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LA RÉSURRECTION DU CHRIST

La résurrection des morts est l'œuvre exclusive de la toute-puissance divine. Le Seigneur avait annoncé aux Juifs sa résurrection : il leur avait montré dans sa résur rection son miracle principal et la preuve la plus frappante de sa divinité. A cette heure il opère cette merveille. Tous les autres miracles reposent sur celui-ci et reçoivent de lui leur confirmation. La résurrection est aussi la dernière et la suprême preuve de la divinité du Christ.

Notre propre glorification est déjà commencée avec la résurrection du Christ, et voilà pourquoi, par elle, notre espérance repose en Dieu.

Nous cherchons le repos et le bonheur, nous aspirons à quelque chose de durable, à quelque chose de grand, à quelque chose de souverainement beau, qui rassasiera complètement notre cœur, notre être tout entier; Dieu seul peut satisfaire cette aspiration.

Nous, chrétiens, nous désirons l'accomplissement des magnifiques promesses que Jésus-Christ nous a faites parce que nous lui appartenons. Si notre espérance ne reposait pas en Dieu, il nous faudrait désespérer, puisque nous sommes néant et péché.

La résurrection du Christ est une preuve que notre espérance repose en Dieu.

Elle ne nous rend pas encore participants de la félicité attendue. Mais en elle commence la glorification du Christ; et la gloire du Christ, c'est notre gloire.

3. L'âme glorifiée anime de nouveau le corps, non pas d'une vie naturelle, mais d'une vie surnaturelle. Par l'opération de la toute-puissance divine, le corps reçoit des propriétés spirituelles qui servent à sa glorification : ce sont l'immortalité, l'impassibilité, qui affranchit des conditions matérielles de la vie ; la beauté surnaturelle et la

gloire rayonnante; la subtilité et l'agilité; la pénétrabilité et une plénitude de puissance pour qui la matière, le temps, l'espace, ne peuvent être des obstacles ni des limites. La résurrection est le commencement de la glorification, de la transfiguration permanente de Jésus-Christ. C'est pourquoi la fête de Pâques est la solennité des solennités. C'est pourquoi on y fait retentir le cri de joie, V Alléluia.

Imitateurs du Christ, nous participons à sa glorification; nous voyons en lui ce qui doit advenir de ceux que la main divine a jetés et travaillés ici-bas dans le creuset des souffrances. Cette vie glorifiée était, à vrai dire, le but de l'Homme-Dieu ; elle est le type, le gage et le principe de la vie glorieuse qui nous attend.

Le Christ est notre capitaine, notre frère, notre chef, notre couronne, notre vie. Où il est, nous serons nous aussi.

Ce n'est pas seulement la foi et l'espérance, c'est la charité qui se fortifie dans la résurrection du Christ ; nous voyons, nous comprenons quel était celui qui a tant fait et tant souffert pour nous.

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