‹ La philosophie chrétienne de la vieChapitre 31 sur 344 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

s< VERE DIGNUM ET JUSTUM EST, y£QUUM ET SALUTARE ^^

I . Que le trait principal de toute votre existence soit de servir Dieu : il est digne et juste, équitable et salutaire de servir Dieu.

Il est digne de servir Dieu. L'honneur et la dignité de la créature consistent en ce que, par sa nature, elle est une manifestation de la majesté de Dieu. Cet honneur est rendu complètement lorsque la nature concourt par ses sentiments à cette manifestation. Plus vos pensées touchent Dieu intimement et plus elles sont élevées et précieuses.

Appropriez-vous les pensées et les desseins de Dieu dans le but de glorifier Dieu.

Rien n'est grand au ciel et sur la terre qui ne se rapporte à l'honneur et à la gloire de Dieu.

Le Christ ne connaissait d'autre but que d'être, par sa vie, ses souffrances et ses œuvres, l'instrument de l'honneur et de la gloire de Dieu.

La soumission à Dieu est le lien commun de toutes les perfections et le centre de tout vrai bonheur. Elle rend l'homme sensé, prudent, intelligent, sage, énergique et dévoué, véridique, éloquent, aimable, content. Rien n'est

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plus agréable que cette vertu qui rapporte tout à Dieu ; et rien n'est si répugnant que l'homme qui, au fond, se recherche lui-même.

Tous ceux qui ne se proposent pas Dieu sont des adorateurs d'idoles : quelques-uns des adorateurs de l'honneur, d'autres de l'intérêt, la plupart du plaisir.

L'homme le plus noble est celui qui tire toutes ses conclusions de cette vérité, qu'il est une créature de Dieu et qui y conforme entièrement sa vie.

Vous devez plutôt laisser s'effondrer dans l'abîme mille mondes que de froncer le sourcil contre la très sainte volonté de Dieu.

2. C'est, de plus, un devoir de justice. Vous ne vous appartenez pas, vous appartenez à Dieu; Dieu ne peut faire autrement que de vous considérer comme sa chose. Il n'a pu vous créer que pour lui, que pour son honneur. Tout appartient à Dieu, et rien à vous; gardez-vous de vous approprier quelque bien que ce soit.

Si, en dehors de Dieu, vous recherchez votre propre honneur et votre satisfaction, vous dérobez à Dieu ce qui lui appartient: vous attentez au droit inaliénable de Dieu.

La nécessité d'appartenir à Dieu ne dépend pas de quelque dignité ou de quelque situation extérieure: elle repose dans la plus intime essence de toute créature: elle est le fondement de tous les autres devoirs, le fondement de toute prospérité personnelle et sociale.

Craindre Dieu et observer ses commandements, est dans la nature de l'homme; c'est sa mission, son devoir fondamental, son histoire, sa grandeur, son honneur et son bonheur. 11 s'agit donc, avant tout, de faire de cette vérité le principe immuable de tous nos efforts et de tous nos travaux.

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