Le Seigneur supporte avec une patience toute céleste
292 y SEMAINE. LA CROIX
et en tenant son esprit élevé vers Dieu, le supplice douloureux et infamant de la flagellation. 11 se tord sous la douleur, mais dans son cœur il n'y a pas un sentiment d'amertume contre ses bourreaux.
Puis on le livre au caprice des bourreaux en attendant la continuation du procès. Les soldats se permettent, en guise de jeu, les plus horribles traitements.
C'était pour eux un jeu de le couronner d'épines et de le traiter avec le plus amer mépris. Mais quelle affreuse plaisanterie, quelle souffrance indicible ! Et cependant il supporta tout avec la plus grande résignation, sans élever la moindre plainte.
A différentes reprises et solennellement, Pilate proclame l'innocence du Christ. Et cependant il le condamne au supplice douloureux et infâme de la croix. Le Sauveur a la conscience de son innocence et de sa sainteté divine ; mais il attend avec résignation sa condamnation par respect pour la volonté de son Père céleste et en vue du salut du monde.
Torturé, exténué jusqu'à la mort, il est chargé du bois, pesant de la croix. Il supporte encore en silence un traitement si barbare.
« Je dois être baptisé d'un baptême de sang, et combien me tarde-t-il qu'il s'accomplisse! » (Luc, xii, 50.) Ces paroles peignent les sentiments avec lesquels le Christ embrasse sa croix, ce résumé de toutes les peines et de toutes les hontes.
Il traverse comme un malfaiteur la foule curieuse, sans pitié, sarcastique. Quelle honte, quelle douleur, quelle angoisse mortelle !
Ce nouveau tourment, il l'endure avec le plus grand empressement. La croix pèse sur lui jusqu'à le jeter à terre, mais elle ne change rien aux divins sentiments de son cœur.
Enfin, il s'étend volontairement sur la croix; il obéit et présente ses mains et ses pieds pour le crucifiement ! Après tant d"horribles douleurs, il n'a qu'une parole pour ses bourreaux : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » (Luc, xxiii, 34.)
Attaché à la croix, souffrant d'inexprimables tortures, exposé aux railleries des assistants, il conserve jusqu'au bout les nobles sentiments de son cœur. Au larron repentant il promet le paradis. 11 s'inquiète de sa très sainte Mère et de ses disciples. Il n'a que de la compassion et des prières pour ses bourreaux.
3. 11 fut aimable à toutes les heures de sa vie : il le fut, enfant, sur les bras de sa Mère; il le fut lorsque, sur la montagne, il disait à la foule : « Bienheureux les pauvres et ceux qui souffrent » ; il le fut, lorsqu'il pleurait avec les affligés. Mais jamais il ne fut aussi aimable que lorsque, suspendu sur l'arbre de la croix entre le ciel et la terre, accablé de douleurs, il trouva dans son cœur la force d'élever ses yeux au ciel, et, s'oubliant lui-même, de crier à son Père : « Père, pardonnez-leur; car ils ne savent ce qu'ils font. »
Avec un calme majestueux il dit la parole du prêtre, du sacrificateur : « Tout est consommé ! » Aucune souffrance, aucune infamie, aucune ingratitude, aucun sentiment de son délaissement ne put ébranler son abandon à Dieu, son obéissance, son amour. II mourut parce qu'il voulait mourir par amour pour Dieu et pour les hommes. « Père, je remets mon âme entre vos mains. »