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LE CHRÉTIEN SERT UNE CAUSE DE BONHEUR

Ici-bas déjà, quelle joie dans la contemplation d'un ciel étoile, d'un inagnifique paysage, d'une œuvre d'art, d'un visage charmant, dans la découverte d'une vérité ! quels charmes aura donc cette vue des œuvres de Dieu, destinée à combler le désir infini de bonheur qui tourmente l'esprit humain !

Le repos, la paix, la force, la gloire et la joie rempliront tout notre être.

Que de beautés verra notre œil, que d'harmonies saisira notre oreille, et dans quel océan de douceurs et de délices nagera notre cœur ! Et tout cela avec la parfaite conscience et la pleine certitude que ce bonheur est impérissable et éternel !

Le ciel est nécessaire : il est le but que Dieu nous a fixé. Le ciel est grand et magnifique : il est le don de Dieu pour notre félicité. Le ciel nous est assuré : Dieu nous l'a promis.

Nous devons donc remercier Dieu de tout cœur d'avoir desfiné notre être à la félicité.

Ne nous laissons ravir la paix du cœur par aucune épreuve. Vues du ciel, combien sont petites les grandeurs de la terre !

A la lumière du ciel, la misère de la vie apparaît sous un jour particulier. Et vous seriez triste? vous perdriez lâchement courage? Ne vous perdez jamais dans les nuages de la tristesse ! Tâchez de trouver la joie dans tout rayon de soleil, tel est l'art de vivre.

Réjouissons-nous du fond du cœur de ce que, avec l'aide de Dieu, nous avons tant d'occasions d'augmenter nos joies du ciel, par la prière et la fidélité à remplir les devoirs de notre état, par les souffrances et les sacrifices.

Réjouissons-nous de ce que notre titre d'enfant de l'Église catholique nous offre tant de moyens d'acquérir la félicité.

Ne cherchez donc pas votre bonheur dans l'indépendance, dans le service des hommes ou dans quelque autre bien créé. Jetez-vous dans les bras de Dieu : lui seul peut vous rendre heureux. Ce n'est pas un malheur d'être pauvre en ce monde et de servir les autres pour l'amour de Dieu. Ne vous vantez pas de ce que vos amis sont riches, puissants ou savants; vantez-vous encore moins de vousmême. Abandonnez-vous seulement à Dieu, par qui vous êtes tout ce que vous êtes.

4. Si Dieu avait, en cette vie, donné à l'homme une connaissance claire de la splendeur qu'il lui a promise, c'eût été en contradiction avec les desseins qu'il a sur nous. Cette connaissance aurait soustrait l'homme aux peines et aux fatigues qu'il doit accepter ici-bas. Le monde n'aurait plus été pour lui ce qu'il doit être dans les desseins du Créateur : ses charmes, comparés à la gloire qui nous attend, auraient perdu leur attrait. La vie serait devenue un tourment, dont on aurait attendu la fin avec une intolérable impatience.

Ne nous tourmentons pas à nous représenter dans le détail quel est ce bonheur que Dieu nous a préparé ; jetons-nous plutôt avec confiance dans les bras du Seigneur.

Dans le ciel, il n'y a rien de ce qu'on ne veut pas, et il y a tout ce qu'on veut.

Si l'homme considérait la vie au point de vue chrétien, il devrait ici-bas préférer la souffrance au plaisir. En eifet, l'éternité n'est-elle pas assez longue pour la jouissance ?

Il nous est difficile de nous représenter les joies de l'éternité : toutefois, la connaissance actuelle que nous en avons suffit pour nous enflammer du désir brûlant d'entrer en leur possession.

Philippe de Macédoine, considérant le plan de la ma-

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