LA MANIFESTATION DE LA RESURRECTION
I . Un ange fait connaître la résurrection aux gardes du tombeau, et cette manifestation est accompagnée de circonstances particulières (Matth., xxviii, 2, 3).
La nouvelle est communiquée aux grands-prêtres par les soldats, gardiens officiels. On leur promet une récompense pour qu'ils déclarent qu'on a, durant leur sommeil, dérobé le corps du Seigneur.
C'est vraisemblablement à sa sainte Mère que le Sauveur apparut tout d'abord. Il n'en est rien dit dans l'Evangile; mais l'Evangile n'a point tout dit. Le Seigneur a toujours fait ce qui était le plus convenable, le plus à propos. Par la nature et par la grâce, Marie était la créature la plus proche de Jésus.
Le dimanche, de bon matin, de pieuses femmes se hâtèrent de se rendre au tombeau, pour y témoigner leur respect et leur amour à celui qui était mort. Elles trouvèrent la pierre enlevée et le tombeau vide. Deux anges leur annoncèrent la résurrection du Seigneur et les chargèrent d'en donner la nouvelle aux Apôtres et en particulier à Pierre. Madeleine fut favorisée d'une apparition spéciale du Christ, de même les pieuses femmes qui se rendaient auprès des Apôtres.
Le Seigneur chargea Madeleine de dire à ses frères (les Apôtres) qu'il les précéderait en Galilée ; c'est là qu'ils le pourraient voir. Il ajouta : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Joan., xx, 17.)
A la réception de ce message, Pierre et Jean accourent au tombeau. Ils ne refusent point de croire à la nouvelle, mais ils veulent se convaincre de l'état des choses pour se régler d'après les circonstances. L'examen des faits les affermit tous dans la conviction que le corps ne pouvait avoir été dérobé, et que le Christ était vraiment ressuscité, comme il l'avait annoncé (Joan., xx, 9).
Le Seigneur apparut en particulier à Pierre repentant ; il l'assura de son pardon et lui ordonna de confirmer ses frères dans la foi.
Il apparut ensuite aux deux disciples qui se rendaient à Emmaùs. Us étaient tristes en songeant à la fm lamentable du grand prophète, au peu de succès de son œuvre rédemptrice ; ils étaient troublés par les récit$ des pieuses femmes. Ils ne comprenaient rien au mystère de la Croix : c'est pourquoi le Seigneur leur reproche leur inintelligence, leur cœur lent à croire (Luc, xxiv, 25).
Il leur enseigne pourquoi il a dû mourir; il les convainc de la réalité de sa Résurrection. Le cœur des disciples est alors rempli de joie et d'enthousiasme ; ils se hâtent vers la ville, afin de communiquer la nouvelle aux Apôtres. Leur récit ne parvint pas à dissiper encore tous les doutes dans l'esprit des Apôtres (Marc, xvi, 13).
Enfin le Christ apparut aussi aux autres Apôtres ; il leur reprocha la lenteur de leur foi, parce qu'ils n'avaient point voulu croire ceux qui l'avaient vu ressuscité. Les Apôtres étaient réunis, à l'exception de Thomas (Joan., xx, 24). Alors le Seigneur leur apparut, les portes étant fermées, et il leur donna toutes les preuves de sa véritable et glo-
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rieuse Résurrection. Puis il dit : « La paix soit avec vous. Comme mon Père m"a envoyé, je vous envoie de même. Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. » (Joan., xx, 21, ssq.)
Voilà comment le Christ atteint le but qu'il s'est proposé en prolongeant son séjour sur la terre; avec une condescendance vraiment humaine, il s'applique à prouver sa Résurrection, il achève d'établir son Eglise.
2. L'apôtre saint Thomas déclara qu'il ne croirait pas s'il ne pouvait mettre ses doigts dans les plaies des mains et sa main dans la blessure du côté. Le Seigneur condescend à la faiblesse de Thomas, d'ailleurs fidèle et dévoué (Joan., XI, 16), et il apparaît de nouveau huit jours après aux Apôtres, alors que Thomas était avec eux (Joan., xx, 26). Et, par un excès de bonté et d'indulgence, il permet à l'apôtre incrédule de faire ce qu'il avait souhaité. Confus, Thomas se prosterne et s'écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Comment prétendre que les Apôtres ont cru inconsidérément ?
Le Sauveur ressuscité a conservé les plaies de son corps sacré, parce que c'est le même corps qui a précédemment souffert; en outre, elles sont une marque de la victoire remportée sur la mort et sur l'enfer; elles contribuent à la glorification du Christ; elles sont enfin un signe permanent dç son amour pour nous.
Le Sauveur apparut ensuite en Galilée, lors de la pêche sur le lac de Génésareth. Pierre dirigeait la pêche; à peine le Seigneur a-t-il été reconnu par Jean, que Pierre se jette dans les eaux pour aller vers lui (Joan., xxi, 7). Puis le Seigneur prend un repas intime avec les siens sur les bords du lac.
Alors le Christ appelle Pierre par son nom (Jean., xxi^ 15), et lui confère une puissance particulière. Jésus, le Pasteur suprême envoyé par Dieu, fait de son apôtre son représentant, et l'établit pasteur du troupeau. Pour exercer une telle charge, il faut un amour fort et humble. Le Sauveur appelle Pierre à l'imiter plus parfaitement qu'aucun autre Apôtre (Joan,, xxi, 19).
Ce que Dieu a une fois décrété, les fautes des hommes ne le lui font pas rétracter (Rom., xi, 29). La conduite du Sauveur à l'égard de saint Pierre mérite la plus sérieuse attention.
Le Christ agit d'une façon avec saint Pierre, d'une façon différente avec saint Jean. Jean fut jugé digne d'une confiance plus intime; Pierre, d'une estime plus élevée. Le Seigneur accorda à Jean les dons de la virginité et de la contemplation, à Pierre ceux d'un courage plus viril et d'une énergie parfaite. Il confie à Jean sa mère bien-aimée, à Pierre son Eglise.
Le Seigneur apparut encore une fois en Galilée, sur une montagne, en présence d'une grande foule (Matth., xxviii, 16-20; I Cor., XV, 6).
3. En cette occasion, le Sauveur ressuscité confirme devant de nombreux témoins la légitimité de la puissance apostolique et de la mission qu'il confie aux Apôtres d'exercer ce pouvoir. « Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. » (Matth., xxviii, 18.) Cette plénitude de la puissance (puissance de docteur, de pasteur, de prêtre), le Sauveur la possède comme Fils de Dieu et comme Créateur du monde (Joan., i, 10); il la possède comme Homme-Dieu (Coloss., i, 13); il la possède dans toute la sphère de la souveraineté de Dieu ; il ne la possède pas seulement pour lui, mais il peut la communi-