TOMBER ET SE RELEVER
I. Si, dans l'imitation de Notre-Seigneur, vous trébuchez, ne vous découragez pas; repentez-vous et relevezvous.
En plusieurs circonstances, Pierre avait été distingué par le Seigneur, qui l'honorait d'une particulière intimité. Dans l'ardeur de son zèle, il voulut savoir ce que devenait son Seigneur et Maître. Spontanément et sans réfléchir il se jeta dans le danger ; par une présomptueuse confiance en lui-même, il se croyait incapable d'une infidélité. En outre, il avait négligé de prier, malgré le conseil que le Sauveur lui avait donné plusieurs fois en cette même soirée. Qu'arriva-t-il ?
Il renie hautement son Maître. Par une misérable lâcheté, il ment, il fait de faux serments. Et celui qu'il affirme ne point connaître, quel est-il? C'est son meilleur ami et son bienfaiteur ; c'est son Maître, son Seigneur et son Dieu, dont il a si souvent et solennellement confessé la divinité. Et devant qui le renie-t-il ? Devant des serviteurs et des servantes, devant des gens sans aveu. Comment ne pas trembler en voyant le peu de confiance que mérite la pauvre nature humaine !
La chute de Pierre dut causer au Christ une doujeur inexprimable. Un de ses Apôtres le vend et le trahit ; les autres l'abandonnent; et maintenant c'est Pierre qui le renie, qui affirme par serments ne l'avoir jamais connu !
2. Pierre savait ce qu'il faisait, et cependant le Seigneur lui a pardonné ! C'est le Sauveur qui fait les avances. Jésus, dont le calme céleste ne s'est pas démenti, se tourne du côté où se trouve Pierre et jette sur lui un regard. Dans quel but ? Est-ce un regard de châtiment, de damnation, de reproche? Non, c'est un regard de douleur et d'amour, de grâce et de miséricorde !
Que fera Pierre ? Nul ne désespère plus facilement qu'un chrétien, qui, après avoir reçu tant de grâces, commet une telle faute.
Mais Pierre fut humble ; il permit à la grâce d'agir sur son âme. 11 ne trouve pas de parole d'excuse. 11 sort et il pleure amèrement. C'est la grâce qui, des plus grands pécheurs, fait de grands saints.
Le Sauveur n'a point gardé rancune à son Apôtre, Pierre n'oublia jamais son péché ; il fit de son œuvre apostolique une vie de pénitence continuelle.