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L'UNION AVEC LE CHRIST SOUFFRANT

I . Le Christ marche devant nous dans la voie des tribulations, des humiliations et des privations, et il nous dit avec amour : « Suivez-moi ! »

Mener une vie facile, sensuelle, suivre jusqu'à la limite du possible ses inclinations les moins nobles, et prétendre qu'on est chrétien, c'est un mensonge. Pour s'unir au Christ souffrant, il faut la mortification et la prière.

La mortification sans la prière ne sert de rien, mais la prière sans la mortification ne sert pas davantage. La prière et la mortification sont deux sœurs inséparables. Si vous délaissez l'une, l'autre vous délaisse également. On ne peut vivre avec le Christ sans mourir continuellement.

Vous voulez être un chrétien, et un chrétien parfait, et, pas plus que le monde, vous ne voulez souffrir. Vous voulez être pauvre avec Jésus, et votre cœur reste attaché à l'argent. Vous voulez être méprisé avec Jésus, et vous prétendez à des honneurs qui ne vous appartiennent pas, et vous vous laissez aigrir par la moindre offense. Vous voulez souffrir avec Jésus, et vous vous sentez malheureux si vous n'avez pas toutes vos aises. Vous voulez être pieux tout en restant l'ennemi de la croix du Christ.

Il n'y a pas de véritable union avec le Christ en dehors de la voie du renoncement complet à soi-même. Que de chrétiens le pensent et le disent ! Et dès que se présente une mortification ou une occasion de souffrir, ils trouvent mille prétextes. Ils fuient la privation, l'obéissance, l'obscurité, toute apparence d'infériorité ou de dépendance. Toute leur piété menteuse va à leur donner l'apparence de la science, de la supériorité, du crédit auprès des personnages haut placés, et d'autres privilèges.

A quoi sert le vernis de la piété si la vanité et l'amourpropre gouvernent l'âme ?

Tant que nous conservons le désir d'être connus, aimés et estimés des hommes, nous empêchons que notre vie soit cachée avec le Christ en Dieu (Coloss., m, 3).

Il est plus facile de se laisser couper la tête une fois pour le Christ que de se faire continuellement violence durant une longue vie, pour combattre toute inclination qui n'est pas conforme au Sauveur crucifié.

2. Une âme vraiment chrétienne souffre simplement ce qu'il plaît à Dieu, sans s'apitoyer sur elle-même, sans s'attarder à ses souffrances ou chercher une consolation temporelle. Elle est contente pourvu que la volonté de Dieu se fasse.

Vous ne pouvez goûter combien le Seigneur est doux avant d'avoir savouré l'amertume de sa croix !

Aimez surtout la croix que Dieu vous envoie sans votre participation. Dieu sait mieux que vous ce qui vous est utile.

Une parcelle de la croix vaut mieux que tous les livres de prières. 11 vaut mieux souffrir une journée avec patience et dans la soumission à Dieu que d'accomplir des bonnes œuvres durant cent ans.

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