommes dans la fange. Sous les mots de « sentiment », de « sensibilité » et d' « amour», on cache la plus vulgaire débauche; sous le prétexte du bonheur du peuple, on pousse le peuple à sa ruine dans l'intérêt de l'égoïsme.
C'est sous le manteau de la civilisation, de la vertu, de la religiosité, que se cache la nudité de l'athéisme et du matérialisme.
Au fond, le pharisaisme moderne est le même que l'ancien : il n'a fait que changer de vêtement.
C'est le même orgueil revendiquant l'honneur et l'hommage dus à Dieu seul. C'est la même présomption, la même suffisance, le même mépris de ceux qui pensent et vivent autrement ; c'est la même rage de persécution contre le Christ, la même haine contre Dieu et contre l'ordre voulu par Dieu.
On peut donc appliquer au pharisaisme moderne ces paroles avec lesquelles le Christ stigmatisait le pharisaisme de son temps : « Vous ressemblez à des sépulcres blanchis qui, au dehors, paraissent beaux aux yeux des hommes, mais qui, au-dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute sorte de pourriture. » Au
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dehors vous êtes des modèles de science, de civilisation et de vertu ; miùs au fond vous méprisez la vérité et toutes les lois de la morale et de l'honneur.
Guides aveugles, « qui passez au filtre le moucheron et qui avalez le chameau », en appelant lumière les plus épaisses ténèbres et « flambeau de lumière céleste » la plus grossière erreur, vous séduisez les peuples ; vous vous donnez, par des observances légères, l'apparence de la délicatesse de conscience, tandis qu'en réalité vous ne reculez devant aucune atteinte portée à la conscience, si monstrueuse soit-clle.
« Vous autres, pharisiens, vous avez soin de nettoyer le dehors de la coupe et du plat ; mais le dedans de vos cœurs est plein de rapines et d'iniquités. » (Luc, xf, 39.)
3. La conduite du Christ est en contradiction avec celle des pharisiens. Le Christ veut, il est vrai, que nous ne dissimulions pas les dehors de la vertu, quand ces dehors répondent à la réalité ; il veut que les siens fassent luire leur lumière pour la gloire de Dieu (Matth., v, 16). Mais ce qu'il veut avant tout, c'est la réalité intérieure ; il veut que nous adorions en esprit et en vérité (Joan., iv, 24).
Partout le Christ est vrai, partout il est loyal. II traitait tous les hommes avec une bienveillance sincère, désintéressée. Jamais il n'a abusé de personne dans un but égoïste. Il parle ouvertement et sans détour (Joan., xviii, 20).
A tous ceux qui voulaient le suivre, il parle franchement de renoncement et de persécution (Matth., x, 21 ; Luc, IX, 38; XII, 51; Joan., xv, 20). Il blâmait sans ménagement ce qui était blâmable (Matth., xvi, 21; Luc, IX, 50, S5)-
Vous aussi, évitez tout ce qui ressemble en quelque chose au pharisaïsme.
Considérez la valeur intrinsèque plutôt que la forme extérieure. L'apparence qui ne repose point sur une valeur intrinsèque est misérable.
Gardez-vous de faire le bien pour être vanté des hommes. De nos jours, il y a beaucoup de clinquant, mais peu d'or.
Au fond de vous-même, reconnaissez volontiers votre faiblesse et votre insuffisance, et soyez content et confiezvous à Dieu.
Ne cherchez jamais la première place (Luc, xiv, 7, seq.); mais ne faites pas non plus trop d'embarras pour avoir la dernière.
N'attachez pas trop d'importance aux salutations et aux titres honorifiques (Matth., xxiii, 7). Ne faites valoir votre rang que pour de bonnes raisons. Soyez toujours prêt à rendre service aux autres (Matth., xxiii, 1 1).
Ne cherchez jamais, par vaine suffisance, à paraître au dehors plus que vous n'êtes en réalité.