L'ECOLE DU CŒUR
I. L'école du Crucifié est l'école des plus nobles senti ments du cœur.
La formation du cœur est plus importante que l'éducation de l'intelligence. La raison^est naturellement pure et limpide ; mais' les tempêtes du cœur menacent dé la troubler.
Le cœur persuade l'intelligence plus aisément que l'intelligence ne persuade le cœur.
Imprimez donc en votre propre cœur le cœur du Sauveur; en mourant ainsi, vous vivrez éternellement.
Apprenez du Christ souffrant à ne pas vous laisser dominer dans vos souffrances et vos difficultés par le sentiment de la contrainte, mais par un libre dévouement.
Ce zèle, cet empressement, se révèlent dans le Christ souffrant. Le Sauveur se rend librement au jardin de Gethsémani, bien qu'il sache le plan concerté par ses ennemis. Volontairement il reçoit le baiser du traître et se fait connaître à ses ennemis. Toujours il aurait pu, par une prière efficace, détourner de lui la souffrance ; il ne l'a point voulu. Aux Juifs que sa parole avait prosternés à terre, il ordonne de se relever. Volontairement il
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se livre au bon plaisir et à la cruauté de ses ennemis. A chaque instant il pouvait recourir à sa toute-puissance ; il aurait pu démontrer son innocence, confondre ses ennemis et ses accusateurs. 11 ne l'a point voulu.
Ce zèle, cet empressement se révèlent dans toute sa conduite. Il suit les soldats qui l'entraînent, il obéit à ses juges, il s'abandonne sans résistance à la flagellation, au couronnement d'épines ; au lieu du supplice, sur l'ordre des bourreaux, il dépouille ses vêtements, il présente ses mains et ses pieds pour le crucifit-ment.
2. Que le Christ souffrant vous apprenne à conserver vivant, dans toutes vos adversités, le sentiment de l'obéissance aux volontés du Père céleste, à ses désirs, aux dispositions de sa providence.
Vous pouvez, vous devez même vous occuper de votre prospérité matérielle, du succès, de votre condition dans le monde, de votre honneur, de votre bonne réputation; tout cela est dans la nature des choses voulues par Dieu. Mais tout cela doit être selon* la volonté divine.
Si vous éprouvez un malheur, si vous vous heurtez à des difficultés, si la calomnie vous atteint, vous souffrez; cela n'est pas le péché, ce n'est pas une imperfection, alors même qu'il vous semble que vous êtes abandonné de Dieu. Le Père céleste considérait avec une satisfaction infinie l'Homme-Dieu plongé dans l'abîme des douleurs. Mais ce qu'il faut en toute rencontre, c'est vous attacher fermement à la très sainte volonté de Dieu. « Non pas ma volonté, mais la vôtre. » Alors même que le malheur vous accable et vous broie, vous n'êtes pas encore un esclave cloué sur le gibet, comme l'était votre Seigneur et Sauveur ; dites avec lui : « Père, je remets mon âme entre vos mains ! »