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LE CHRETIEN SERT UNE CAUSE QUI PROCURE LE BONHEUR

1. Si vous voulez comprendre combien Dieu vous aime, considérez le Christ crucifié. Mais songez aussi au sort que le Christ vous réserve dans l'éternité. Ici-bas, vous appartenez au Christ crucifié; dans le ciel, vous appartenez au Christ glorifié.

Il est dit du Christ qu'il a souffert volontiers la croix et l'ignominie dans la vue de la joie qui lui était proposée, c'est-à-dire pour obtenir sa couronne pour lui et, par lui, pour nous (Hebr., xii, 2). Que ce soit là votre modèle. Si vous considérez uniquement les sacrifices et les exigences que le service du Christ vous impose durant votre pèlerinage d'ici-bas, vous ne comprendrez pas l'amour de Jésus. Vous devez aussi songer au résultat. Vous comprendrez alors que vous servez non seulement une cause victorieuse, mais aussi une cause qui procure le bonheur.

2. Vous avez le droit de penser au bonheur temporel ; car toutes les fois que sur la terre il peut être question de vrai bonheur, ce bonheur est lié au service du Christ. Mais tout ce qui est temporel disparaît en comparaison de l'éternité.

Dans les jardins de la terre, les roses se fanent et les

épines demeurent. Dans le jardin du christianisme, les épines meurent et les roses fleurissent éternellement.

Roses éternellement en fleurs ! Ce sont d'abord les joies éternelles, en harmonie avec l'esprit de l'homme, qu'elles remplissent et satisfont surabondamment. Ce sont, en second lieu, les joies de la divinité, que Dieu, par son très pur amour, a destinées à l'homme, en l'adoptant pour enfant et en le faisant héritier de son royaume. Vous entrerez dans la joie du Seigneur.

La raison nous parle des premières de ces joies; nous les voyons confusément à la lumière de la raison : elles nous apparaissent plus clairement à la lumière de la révélation chrétienne. Seule la révélation chrétienne nous parle des secondes, des joies surnaturelles.

Des premières, Socrate mourant disait : « Nous devons tout faire pour acquérir dans cette vie la sagesse et la vertu; car la récompense de la lutte est belle et l'objet de notre attente est immense. »

Les secondes joies, les joies divines, dépassent les capacités de la nature créée ; elles sont un don gratuit de l'amour infini.

3. Si le ciel n'était pas la contemplation immédiate de Dieu, le bonheur de Dieu même, tel que la révélation chrétienne le promet aux hommes, ses joies cependant seraient ineffablement grandes.

La vie d'ici-bas est un chemin ; la vie de l'au-delà aura tous les caractères du bonheur permanent, auquel Dieu a destiné l'homme.

Si déjà Dieu a orné de tant de beautés et de magnificences cette pauvre terre, qui n'est que le portique de l'au-delà, quelles seront donc les grandeurs et les gloires de cette autre vie !

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