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LES SOUFFRANCES INTIMES DU CHRIST

de Dieu, qu'il accepte d'être consolé par un ange.

Le Sauveur soulTiit par amour pour nous. Il a voulu se rendre semblable à nous dans la faiblesse (le péché seul excepté). Trouvez consolation et force en considérant le Christ dans la faiblesse.

Le Christ a ressenti ses douleurs, il s'est plaint, il fut triste, il a prié : c'est pour nous un enseignement. L'insensibilité n'est pas de la vertu. Pleurez ! Les larmes d'un homme de cœur ne sont jamais une honte ; sentir est l'honneur de l'homme, mais ne succombez pas !

L'abandon et la désolation dont le Sauveur a souffert durant toute sa passion atteignirent leur comble sur la croix. Là, suspendu au gibet, il est secoué par les douleurs les plus effroyables. Toutes les classes d'hommes sont ameutées contre lui. Il n'entend que la raillerie et le blasphème. L'aveuglement et le malheur de tant d'hommes sont présents à son âme; il voit aussi les souffrances et les sacrifices des âmes fidèles. Cet excès de souffrance torture le Cœur de Jésus jusqu'à lui faire éprouver le sentiment que Dieu l'a abandonné. Le plus malheureux a du moins un recours : il peut dire à Dieu sa détresse dans une prière pleine de consolation. Ce soulagement même est refusé au Cœur de Jésus.

C'est déjà une grande douleur de se voir abandonné par tous les hommes. Mais qu'est-ce en comparaison de la douleur causée par l'abandon de Dieu ?

Cette torture morale de l'abandon complet donne à la douloureuse passion du Sauveur le caractère d'un anéantissement absolu.

4. Par ses souffrances morales, le Christ Notre-Seigneur a voulu être votre modèle. Ne vous étonnez pas s'il est des heures où vous pouvez dire avec le Sauveur : « Main-

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tenant mon âme est troublée. » (Joan., xii, 27.) Contemplez votre modèle : vous y trouverez enseignement et consolation.

Ne vous étonnez pas que votre nature se raidisse jusqu'à l'agonie contre la souffrance. Le Christ a lutté pendant trois heures pour prendre sur lui de répéter du fond du cœur : « Que votre volonté soit faite, non la mienne. »

Se plaindre, rechercher la consolation, parler de soi n'est pas un péché, n'est pas une imperfection. Mais il faut le faire comme l'a fait le Christ.

La vie des saints est remplie de semblables désolations; ils ont connu le dégoût et l'ennui de vivre, ils répugnaient à accomplir la volonté de Dieu. Le grand Apôtre des nations nous dit les angoisses dont il fut accablé au delà ■de toute mesure, au point qu'il éprouvait le dégoût de la vie (2 Cor., i, 8).

Les heures douloureuses ne sont épargnées à personne. Préparez-vous à ces moments où les difficultés intérieures, la satiété, le dégoût, la répugnance, la tristesse, l'angoisse, pèseront sur vous de tout leur poids.

Alors, n'oubliez point votre Sauveur et l'exemple qu'il vous a donné sur le mont des Oliviers; n'oubliez pas la plainte désolée que lui arracha l'agonie morale sur la croix. Méditez les sentiments de son divin Cœur. Ne permettez jamais que la désolation intérieure ou le sentiment que vous êtes abandonné du ciel vous détournent des pratiques de vertu auxquelles vous vous sentez porté en vue de Dieu.

Maintenez-vous dans la patience et dans le calme au milieu de tous les troubles extérieurs et intérieurs.

Souffrez les dégoûts et les amertumes en vous montrant reconnaissant de ce qu'il vous est permis de ressembler à votre Sauveur.

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