‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 263 sur 344 · LES DERNIERS JOURS DE LA VIE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LES DERNIERS JOURS DE LA VIE DE JÉSUS

I . La douloureuse passion et la mort du Christ marquent de leur empreinte tout l'ensemble du christianisme. Toujours la religion du Christ a été regardée comme la religion de la croix. Le Seigneur a dit lui-même que, du haut de la croix, il attirerait tout à lui (Joan., xii, ^2).

La première chose à considérer dans la passion du Christ est la personne de celui qui souffre. C'est le Seigneur, infiniment digne d'adoration, se rapprochant de nous par sa nature. Comme homme et comme Dieu, il est notre tout pour la vie, pour la mort, et pour notre éternité. La passion du Christ est le grand acte de la rédemption, notre délivrance de la malédiction du péché ; c'est le fondement du royaume de Dieu sur terre.

Un autre caractère particulier de la passion du Christ est l'injustice criante avec laquelle la victime est torturée et condamnée à mort. Voici sur quels motifs les juges iniques s'appuient pour le condamner : il opère beaucoup de miracles, tout le monde croit en lui et court après lui, il est un danger pour l'Etat juif (Joan., xi, 47, seq. ; XII, 19). Il est finalement condamné à mort pour avoir blasphémé et avoir revendiqué une mission et une dignité divines (Matth., xxvi, 65 ; Luc, xxii, 70). Devant Pilate

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ils accusent le Christ d'être un agitateur du peuple et un ■contempteur de l'autorité romaine. Pilate reconnaît l'inanité de ces accusations (Matth., xxvii, 28) ; il proclame officiellement et solennellement l'innocence de Jésus ; et cependant il le condamne à mort (Joan., xix, 16). Le •Christ fut accusé et condamné contre toutes les formes du droit et de la justice.

Une troisième particularité de la passion du Christ sont les souffrances extraordinaires qu'il a endurées. Tout se réunit pour l'accabler : l'ingratitude et la trahison, la raillerie et l'ignominie, les souffrances corporelles et les souffrances morales.

Le Seigneur fut en butte à tous les caprices de la cruauté, aucune forme de la raillerie la plus grossière ne lui fut épargnée, il dut se soumettre au genre de mort le plus cruel et le plus ignominieux.

La passion du Christ se distingue par les circonstances particulières qui l'accompagnent. Le Seigneur souffre injustement : il éprouve tous les sentiments humains de la tristesse, de la crainte, de la répugnance et du dégoût.

2. Dans la passion du Christ remarquons encore la façon dont le Seigneur souffre. 11 souffre sans y être contraint. Il va au-devant de sa passion en toute liberté ; il la prédit à ses Apôtres dans tous ses détails : la prévision de sa passion ne lui fait rien retrancher dans l'accomplissement de sa mission ; c'est en toute liberté qu'il se livre à 5es ennemis.

11 souffrit avec grandeur d'âme et majesté ; aucune parole qui trahît la faiblesse ne vint sur ses lèvres. Le Christ souffrit irréprochablement ; il ne refusa à aucun de ses ennemis les égards qui lui étaient dus ; il souffrit avec une grande humilité ; on ne voit ici aucune trace d'or-

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